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Les 6 principaux projets menés en 2021 par l’EPSM de la Marne

04/02/2021

Ils sont lancés. Malgré la crise sanitaire qui a pu ralentir certains, plusieurs projets portés par l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne vont avancer significativement ou aboutir en 2021. Tour d’horizon des 6 principaux qui vont rythmer l’année.

1 Reconfiguration de l’offre psychiatrique à Reims

Lancé en 2019, le projet de reconstruction du site d’hospitalisation rémois avance. Le programme fonctionnel, c’est-à-dire le document qui décrit les besoins et les attentes, a été travaillé par le Dr Éric Tran, médecin psychiatre au pôle universitaire de psychiatrie, le Dr Yacine Ahmis, psychiatre au pôle rémois 04, et le Dr Maryam En-Nakhli, psychiatre au pôle rémois 06. Le programme fonctionnel devrait être présenté aux instances au premier trimestre. « L’objectif est de choisir un maître d’œuvre pour l’été », indique Xavier Dousseau, directeur de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne.

Une architecture modulaire a d’ores et déjà été retenue afin de pouvoir anticiper les besoins à venir. « L’idée est de pouvoir exercer la psychiatrie générale tout en développant des spécialités afin que les patients puissent avoir accès à l’un et à l’autre », explique Xavier Dousseau. Les 173 lits de psychiatrie et d’addictologie seront maintenus mais répartis différemment, en fonction des besoins en psychiatrie générale, psychiatrie de spécialité, court ou moyen séjour. Un plateau technique (neuromodulation, psychotraumatisme, etc.) sera créé, ainsi qu’un véritable centre de formation et de recherche.

2 Ouverture de lits pour la psychiatrie de la personne âgée

Jusqu’à présent, la psychiatrie de la personne âgée ne disposait d’aucun lit d’hospitalisation. À compter du 30 juin, 20 lits devraient ouvrir sur le site Pierre-Briquet, dans l’ancienne unité Gaëtan Gatian De Clérambault qui a fermé ses portes le 27 novembre 2020. Le permis de construire a été déposé. Des travaux doivent être réalisés concernant l’équipement des chambres, le repositionnement du bureau infirmier et l’aménagement des salles d’activité. Parallèlement, 10 lits de recours seront ouverts cette année à Reims, au sein de l’actuelle unité d’hospitalisation U1. La création d’un centre ressources régional de psychiatrie du sujet âgé à Reims, quant à lui, a reçu un accueil favorable auprès de l’Agence Régionale de Santé (ARS) Grand Est.

3 Mise en place de la filière adolescents

Un projet partenarial a été signé le 29 juin 2019 avec le CHU de Reims pour installer une filière adolescents complète dans le département de la Marne. Une équipe médicale unique doit être constituée, sous la responsabilité du Pr Anne-Catherine Rolland. L’idée est de mettre en place de petites unités : 3 lits d’urgence à Reims, sur le site du CHU à proximité du service de pédiatrie ; 2 lits d’urgence et 3 lits de post-urgence à Châlons-en-Champagne, sur le site du centre hospitalier. Ces derniers devraient être installés, après quelques travaux, dans les anciens locaux de la pneumologie. Une convention est en cours de signature avec l’hôpital Léon-Bourgeois. « L’objectif est d’ouvrir ces lits châlonnais à l’automne », précise le directeur de l’EPSM de la Marne, « à condition, bien entendu que l’équipe médicale soit constituée ».

Parallèlement, une étude sur la mise en place d’une unité séquentielle de 12 places sur le site Pierre-Briquet de l’EPSM de la Marne, sera lancée. Celle-ci proposera de l’hospitalisation et du suivi à domicile en alternance. L’unité mobile et d’orientation (UMOP) destinée à orienter les adolescents et à coordonner les parcours des jeunes qui peuvent justifier d’une hospitalisation a, quant à elle, déjà vu le jour, avec l’arrivée du Dr Roberto D’Aprile, pédopsychiatre à temps partagé entre le CHU de Reims et l’EPSMM, arrivé à Chalons-en-Champagne début novembre 2020.

4 Lancement du centre de réhabilitation psychosociale

Le Centre Universitaire de Remédiation cognitive et rétablissement (CURe) Champagne-Ardenne a vu le jour sur le pôle universitaire de psychiatrie. Créé en collaboration avec les centres de Nancy et de Strasbourg, validé par l’Agence Régionale de Santé (ARS) Grand Est, il a pour vocation d’aider au développement des dispositifs de réhabilitation psychosociale des patients souffrant de troubles psychiques chroniques. La première action de CURe Champagne-Ardenne : ouvrir en janvier 2021 l’unité rémoise de réhabilitation psychosociale au 2e étage de l’Hôpital de jour Voltaire, à Reims (photo ci-dessus). Cette unité RPS, à vocation intersectorielle, propose aux patients souhaitant s’engager dans un processus de rétablissement un bilan complet de ses compétences, de ses attentes et de ses besoins, dans le cadre d’un parcours semi-structuré. Elle s’ajoute à l’offre châlonnaise de réhabilitation psychosociale constituée à partir du centre Ophélie, à l’initiative du Dr Bernard Rousselot.

5 Recherche de nouveaux locaux pour les CMP d’Épernay et de Vitry-le-François

Installés dans de vieilles maisons bourgeoises, les Centres Médico-Psychologiques (CMP) d’Épernay et de Vitry-le-François ne sont plus adaptés aux besoins actuels. C’est la raison pour laquelle l’EPSM de la Marne recherche de nouveaux locaux.

Dans la cité rose, la municipalité travaille sur un projet de pôle santé, au Hamois. Ce quartier fait l’objet d’un programme de rénovation urbaine. Il devrait se transformer en éco-quartier. Une parcelle, appartenant au Foyer rémois, a été identifiée à proximité de la RN4 et du centre commercial. L’établissement a fait remonter l’ensemble de ses besoins.

Pour Épernay, plusieurs pistes sont explorées.

6 Constitution du pôle Sud Marne

Depuis le 1er octobre 2020, le Dr Anis Dammak, chef du pôle de psychiatrie de la personne âgée et vice-président de la commission médicale d’établissement, dirige le pôle préfigurateur unique Sud Marne. Le pôle unique Sud Marne devrait être constitué d’ici l’été. Le projet médical, porté par les médecins en psychiatrie adulte sur le Sud Marne, est en cours de rédaction. Tout comme le projet de soins. Objectif de ce pôle unique Sud Marne : proposer de nouvelles offres de soins, fédérer les équipes, et créer ainsi une dynamique suffisante pour attirer de nouveaux médecins sur le Sud Marne. Depuis novembre 2020, 11 médecins avec 2 chefs de clinique ont été recrutés au sein de l’EPSM de la Marne, dont 7 sur le Sud Marne.

Concours de médecine 2020 : la psychiatrie connaît un regain d’intérêt à Reims

29/12/2020

En septembre 2020, les étudiants de 6e année de médecine devaient formuler leurs vœux concernant leur spécialité et leur ville pour leur internat. Les résultats des affectations montrent un engouement pour la psychiatrie à la faculté de médecine de Reims. Les 10 postes ouverts ont été pris. Une bonne nouvelle pour la région et pour l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne.

« Certains indices permettent de penser que la faculté de médecine de Reims devient plus attractive pour la psychiatrie », relève le Pr Arthur Kaladjian, chef du pôle universitaire de psychiatrie à l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne. En 2020, celle-ci se hisse au 10e rang si l’on tient compte du rang de classement à l’ECN des internes. Par comparaison, elle se classait à la 22e place en 2019 et à la 28e en 2017. « Cette année, nous avons ouvert 10 postes et tous ont été pris, indique le Pr Arthur Kaladjian. Ce n’était pas forcément le cas les années précédentes. En 2019 par exemple, sur les 12 postes ouverts, seuls 7 avaient été pris… »

Un signe encourageant qui traduit l’important travail mené au préalable sur la formation des futurs médecins psychiatres. « Nous avons profité de la réforme du 3e cycle des études médicales pour remodeler la formation en psychiatrie. Nous avons notamment mis en cohérence les terrains de stage en fonction des 3 phases dans lesquelles se trouvent successivement les étudiants c’est-à-dire en fonction de l’état d’avancement de leur formation », explique le chef du pôle universitaire de psychiatrie.

Ainsi, tous les internes en phase 1 dite « socle » sont positionnés sur des terrains universitaires, à Reims. « Ils veulent un encadrement plus poussé et être ensemble. Ils ne veulent pas se retrouver seuls », souligne-t-il. En phase 2 « d’approfondissement » et en phase 3 « de consolidation », les étudiants peuvent alors se déployer en « périphérie ». « Nous tenons compte de leur souhait. Nous les suivons tous individuellement, nous les rencontrons régulièrement », précise-t-il.

« Les étudiants sont friands d’approches nouvelles »

Le développement de l’attractivité de la faculté de médecine de Reims pour la psychiatrie demeure une bonne nouvelle pour toute l’ex-région Champagne-Ardenne, et donc pour l’établissement. « Cela signifie que nous arrivons à attirer des internes. Et comme nous sommes la porte unique pour faire entrer des psychiatres sur le territoire… », rappelle le Pr Arthur Kaladjian qui pointe du doigt la démographie médicale : 9 psychiatres pour 100 000 habitants dans les Ardennes, 10 dans l’Aube, 14 en Haute-Marne et 20 dans la Marne. « L’EPSM de la Marne, à travers le pôle universitaire de psychiatrie, accueille les internes et travaille pour l’ensemble de la Champagne-Ardenne. Il a un rôle important de formation à jouer et ce, dans l’intérêt collectif ».

Face aux 27 autres facultés de médecine françaises, dont Strasbourg, Montpellier, Marseille, celle de Reims doit sans cesse se renouveler pour rester attractive. Selon le Pr Arthur Kaladjian, cela passe notamment par la mise en place d’activités spécifiques. « Les étudiants sont friands d’approches nouvelles comme C3P-O (Centre de Prise en charge Précoce des Psychoses et d’Orientation) ; ils veulent aller vers la surspécialisation, observe-t-il. L’internat, c’est l’opportunité pour eux de découvrir des approches cliniques et thérapeutiques auxquelles ils n’auront plus forcément accès après. »

Cela passe aussi par l’ouverture des différentes unités d’hospitalisation rémoises aux étudiants en phase « socle » avec un accompagnement commun. Selon le chef du pôle universitaire de psychiatrie, « cela permettrait d’accueillir davantage d’internes ».

À Châlons-en-Champagne, les services d’addictologie se mobilisent pour le Mois Sans Tabac

24/11/2020

Dans le cadre de la 5e édition du Mois Sans Tabac, l’Unité de Soins Complexes en Addictologie de Châlons (USCAC) et l’Unité de Transition Hospitalière en Addictologie (UTHA) incitent les patients qui le souhaitent à participer à ce défi collectif : arrêter de fumer.

« En novembre, on arrête ensemble ». Comme chaque année, depuis le lancement de la campagne nationale, l’Unité de Soins Complexes en Addictologie de Châlons-en-Champagne (USCAC) et l’Unité de Transition Hospitalière en Addictologie (UTHA) participent au Mois sans tabac.

Dans ces deux unités, des affiches sont placardées aux différentes entrées du service. Pendant tout le mois, un atelier éducatif se tient chaque semaine. En cette période de crise sanitaire, il accueille 4 patients. « Nous leur présentons, à travers un diaporama, les différents substituts nicotiniques qui existent comme les patchs, les inhaleurs, les gommes à mâcher, les pastilles à sucer », expliquent Maria Miser et Rabia Vatre, deux référentes du Mois sans tabac, qui arborent fièrement le badge sur leur blouse blanche.

Inhaleurs et pastilles à sucer plébiscités

Les patients qui veulent arrêter de fumer sont ensuite vus en entretien individuel. Les demandes sont telles que cet atelier éducatif est désormais organisé toute l’année. « La plupart des patients qui sont accueillis dans notre unité fument. Souvent, ils souhaitent augmenter leur consommation de tabac durant leur hospitalisation, observent-elles. Pour éviter la compensation, ils demandent des substituts nicotiniques. » Les inhaleurs sont particulièrement utilisés parce qu’ils permettent de maintenir la gestuelle, suivis des pastilles à sucer. « On apporte les informations aux patients. Ce sont ensuite eux qui décident, de leur propre gré, d’arrêter de fumer ou non. On ne les force jamais », précisent-elles.

Un test tabac-tabac est systématiquement effectué lors de l’admission de chaque patient, puis à sa demande. « C’est un test respiratoire qui permet de déterminer le taux de monoxyde de carbone », indiquent les référentes du Mois Sans Tabac. Cela permet de déterminer l’intensité avec laquelle une personne fume et si elle inhale la fumée. Maria Miser et Rabia Vatre le proposent également au cours de l’atelier éducatif.

USCAC-UTHA ne sont pas les seules à participer au Mois Sans Tabac. Des actions sont également organisées dans les autres unités du pôle d’addictologie de la Marne. Chaque année, le programme du Mois Sans Tabac s’étoffe. Pour les prochaines éditions, le pôle d’addictologie de la Marne, en collaboration avec le pôle de médecine générale, souhaiterait sensibiliser les professionnels de santé de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne.

Prévention du suicide : VigilanS veille

03/11/2020

VigilanS Champagne-Ardenne a été lancé officiellement le 1er octobre 2020. Il s’agit d’un dispositif de recontact des personnes ayant fait une tentative de suicide. Rattachée à l’Établissement Public de Santé Mentale de la Marne (EPSM de la Marne), cette équipe intervient dans toute la région.

« En trois semaines, ce dispositif de veille post-hospitalière accompagne 28 patients ayant fait une tentative de suicide », observe avec satisfaction le Dr Louise Pimpaud, psychiatre au pôle universitaire de psychiatrie de l’EPSM de la Marne, qui vient de lancer VigilanS Champagne-Ardenne.

Implanté au sein de la clinique Henri-Ey, au 1er étage, 2 Vigilanseurs prennent les appels du lundi au vendredi, de 9 à 17 heures. « Lorsqu’une personne appelle après une tentative de suicide, on fait le point sur sa situation depuis sa sortie de l’hôpital. On voit où se situent les difficultés, comment le moral évolue. On décide alors ce qu’il faut mettre en place », explique Baptiste Lallement, psychologue.

« L’intermédiaire entre le patient et le réseau de soin »

En fonction des besoins, le patient est rappelé entre 10 et 21 jours, ou à 6 mois. S’il est injoignable ou en difficulté, une carte postale lui est envoyée, une par mois pendant quatre mois. Un compte-rendu est systématiquement adressé au médecin généraliste et au psychiatre référent. « Nous n’effectuons ni prescription, ni suivi. Nous faisons de la veille, précise le Dr Louise Pimpaud. Dès que nous avons une inquiétude sur un patient, nous faisons marcher le réseau. Nous sommes l’intermédiaire entre le patient et le réseau de soin. »

L’équipe de VigilanS, qui intervient sur toute la Champagne-Ardenne, est composée de 3 infirmiers à mi-temps, d’un psychologue à mi-temps et d’une secrétaire à temps complet. Deux infirmiers remplaçants s’y ajoutent pour assurer la continuité du dispositif. Tous ont été formés début septembre par les Vigilanseurs du CHRU de Lille qui ont créé VigilanS et par ceux du Centre Psychothérapique de Nancy.

Les Vigilanseurs champardennais sont ensuite allés présenter le dispositif aux services des urgences de la région, ainsi que la carte ressource prévention doté d’un numéro vert qu’ils remettront au patient, à sa sortie du service de soin. « À chaque fois, nous avons reçu un bon accueil », souligne Dorothée Semel, cadre de santé. « En donnant cette carte, les urgentistes ont l’impression de pouvoir apporter une aide qu’ils n’avaient pas jusqu’à présent », poursuit le Dr Louise Pimpaud.

Un dispositif créé à Lille

VigilanS a été imaginé en 2014 par le Pr Guillaume Vaiva du CHRU de Lille, et soutenu par l’Agence Régionale de Santé du Nord-Pas-de-Calais. Le premier site a ouvert le 1er février 2015 à Boulogne. Progressivement, tous les sites hospitaliers accueillant des suicidants dans la Région Nord-Pas-de-Calais ont rejoint volontairement le dispositif. En 2016, première année « pleine », 3 150 patients suicidants étaient entrés dans le dispositif VigilanS, dont 51 % de personnes ayant fait une première tentative de suicide.

L’EPSM de la Marne recrute des infirmiers

16/10/2020

Institution de référence pour la prise en charge des maladies psychiatriques dans le département, l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne recherche des infirmiers pour ses projets actuels et nouveaux.

Vous êtes intéressé(e) par le domaine de la santé mentale ? Vous aimez le relationnel, le travail d’équipe ? Vous voulez rejoindre un établissement dynamique dans lequel vous pourrez évoluer tout au long de votre carrière ? L’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne recrute des professionnels infirmiers (CDI, fonctionnaires) en psychiatrie adulte, ainsi qu’en psychiatrie infanto-juvénile.

En psychiatrie, l’infirmier prend en charge des patients qui souffrent de troubles psychiques et de conduites addictives. « Il dispense des soins de nature préventive, curative et de réinsertion visant à rétablir l’intégrité physique et psychique de l’individu, à découvrir et comprendre ses difficultés et à lui donner les moyens de les résoudre. Il prend en compte la personne dans sa globalité avec son environnement familial, social », explique Nadine Touzot, directrice des soins à l’EPSM de la Marne.

Un métier diversifié et évolutif en psychiatrie

L’éventail des opportunités professionnelles est vaste au sein de l’établissement. L’infirmier peut intervenir dans des structures diversifiées : urgences psychiatriques, unité d’hospitalisation, unité pour malades difficiles, hôpital de jour, centre d’accueil thérapeutique à temps partiel, centre médico-psychologique, à domicile. « En fonction du lieu où l’infirmier exerce, le métier varie. Il existe de ce fait une vraie possibilité de réinventer le soin en fonction des affectations », assure David Jama, cadre de santé. Le rôle de l’infirmier peut aller de l’accueil du patient, du repérage de l’expression de la maladie psychique, de l’organisation des soins et de la prise en charge, jusqu’à l’animation de médiations thérapeutiques (peinture, modelage, théâtre, musique…) avec parfois des intervenants extérieurs. Pas de routine, donc.

Quelle que soit la structure, l’infirmier évolue au sein d’une équipe pluridisciplinaire : médecins psychiatres, psychologues, aides-soignants, etc. Dans son champ de compétences, il dispose d’une autonomie certaine. « Il est force de proposition d’actions de soin », assure David Jama.

Quels sont les avantages dont bénéficient les agents de l’EPSM de la Marne ? Possibilité de mobilité géographique dans tout le département ; titularisation au sein de la fonction publique hospitalière (prime de service annuelle) ; embauche en CDI pour les agents contractuels ; 25 jours de congés annuels et de 19 jours de RTT pour un travail à temps plein sur une année.

Pour postuler, contactez :

Mme la Directrice des soins
soins.infirmiers@epsm-marne.fr

Renseignements : 03 26 70 37 13

Vers la création d’un observatoire sur le handicap

05/10/2020

Trente-cinq personnes ont assisté le 18 septembre 2020 au lancement officiel de PSICOCAP (Pratiques et Statistiques Intégrées et Comparées sur le Handicap et le Handicap Psychique), en visioconférence à l’Hôtel de Région de Châlons-en-Champagne. PSICOCAP vise à créer notamment un observatoire franco-belge qui recueillera des données chiffrées sur le handicap et le handicap psychique, et qui analysera les pratiques de prise en charge.

Comment est né PSICOCAP ?

PSICOCAP est l’acronyme de Pratiques et Statistiques Intégrées et Comparées sur le Handicap et le Handicap Psychique. C’est un projet de coopération Interreg France-Wallonie-Flandre, financé par le fonds européen de développement régional et la Wallonie pour trois ans (2020-2022).

Il s’est forgé sur un constat partagé de part et d’autre de la frontière franco-belge d’un déficit de connaissance sur les données et les pratiques de prise en charge du handicap et du handicap psychique. L’ensemble des acteurs des secteurs sociaux, médico-sociaux et sanitaires, les usagers et leurs proches, souhaitent partager leur expérience sur les difficultés rencontrées, sur ce qui manque mais aussi sur ce qui fonctionne et qui mériterait d’être promu. La maladie psychique doit être prise en charge le plus précocement possible pour éviter la toxicité de la maladie et les conséquences sociales souvent marquées par l’exclusion. L’accessibilité aux soins et à l’accompagnement des handicapés psychiques doit prendre en compte la ruralité et tous les déterminants sociaux et environnementaux influant sur la santé mentale.

La reconnaissance du handicap psychique est effective en France depuis la loi de 2005 et donne le droit à compensation pour le désavantage social qu’il engendre. En Belgique, la reconnaissance du handicap se base sur la déficience constatée mais il n’y a pas de catégorie « handicap psychique » à proprement parler. Ces dernières années, de nombreux Français vivant avec un handicap physique ou mental et qui ne trouvent pas de prise en charge en France sont accueillis dans des structures belges.

À quoi va servir PSICOCAP ?

PSICOCAP vise à construire un instrument transfrontalier d’observation et d’analyse sur le handicap et en particulier sur le handicap psychique afin d’éclairer, sur la base de données probantes, les promoteurs de projets et les décideurs locaux sur les actions à mener.

Il vise à analyser les ressources et les modalités de prises en charge du handicap psychique de part et d’autre de la frontière, en créant un observatoire qui recueillerait des données chiffrées et analyserait aussi les pratiques de prise en charge. Celui-ci sera chargé ensuite de proposer un guide avec des recommandations qui seront transmises aux décideurs, aux administrations, aux acteurs de terrain chargés de cette problématique.

Sur cette base, PSICOCAP proposera des formations pour les professionnels du soin et l’accompagnement dans le but de partager les connaissances et les pratiques dans le domaine du handicap psychique. Un outil sera aussi conçu pour former le public à l’accueil des personnes souffrant de handicap psychique (personnel de vente, travailleurs sociaux, postiers, etc.). Sous la forme d’une université d’été de psychiatrie et de santé mentale, ce travail de formation et de sensibilisation aura un temps fort pour transmettre des connaissances nouvelles et favoriser les échanges entre les participants.

À travers l’observatoire et la formation, PSICOCAP a pour ambition de forger un nouveau regard sur le handicap et plus spécifiquement sur le handicap psychique dans le souci de déstigmatiser la maladie et de favoriser le plus possible l’inclusion en milieu ordinaire.

Onze partenaires et près d’un million d’euros de budget

Psicocap est un projet franco-wallon coordonné par l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (Iweps). Il compte comme partenaires principaux l’EPSM de la Marne, la province de Namur, l’université Reims-Champagne-
Ardenne (URCA), l’observatoire régional de santé (ORS) Grand-Est et le centre neuropsychiatrique Saint-Martin Dave de Namur. Sont également associés, l’institut Albatros qui gère des établissements médico-sociaux en Wallonie, le centre hospitalier Bélair à Charleville-Mézières (Ardennes), l’Agence pour une vie de qualité (Aviq, Belgique), l’association belge Similes et la région Grand-Est. Le programme est financé pour une durée de trois ans (2019-2022) sur un budget total de 946 000 euros
subventionné à 50 % par l’Europe (programme Interreg V France-Wallonie-Flandre).

L’unité rémoise d’hospitalisation en addictologie emménage à l’Hôpital Sébastopol

28/09/2020

Exit Robert-Debré. Afin que le CHU de Reims puisse ouvrir une nouvelle unité COVID-19, l’Unité de Soins Complexes en Addictologie de Reims (USCAR) a dû quitter ses locaux. Depuis le 9 novembre 2020, elle accueille ses patients à l’Hôpital Sébastopol.

« Nous avons gagné en confort de travail et d’accueil des patients », affirme d’emblée le Dr Anne-Françoise Bertin, chef du pôle d’addictologie de la Marne. Située au 4e étage de l’Hôpital Sébastopol, l’Unité de Soins Complexes en Addictologie de Reims (USCAR) dispose désormais de 15 chambres individuelles, toutes équipées de sanitaires et d’un bureau, avec vue soit sur la ville, soit sur la montagne de Reims. Un large couloir lumineux débouche sur une immense baie vitrée avec en point de mire, la cathédrale de Reims. Un paysage imprenable que peuvent également admirer les patients en salle d’activités ou en salle de vie.

Les soignants, eux, bénéficient désormais d’un grand bureau infirmier et d’une salle de soins attenante dotés de fenêtres, ainsi que d’une salle de repos équipée avec vue sur la ville de Reims. Quatre vastes bureaux se trouvent également au rez-de-chaussée du bâtiment. « Notre bureau est plus spacieux et plus lumineux. C’est plus agréable de travailler dans ces conditions, confient Justine Voiselle, Maëva Nicolas et Juliette Sohier, infirmières. Et puis, nous avons bien été accueillis par les services voisins : la gériatrie et les soins palliatifs. Ici, nous sommes dans l’entraide. »

Loin du plateau technique du CHU de Reims

Après quatre mois de fermeture suite à la mise à disposition des locaux d’USCAR au CHU de Reims pour créer une unité complémentaire de médecine en pleine pandémie, l’équipe et les patients avaient pu réintégrer l’hôpital Robert-Debré le 27 juillet 2020. Une réintégration provisoire puisqu’à la fin du mois d’octobre, tous ont dû déménager à nouveau pour que le CHU de Reims puisse ouvrir une nouvelle unité COVID-19. Direction : l’Hôpital Sébastopol, dans les locaux qu’occupaient les soins palliatifs. « Il a fallu prendre nos marques, modifier le règlement intérieur et revoir le projet thérapeutique pour l’adapter à notre nouvel environnement », souligne le Dr Anne-Françoise Bertin. Sans oublier la permanence des soins qui a dû être complètement réorganisée. Celle-ci est désormais assurée par l’interne de garde de l’Hôpital Sébastopol, sous la responsabilité du praticien hospitalier de garde de psychiatrie.

Depuis le 9 novembre 2020, USCAR accueille 10 patients. Sa capacité va augmenter progressivement. Une chambre individuelle restera toutefois vacante afin de pouvoir isoler, en cas de besoin, un patient dépisté positif COVID-19.

L’installation à l’Hôpital Sébastopol reste toutefois provisoire. Le temps que l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne puisse reconstruire USCAR sur le site Robert-Debré, dans le cadre du projet de restructuration complète de l’offre de soins psychiatrique publique.

COVID-19 : une campagne massive de dépistage sérologique est lancée

28/08/2020

Depuis le 21 juillet 2020, l’ensemble des professionnels de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne et du Groupement d’Intérêt Public (GIP) Logistique Sud-Marne sont invités à effectuer un test sérologique du COVID-19. La campagne de prélèvements devrait durer jusqu’à la fin du mois d’octobre.

Rechercher la réponse immunitaire de l’organisme suite à une infection au virus SARS-CoV-2, responsable de la pandémie de COVID-19 : tel est le but du dépistage sérologique. « Il s’agit de détecter la présence ou non d’anticorps », explique le Dr Maëlle Cravero, médecin chef du pôle de médecine générale.

Depuis le 21 juillet 2020, l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne et le Groupement d’Intérêt Public (GIP) Logistique Sud-Marne se sont lancés dans une campagne massive de dépistage par prélèvement sanguin. L’ensemble des professionnels – qu’ils soient soignants ou non – sont concernés, soit 1 244 agents au total.

Pour ce faire, 2 sites de prélèvements ont été installés : à Châlons-en-Champagne, au sein de l’unité de médecine générale sur le site Pierre-Briquet ; à Reims, au sein de la clinique Henri-Ey. Les prises de sang sont effectuées par des infirmiers du pôle de médecine générale, renforcés par des IDE d’autres unités. L’EPSM de la Marne espère pouvoir tester chaque mois 25 % des effectifs.

« Une démarche épidémiologique »

À quoi sert cette campagne massive de dépistage sérologique ? « Il s’agit d’une démarche épidémiologique », répond l’équipe sanitaire de l’Agence Régionale de Santé (ARS) Grand Est. À la demande de la Délégation territoriale de la Marne, d’autres établissements de santé du département sont engagés dans la même démarche comme le centre hospitalier de Châlons-en-Champagne et le CHU de Reims. « La campagne intervient maintenant car il fallait laisser le temps à l’organisme de produire des anticorps, précise le Dr Maëlle Cravero. Si des anticorps sont détectés à l’issue de la prise de sang, cela signifie que la personne a été en contact avec le virus. Mais celle-ci n’est plus contagieuse. » Être positif au test ne signifie pas pour autant que l’on est protégé. « À l’heure actuelle (NDLR : juillet), on ne sait pas si l’immunité est effective et durable. Il faut donc continuer à respecter les gestes barrière, les mesures d’hygiène et de distanciation », prévient le chef du pôle de médecine générale.

Les prises de sang effectuées sont transmises au laboratoire du CHU de Reims. Les résultats sont envoyés, accompagnés des bons de laboratoire contenant les renseignements cliniques, au Dr Patricia Schweickart, médecin du travail, qui les communique sous pli individuel à chaque agent et ce, « afin de garantir la confidentialité ». Un courrier d’accompagnement y est également joint pour faciliter l’interprétation des résultats.

L’EPSM de la Marne relance la prise en charge ambulatoire

15/07/2020

Après la crise sanitaire, l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne veut développer les soins ambulatoires sur le territoire marnais. Deux dossiers ont été déposés en juin auprès de l’Agence régionale de santé du Grand Est.

S’adapter et innover : c’est ce qu’a dû faire l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne tout au long de la pandémie. « Afin de ne pas surcharger les unités d’hospitalisation tout au long de cette crise sanitaire, l’extrahospitalier s’est attaché à prendre en charge les patients qui auraient nécessité une hospitalisation en temps normal », constate le Dr Éric Wargny, président de la Commission Médicale d’Établissement (CME). Ainsi au Centre Artaud, qui dépend du pôle rémois 04, une équipe mobile de volontaires a été constituée et s’est déplacée, chaque jour, au domicile des patients les plus fragiles. Parallèlement, d’autres projets développant la prise en charge ambulatoire sont apparus dans différents pôles.

Pour les fédérer et demander des moyens complémentaires, l’établissement vient de déposer un dossier auprès de l’Agence Régionale de Santé (ARS) Grand Est, dans le cadre de la circulaire budgétaire d’avril 2020 qui prévoit notamment le développement des prises en charge ambulatoire et le renforcement des Centres Médico-Psychologiques (CMP). Le dossier remis intègre 2 nouveaux projets pour un montant total de 1 563 500 euros.

1 Création d’Équipes de Soins Psychiatriques Intensifs à Domicile (ESPID)

« Il s’agit de prendre en charge des patients suivis par l’établissement dont le maintien à domicile ne peut s’effectuer qu’avec un renforcement des interventions à domicile. L’objectif est d’éviter l’hospitalisation quand elle peut l’être et/ou l’accompagner ensuite dans de bonnes conditions », explique Xavier Dousseau, directeur de l’EPSM de la Marne. Cinq équipes mobiles pourront être déployées sur le territoire marnais, à l’exception de Châlons-en-Champagne où un autre dispositif avait été imaginé et déposé en 2018 à l’ARS Grand Est (lire l’encadré). Chaque nouvelle ESPID intervient sur son secteur. « C’est la même équipe de proximité, animée par le même projet thérapeutique, qui assure et coordonne la prise en charge dans les différentes étapes de l’évolution clinique du patient », souligne Xavier Dousseau.

Pour 5 places, chaque équipe est composée notamment de médecin, d’infirmiers, de psychologue, d’assistante sociale, soit un effectif de 4,7 équivalent temps plein. Budget total pour ce nouveau dispositif : 1 365 000 euros.

2 Mise en place d’une Unité Mobile d’Orientation Pédopsychiatrique (UMOP)

Cette unité a pour mission l’accueil et l’orientation d’adolescents en souffrance psychique présentant des troubles graves de la personnalité ou une schizophrénie, vers la structure de soins la plus adaptée. Elle vise également leur accompagnement après l’hospitalisation pour faciliter leur réinsertion sociale, en lien avec leur famille et l’équipe de secteur. Elle a pour rôle de fluidifier le parcours de soins, d’améliorer l’alliance thérapeutique du patient et l’observance de son traitement, de mettre en place un soutien adapté à la famille et à l’entourage de l’adolescent.

L’équipe est composée de médecin, cadre ou infirmier en pratique avancée, psychologue, infirmiers, éducateurs spécialisés, assistante sociale, secrétaire médicale, soit un effectif total de 11,2 équivalent temps plein. Cette unité intersectorielle intervient au domicile ou sur le lieu d’hébergement de l’adolescent, dans tout le département de la Marne.

Si l’UMOP est d’ores et déjà financé par le ministère des Solidarités et de la Santé et l’établissement, une demande de subvention complémentaire de 198 500 euros est toutefois déposée pour le renforcement de son aspect mobile.

Ces autres dispositifs ambulatoires en attente de financement

La création d’une Équipe de Soins Psychiatriques Intensifs à Domicile (ESPID) pour les secteurs châlonnais avait été présentée et déposée en 2018 à l’ARS Grand Est dans le cadre de l’appel à projet « Innovations en santé ».
Pilotée à partir des urgences psychiatriques de Reims, l’Équipe Mobile d’Accueil et de Crise Rémoises (EMACR), quant à elle, a pour but de prendre en charge des adultes âgés de 18 à 65 ans, non connus de la psychiatrie, nécessitant un avis ou une intervention pour un problème psychologique ou psychiatrique aigu, ou du fait d’une crise familiale. Elle propose des alternatives à l’hospitalisation, favorise l’accès aux soins et soutient l’entourage de la personne en souffrance.
Autre dossier déposé à l’ARS Grand Est : l’Équipe Sanitaire d’Appui aux Établissements Médico-sociaux (ESAEMS) portée par le centre de post-cure l’Amitié. Elle vise une intervention rapide dans les structures médico-sociales en réalisant une première évaluation de la situation et en proposant un accompagnement.

Comment l’EPSM de la Marne a géré la crise sanitaire

30/06/2020

Le département de la Marne a été frappé par le Covid-19 avec 427 décès entre le 1er mars et le 31 mai 2020. L’Établissement public de santé mentale (EPSM) de la Marne a dû faire face et se réorganiser rapidement pour assurer l’accueil et le suivi des patients. Il a même dû parfois se réinventer. Retour d’expérience.

Dans toute situation de crise, il faut savoir réfléchir et agir vite », résume Xavier Dousseau, directeur de l’Établissement public de santé mentale (EPSM) de la Marne. Tout au long de la pandémie, l’hôpital psychiatrique a dû faire preuve de réactivité. Ainsi dès le 10 mars 2020, le niveau 1 du plan blanc a été déclenché puis le 16 mars, le niveau 2. « Nous avons pris des mesures en anticipant les directives ministérielles qui sont arrivées plus tardivement et nous avons constaté qu’elles étaient en accord », précise le Dr Éric Wargny, président de CME.

Une cellule de crise hospitalière, pilotée par le directeur et le président de CME, s’est réunie tous les jours jusqu’au début du mois d’avril, deux fois par semaine jusqu’au 15 mai, puis une fois par semaine. Elle était composée du médecin généraliste référent COVID-19, de la directrice des soins, de représentants de médecins psychiatres des différents pôles, des directeurs fonctionnels impactés, du médecin du travail. « La difficulté était de continuer à assurer les soins psychiatriques dans un contexte qui les rendait difficile, déclare Xavier Dousseau. Cette discipline est fondée sur le relationnel, les activités de groupe, etc. Or, ceux-ci ont été bouleversés par des mesures de distanciation sociale notamment qui allaient à leur encontre. »

Pour limiter la propagation du virus au sein de l’établissement, seules les hospitalisations strictement nécessaires ont été maintenues dans les 16 unités d’admission avec une seule règle : un patient par chambre. « Pour respecter les mesures préconisées, il a fallu réduire la capacité d’hospitalisation car dans certaines unités, nous avions encore des chambres à 2 voire 3 lits », indique le directeur de l’EPSM de la Marne. Ainsi en avril, le taux d’occupation des unités d’admission a baissé de 7 %. Les patients, dont la situation clinique le permettait, ont été renvoyés chez eux avec, dans certains cas, la mise en place d’un accompagnement à domicile. « Cette crise a révélé le besoin impérieux de reconstruire nos structures rémoises, ce qui est prévu. Si un vaste plan de rénovation a été mené, il faut que l’hôpital poursuive sa modernisation pour ne disposer que de chambres à 1 lit équipées de sanitaires », reconnaît le Dr Éric Wargny, président de la CME.

Deux zones COVID-19 créées

En parallèle, deux zones de confinement ont été créées sur les sites d’hospitalisation de Reims et de Châlons-en-Champagne pour accueillir les patients infectés par le COVID-19. En une semaine, il a fallu cloisonner des espaces ; transformer des locaux ; aménager une salle de soins, des espaces de stockage, des vestiaires, une salle de détente ; retravailler les différents flux (patients, professionnels, logistiques). « La principale difficulté était d’œuvrer en prenant en compte des architectures différentes de bâtiment, intégrer un phasage à 3 niveaux pour une extension possible et identifiée en fonction de l’afflux de patients et des pathologies à risques sur les zones COVID-19 et leur environnement, affirme Christophe Amann, directeur adjoint chargé des services économiques, logistiques, techniques et informatiques. Heureusement, nous avions sur place le matériel et les compétences affirmées en technique et prestations logistiques. »

Les patients atteints du COVID-19 qui y étaient hospitalisés étaient suivis par les médecins généralistes de l’EPSM de la Marne référents COVID-19, les Dr Maëlle Cravero et Dr Christophe Laugier. Depuis le 1er novembre 2019, l’établissement compte en effet un pôle de médecine générale avec 5 praticiens hospitaliers. « Cette pandémie a confirmé le bien-fondé d’avoir un tel service structuré au sein d’un établissement de santé mentale, observe le directeur. Grâce à nos médecins généralistes, nous avons pu prendre en charge les patients qui développaient une forme sans gravité du COVID-19. Grâce à eux, nous avons pu vérifier que les règles de protection pour les patients et les professionnels étaient bien suivies et réajustées en permanence. » Pour la prise en charge des patients atteints du COVID-19, les médecins généralistes étaient aidés d’une équipe de soignants dédiée sur chaque site. Une équipe doublée formée préalablement aux protocoles d’hygiène par l’Équipe opérationnelle d’hygiène (EOH) de l’établissement. Au total, 16 patients hospitalisés ont été infectés par le COVID-19 et suivis par les médecins généralistes de l’établissement entre le début de la pandémie et le 31 mai. Une unité de long séjour a dû être confinée suite à l’apparition d’un cluster avec 18 patients infectés par le coronavirus dont 12 confirmés virologiquement. L’un d’entre eux, souffrant de lourdes comorbidités, est décédé.

Autre forte contrainte qui s’est imposée à l’EPSM de la Marne : le besoin d’espaces des établissements MCO pour soigner les patients infectés par le coronavirus. C’est ainsi que les locaux de l’Unité de soins complexes en addictologie de Reims (USCAR) ont été mis à la disposition du CHU de Reims, à sa demande. Cette unité d’addictologie, située au sein même de l’établissement sanitaire rémois, a dû fermer temporairement ses portes. Sur les 15 patients hospitalisés, 3 ont été transférés à l’Unité de soins complexes en addictologie de Châlons (USCAC) de l’EPSM de la Marne. Les 12 autres patients, dont la situation clinique et l’environnement familial le permettaient, ont, quant à eux, regagné leur domicile. Au centre hospitalier de Châlons-en-Champagne, ce sont les urgences psychiatriques de l’EPSM de la Marne qui ont dû quitter les lieux le 20 mars. Le service avec ses 4 lits a dû emménager en 3 jours sur le site châlonnais de l’EPSM de la Marne. « Par chance, nous avions un service tiroir qui venait de se libérer, ce qui a permis de l’aménager rapidement pour pouvoir ouvrir 2 chambres d’isolement et 2 chambres simples en intégrant tous les circuits », détaille Christophe Amann, directeur adjoint. Une infirmière psychiatrique de liaison a toutefois dû être maintenue en journée au centre hospitalier de Châlons-en-Champagne « avec des déplacements autant que de besoin » entre les deux établissements.

Forte réduction de l’extrahospitalier au début de la pandémie

Si l’intra-hospitalier a dû se réorganiser face à cette pandémie, l’extrahospitalier, lui, a été fortement réduit dans un premier temps. Durant le confinement, les 6 hôpitaux de jour et 14 Centres d’accueil thérapeutique à temps partiel (CATTP) que compte l’EPSM de la Marne ont été fermés. Seuls les Centres médico-psychologiques (CMP) sont restés ouverts. Les consultations indispensables ont été maintenues. Les entretiens par téléphone et/ou en visioconférence ont été privilégiés. Tout au long de cette pandémie, les visites à domicile ont, elles aussi, continué d’être assurées pour les situations qui le nécessitaient, de même que les visites aux appartements thérapeutiques, tout en respectant les gestes barrière. « L’extrahospitalier s’est attaché à prendre en compte les patients qui auraient nécessité une hospitalisation en temps normal. Ceci afin de n’en pas surcharger les unités d’admission », résume le Dr Éric Wargny.

Les équipes ont donc dû s’adapter et innover. C’est le cas par exemple au centre de jour Antonin Artaud qui fait partie du pôle rémois 04 de l’EPSM de la Marne. Là, un dispositif d’aide et d’écoute à l’égard des patients a été mis en place, avec en premier lieu « un ravitaillement en nourriture indispensable physiquement et psychiquement pour certains », remarque le Dr Patrick Chemla, chef de pôle et responsable médical du Centre Artaud. Les consultations de crise et les soins de base ont été conservés pour les plus fragiles. Pour continuer à se parler « sans danger », de nouveaux canaux de communication via l’application Signal ont été instaurés et un dispositif a pu être reconstruit sur un mode virtuel. « Nous avons contacté la quasi-totalité des patients les plus fragiles pris en charge, soit près de 250 et mis en place plusieurs lignes téléphoniques pour nous rendre disponibles », explicite le Dr Patrick Chemla. Des regroupements virtuels entre soignants et patients ont été créés et un journal en ligne a même vu le jour. « C’est au cours des catastrophes, des guerres, que la psychiatrie s’est réinventée », rappelle le responsable médical du Centre Artaud qui a mis ensuite sur pied une équipe mobile de volontaires se déplaçant quotidiennement au domicile des patients les plus fragiles.

Déploiement de la téléconsultation et d’équipes mobiles

Le déconfinement n’a pas pour autant marqué un retour à la normale. « On ne desserre pas d’un seul coup », assure le directeur, Xavier Dousseau. C’est pourquoi, les structures extrahospitalières reprennent progressivement leurs activités : consultations, groupes de médiation, ateliers thérapeutiques, etc. Pour cela, chaque pôle a travaillé en amont sur un plan d’organisation de travail, en collaboration étroite avec les médecins généralistes référents COVID-19 afin de protéger le mieux possible les professionnels et les patients.

Les structures extrahospitalières ne pouvant pas accueillir tous les patients de leur file active, les consultations s’effectuent désormais sur rendez-vous. Des critères de priorité ont été définis liés à la situation clinique des patients notamment. Pour continuer à soigner l’ensemble des patients de la file active, l’établissement accélère la mise en place de la téléconsultation via l’application Odys Web du groupement régional d’appui au développement de la e-santé dans le Grand Est, Pulsy. « Cet outil ne remplace pas l’entretien en présentiel mais le fait de voir le patient permet au psychiatre d’obtenir beaucoup d’informations sur son état de santé mentale. Des informations qu’il n’a pas forcément avec la voix, lors d’un échange téléphonique. Et pour le patient, c’est une façon de sécuriser l’entretien en voyant avec qui il converse. Ça le rassure », estime le Dr François Ihuel, praticien hospitalier référent Coordination Soins Insertion.

En parallèle, l’EPSM de la Marne compte déployer des Équipes de soins psychiatriques intensifs à domicile (ESPID) sur le territoire marnais. Des équipes composées de 5 professionnels de santé : psychiatre, psychologue, infirmiers, assistante sociale… « Il s’agit de prendre en charge des patients dont le maintien à domicile ne peut s’effectuer qu’avec un renforcement des interventions à domicile, développe Xavier Dousseau. L’objectif est d’éviter l’hospitalisation quand elle peut l’être et/ou l’accompagner ensuite dans de bonnes conditions. » Le projet a été déposé à l’ARS Grand Est dans le cadre de la circulaire budgétaire relative à la campagne tarifaire et budgétaire 2020 des établissements de santé.

Un grand élan de solidarité

La principale difficulté qu’a rencontrée l’EPSM de la Marne, c’était l’approvisionnement en équipements de protection individuelle (EPI) au début de la crise sanitaire. Un approvisionnement qui s’effectuait difficilement. « Au début, la psychiatrie était rarement citée. Nous nous sommes sentis un peu seuls. Peu à peu, la psychiatrie a bien été prise en compte avec des préconisations élaborées au niveau national par une cellule spécifique, confie le directeur, Xavier Dousseau. Cela dit, nous n’avons jamais été en pénurie. Mais heureusement que nous disposions d’un stock et que nos services économiques ont réussi à trouver d’autres sources d’approvisionnement. » En attendant l’approvisionnement régulier en masques de la part de l’État, un réseau de solidarité s’est mis en place sur le territoire. Des particuliers, des entreprises, des associations partenaires, des collectivités territoriales ont donné des équipements de protection. Des couturières et des agents de l’établissement se sont mis à confectionner des masques en tissu et des surblouses à partir de sacs de tri. « Cela a permis de faire face, se réjouit Xavier Dousseau. Et d’un point de vue psychologique, cela faisait du bien pour les équipes de sentir qu’il y avait un élan sympathique de soutien autour d’eux. » Un grand merci à tous !

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