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Vers une prise en charge spécifique des psychoses débutantes à Reims

Un Centre de Prise en charge Précoce des Psychoses et d’Orientation (C3P-O) vient d’être créé au sein du pôle universitaire de psychiatrie, à Reims. Son objectif : repérer et traiter très tôt les jeunes adultes ayant une psychose débutante pour atténuer, voire éviter, la maladie comme la schizophrénie.

C’est pour éviter que le parcours de vie de jeunes adultes ne se rompent brutalement après un premier épisode psychotique que le Centre de Prise en charge Précoce des Psychoses et d’Orientation (C3P-O) a été créé officiellement le 4 novembre 2019 à Reims, au sein du pôle universitaire de psychiatrie dirigé par le Pr Kaladjian. « C’est une structure intersectorielle ayant vocation à compléter l’offre de soins existante », résume le Dr Céline Bera-Potelle, médecin responsable de C3P-O. S’adressant spécifiquement aux 18-25 ans, cette unité de soins psychiatriques vise à limiter le « désengagement » des soins par les patients après un premier épisode psychotique en proposant une prise en charge intensive et adaptée aux jeunes.

Le Dr Céline Bera-Potelle et son équipe sont parties d’un constat : le premier épisode psychotique apparaît généralement entre 15 et 30 ans mais la prise en charge clinique n’intervient en moyenne qu’au bout de deux ans. « En proposant des soins rapides, individuels et intensifs, on peut limiter les rechutes, les risques de dépression et le déclin cognitif », précise l’équipe. En clair, éviter la chronicisation de la maladie et aider à la réinsertion socio-professionnelle du jeune patient.

« Penser le soin autrement »

Pour cela, le délai de rendez-vous a été raccourci. « Nous nous engageons à recevoir le patient dans les 72 heures après sa demande », assure le Dr Céline Bera-Potelle. Dès l’arrivée du jeune adulte, un bilan initial pluridisciplinaire (clinique, neuropsychologique, socio-éducatif) est effectué. Puis, si l’admission au C3P-O est confirmée, un projet de soins individualisé est établi. « Nous allons offrir aux patients des soins spécifiques comme l’éducation thérapeutique, la remédiation cognitive ou l’aide au développement d’habiletés sociales », souligne le médecin psychiatre.

Tout au long de la prise en charge, le jeune adulte sera suivi par un infirmier référent avec lequel il pourra communiquer à tout moment via notamment le téléphone portable « afin de maintenir le lien ». Chaque patient sera également accompagné dans son milieu de vie. « L’idée est de favoriser la coordination avec d’autres structures comme la psychiatrie, la médecine générale, le médico-social, l’Éducation, le milieu professionnel…, indique le Dr Céline Bera-Potelle. En fait, il s’agit de penser le soin autrement. » Les patients seront suivis jusqu’à 5 ans après le premier épisode psychotique.

Une équipe a été constituée. Elle est composée d’1 médecin psychiatre (Dr Mariateresa CAIAZZO), d’une psychologue/neuropsychologue, de 3 infirmiers, d’une éducatrice à mi-temps, d’un cadre de santé, d’une assistante sociale et d’une secrétaire. C3P-O devrait emménager au premier trimestre 2020 dans des locaux dédiés, rue Ponsardin.

À terme, cette nouvelle unité de soins devrait évoluer vers le dépistage des « ultra hauts risques », c’est-à-dire des personnes qui ont des symptômes a minima de psychose et qui ont des antécédents familiaux. « Elles ont de petits signes et une vulnérabilité génétique, explique le Dr Céline Bera-Potelle. Le but est de les dépister précocement pour éviter qu’elles ne basculent dans la maladie. »

La famille aussi prise en charge

C’est l’une des particularités du Centre de Prise en charge Précoce des Psychoses et d’orientation (C3P-O) : la famille est incluse très tôt dans la prise en charge du jeune patient. Un programme d’éducation thérapeutique sera proposé aux aidants dès l’hospitalisation du patient. « Les proches pourront poser toutes leurs questions sur la maladie, parler de leur vécu, etc., annonce le Dr Céline Bera-Potelle, médecin psychiatre. C’est une aide que nous allons leur proposer, via un programme court nommé BREF. L’objectif est de limiter le traumatisme des familles et en faire des partenaires. »