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Une ligne d’écoute psychologique ouverte à tous les agents de l’EPSM Marne

Depuis le 1er avril 2020, les locaux de l’hôpital de jour pour enfants Lewis-Carroll à Châlons-en-Champagne accueillent la cellule d’écoute et de soutien psychologique de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne. Une quinzaine de psychologues volontaires y tient, à tour de rôle, des permanences téléphoniques.

Nous allons là où l’on a besoin de nous ». Une quinzaine de psychologues de l’EPSM de la Marne, issue des pôles de Marne Sud, a répondu à l’appel de la Direction de l’établissement pour mettre en place une cellule d’écoute et de soutien psychologique. Il n’a fallu que quelques jours pour réaménager l’hôpital de jour pour enfants Lewis-Carroll, installer deux bureaux entièrement équipés et établir un planning de permanences. « C’était rapide », se félicite Sandrine Luce, psychologue au pôle infanto-juvénile de Châlons et coordinatrice de ce nouveau dispositif.

Quelles sont les missions de cette cellule d’écoute ? Apporter une écoute psychologique téléphonique aux professionnels de l’établissement, tous métiers confondus, pour tous types de difficultés liées à la situation de confinement ; recevoir, le cas échéant, les agents en entretien individuel ; et orienter, dans les cas les plus lourds, vers une prise en charge médicale. « Nous souhaitions que les agents bénéficient d’un espace où ils peuvent parler, exprimer leurs sentiments, leur expérience professionnelle dans le cadre de cette pandémie, déclare Thomas Bertrand, directeur adjoint chargé des ressources humaines et des affaires médicales. Qu’ils puissent être soulagés d’une éventuelle pression qu’ils auraient sur leurs épaules afin qu’ils soient mieux dans leur peau et qu’ils tiennent sur la durée. »

Chaque jour, du lundi au vendredi, de 9 à 17 heures, deux psychologues viennent sur place assurer la permanence téléphonique. « Les gens appellent, nous nous tenons à leur disposition, expliquent Sandrine Luce et Natalie Barba, psychologue au pôle châlonnais. Nous répondons à leurs questions et nous essayons de les orienter. »

Confidentialité des appels

Ces deux psychologues le rappellent : les échanges sont confidentiels. « Il n’y a aucune trace de ce qui se dit, assure la coordinatrice de ce dispositif. Sur le carnet de liaison, nous ne notons que le nombre d’appels. Lorsqu’un problème d’ordre médical apparaît, nous orientons en premier lieu l’agent vers le médecin de ville. » Toutes les problématiques « en lien de près ou de loin avec la situation actuelle de confinement », sont traitées : mode de garde d’enfant, télétravail, perte d’un proche, etc.

En deux semaines de fonctionnement, ces psychologues n’ont reçu que deux appels. « Les gens sont actuellement dans l’action, ils sont portés par elle. L’effondrement, les séquelles psychologiques arrivent souvent après-coup, analysent-elles. Par ailleurs, le personnel hospitalier est peut-être moins touché par le confinement car un certain nombre d’agents continue de travailler, d’avoir un rythme et un lien social. »

L’équipe de psychologue est unanime : elle s’attend à recevoir de nombreux appels après le confinement. « Le déconfinement peut aussi soulever des angoisses », indique Sandrine Luce.

D’autres dispositifs ont par ailleurs été activés par l’établissement.

La Cellule d’Urgence Médico-Psychologique (CUMP) a été déclenchée le lundi 23 mars par le SAMU, en lien avec le Dr Fabien Getten, médecin psychiatre référent et chef du pôle rémois 05 de l’établissement. Installée dans les locaux de l’Institut Régional de Formation (IRF), elle s’adresse aux professionnels soignants (hors EPSM Marne) et aux familles endeuillées. Deux lignes téléphoniques sont ouvertes. En fonction des besoins, le dispositif peut évoluer et être étendu à l’ensemble des volontaires de la CUMP départementale renforcée, soit 80 professionnels. Concernant les Ehpad, les équipes de psychiatrie de la personne âgée de Châlons et de Reims sont prêtes à venir en appui. Elles ont envoyé un courrier en ce sens à chaque directeur d’établissement.