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La CUMP 51 vient en aide aux réfugiés ukrainiens

02/06/2022

Activée depuis le 10 mars 2022, la Cellule d’Urgence Médico-Psychologique (CUMP) de la Marne continue d’assurer un soutien psychologique aux réfugiés Ukrainiens. Elle a suivi pour l’instant quelque 200 personnes.

« Nous avons rencontré à chaque fois des personnes épuisées mais dignes, très discrètes et reconnaissantes d’être accueillies ici », confient Karine Mintoff, psychologue, et Mélanie Hermand, infirmière, membres permanents de la Cellule d’Urgence Médico-Psychologique (CUMP) départementale renforcée. Suite à la guerre avec la Russie, les réfugiés ukrainiens affluent sur le sol marnais.

Portée par l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne, la CUMP 51 a été mobilisée dès l’arrivée du premier bus venant d’Ukraine le 14 mars 2022, au Centre social et culturel Émile Schmit de Châlons-en-Champagne. À son bord, 52 personnes, essentiellement des femmes, enfants-adolescents et des personnes âgées. L’accueil était coordonné par la Préfecture de la Marne.

« La CUMP 51 était chargée de mener une première évaluation globale des réfugiés, d’observer et de repérer les personnes qui présentaient des risques de traumatismes psychiques, et d’effectuer des consultations en urgence si besoin », expliquent Karine Mintoff et Mélanie Hermand, repérables avec leur chasuble. Pendant que ces personnes ayant fui leur pays d’origine se restauraient ou se reposaient un peu, elles surveillaient particulièrement les états d’agitation ou de sidération. « Nous avons également mené un travail de sensibilisation auprès des déplacés, accompagnants et organisateurs sur les signes pouvant indiquer un traumatisme », poursuivent-elles. Pour cela, des brochures ont été systématiquement remises en français et en ukrainien.

L’une des difficultés : la barrière de la langue

Après avoir effectué le dépistage du COVID-19 et constitué leur dossier administratif pour demander une protection temporaire et bénéficier des droits afférents, ces réfugiés étaient emmenés à l’hôtel avant d’être logés dans une famille d’accueil ou un hébergement plus durable. À chaque arrivée d’un nouveau bus de réfugiés à Châlons, Sillery ou Tinqueux, le même dispositif était mis en place avec la présence des membres permanents de la CUMP 51.

Au départ, 8 volontaires avaient été dépêchés sur place : 4 pour la psychiatrie adulte, 4 pour la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. Une mobilisation qui a dû être revue à la baisse par la suite. Première raison : la barrière de la langue. « Très peu de réfugiés parlent français ou anglais. Or, il n’y avait au départ que 2 traducteurs sur place. De ce fait, il nous était difficile de communiquer avec ces Ukrainiens », confient les 2 membres permanents de la CUMP 51. Seconde explication avancée : l’image de la psychiatrie en Ukraine « proche des pratiques asilaires des années 40-50 en France ». « Cela effraie, indique Mélanie Hermand. En nous présentant comme un dispositif de soutien psychologique, nous nous sommes rendu compte que cela passait mieux. » Les cumpistes ont ainsi pu voir quelque 200 personnes.

Une réorientation vers les CMP de secteur

Plus de deux mois et demi après l’arrivée du premier bus, la CUMP 51 reste mobilisée et mobilisable. « Nous assurons le soutien psychiatrique et psychologique de ces personnes en attendant leur relogement vers un hébergement plus durable », soulignent Karine Mintoff et Mélanie Hermand. Dès que le SIAO repère des personnes nécessitant une aide ou reçoit une demande, il contacte aussitôt la CUMP 51 et coordonne sa venue directement dans les lieux d’hébergement temporaire, avec un traducteur. Les membres permanents ont ainsi mené des entretiens avec 6 réfugiés. Un nombre limité. « Beaucoup avaient transité dans des camps de réfugiés via la Pologne. Ils sont partis tout au début du conflit. Ils n’ont donc pas été témoins d’exaction », observe Karine Mintoff. La plupart de ces réfugiés sont également venus en France avec leur animal de compagnie. « Ils y sont très attachés. On voit que cela participe à leur bien-être ».

Dès que ces déplacés intègrent un hébergement plus durable, ils sont alors réorientés, en cas de besoin, vers le centre médico-psychologique (CMP) de leur secteur. « Même si le logement est provisoire, cela reste tout de même le leur, rappelle Karine Mintoff. Cela permet à un couple d’être suivi au même endroit. Et comme ils n’ont pas de moyen de transport, cela facilite également la vie aux familles d’accueil qui, bien souvent, se chargent de les amener. »

Pour l’instant, une dizaine de réfugiés adultes a été réorientée vers le CMP de secteur, 4-5 enfants vers le pôle rémois de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. « Le retour des familles qui ont été suivies s’avère positif, constatent les membres permanents de la CUMP 51. Elles sont contentes d’avoir une médication et d’être soulagées. Elles se sentent considérées. » Au 10 mai 2022, la Marne accueillait 604 déplacés ukrainiens sur les 1 000 annoncés par la Préfecture.

L’Unité d’hospitalisation temporaire psychiatrique a déménagé à Châlons-en-Champagne

23/05/2022

Ouverte au printemps 2020, l’Unité d’Hospitalisation Temporaire Psychiatrique (UHTP) a quitté le site Pierre-Briquet de l’EPSM de la Marne. Depuis le 2 mai 2022, elle est située au sein du centre hospitalier Léon-Bourgeois de Châlons-en-Champagne, à proximité des urgences. Un plus pour la prise en charge des patients et de leur famille.

Au Centre hospitalier Léon-Bourgeois, il faut entrer dans le bâtiment 4 de pneumologie, puis monter au 1er étage, pour se rendre à l’Unité d’Hospitalisation Temporaire Psychiatrique (UHTP). S’étendant sur environ 300 m2, celle-ci dispose de 5 bureaux, de 4 chambres individuelles dont une équipée d’un lit médicalisé et d’un rocking-chair, d’un vaste espace d’accueil et d’un salon équipé d’un téléviseur. Les tons sont clairs, apaisants ; le mobilier, moderne, adapté et de qualité. « Les locaux sont spacieux, propres et bien aménagés », acquiesce Lucie Delecray, directrice par intérim de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne, suite à sa visite le 13 mai 2022.

Ces nouveaux locaux, l’UHTP les a investis le 2 mai 2022. « Le déménagement s’est bien passé, confie le Dr Bénédicte Pluot, médecin psychiatre, responsable de cette unité. Il y a eu une bonne préparation en amont avec l’ensemble des services infirmiers, économiques, logistiques, techniques et informatiques. » C’est la seconde fois en deux ans que cette unité change de lieu. Ouverte au printemps 2020 en pleine crise sanitaire sur le site Pierre-Briquet de l’EPSM de la Marne, dans l’ancien pavillon Wallon, elle a ensuite dû intégrer U3 le 29 juin 2020, avant de rejoindre le centre hospitalier Léon-Bourgeois comme le prévoyait le projet initial. Le Dr Bénédicte Pluot met en avant la proximité avec les urgences somatiques et psychiatriques. « C’est pratique d’être sur site. Cela évite des déplacements aux patients et à leur famille. Et pour les praticiens, c’est un gain de temps ».

« Une prise en charge intensive »

Quelles sont les missions de cette unité intersectorielle rattachée à l’EPSM de la Marne ? Elle permet une hospitalisation courte (maximum 72 heures) pour évaluer, observer, traiter et orienter le patient adulte, ou pour attendre une place dans l’unité d’admission de secteur. Elle accueille également des consultations en urgence pour des avis psychiatriques, et assure la liaison avec l’ensemble des services de médecine de l’hôpital général, à l’exception de celui dédié aux personnes âgées. « L’UHTP, c’est une prise en charge intensive. Tous les jours, un patient voit un médecin psychiatre et il a deux consultations infirmiers. Dès son arrivée, si besoin, il peut également passer un entretien avec un psychologue », explique le Dr Bénédicte Pluot. L’UHTP accueille des patients adultes en situation de crise suicidaire, anxiété, syndrome dépressif, trouble de la personnalité, décompensation psychotique...

Pour prendre en charge ces personnes en crise, l’équipe médicale reste composée de 3 médecins psychiatres. Le Dr Bénédicte Pluot a été rejointe par le Dr Clémentine Dupont-Gaudin et le Dr Joséphine Christelle. « Nous avons trouvé un bon équilibre. Ces médecins qui viennent d’arriver apportent des idées nouvelles et leur dynamisme, estime le médecin responsable. Si cette unité fonctionne bien, c’est grâce aussi au renfort du Dr Lucile Moniak et ponctuellement des praticiens de l’établissement qui prennent des gardes. »

Dix-sept infirmiers épaulent ces 3 médecins. La même équipe depuis la création de cette unité. « Les soignants se sentent bien ici, constate Bénédicte Hurpin, cadre supérieur de santé. Ils sont capables de prendre des décisions, faire face à des situations parfois compliquées, répondre aux familles. » Le temps que l’équipe reprenne ses repères, 2 aides-soignants sont déployés en soutien pendant six mois.

Selon le Dr Bénédicte Pluot, depuis son ouverture au printemps 2020, l’UHTP a réussi à faire baisser le nombre d’hospitalisation sur les unités d’admission et à faire accéder à des soins psychiatriques certains patients qui ne le souhaitaient pas au départ. « Elle joue pleinement son rôle ».

Lucie Delecray, nouvelle directrice par intérim

26/04/2022

Depuis le 28 mars 2022, Lucie Delecray, directrice adjointe au CHU de Reims, assure les fonctions de directrice par intérim de l’EPSM de la Marne. Elle arrive en terrain connu puisqu’elle a démarré sa carrière hospitalière au sein de l’établissement, d’avril 2005 à décembre 2008. Elle est également la référente, au sein de l’équipe de direction du CHU, de la thématique « psychiatrie et santé mentale ».

« C’est une opportunité d’exercer pour quelques mois une fonction de cheffe d’établissement qui s’est offerte à moi », lance Lucie Delecray, 42 ans, directrice adjointe au CHU de Reims. Le 28 mars 2022, elle a été nommée directrice par intérim de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne, suite au départ à la retraite de Xavier Dousseau. Une fonction qu’elle exerce jusqu’à la nomination d’un directeur/rice. « Le but est de préparer au mieux l’arrivée du successeur de M. Dousseau », précise la directrice d’hôpital.

Lucie Delecray connaît l’établissement puisqu’elle y a travaillé durant trois ans. À la sortie de l’École des hautes études en santé publique (EHESP) à Rennes, elle occupe son premier poste de direction à l’EPSM de la Marne, en tant que directrice adjointe chargée des affaires générales et de la qualité-gestion des risques et. En décembre 2008, Lucie Delecray rejoint le CHU de Reims en tant que directrice de la qualité et de la recherche, puis directrice déléguée de pôles. À ce titre, elle a accompagné les projets du pôle de psychiatrie adulte puis son transfert au sein de l’EPSM de la Marne au 1er janvier 2019.

Elle est aujourd’hui directrice déléguée notamment du pôle Femme-Parents-Enfant dont fait partie le service de psychiatrie infanto-juvénile du Pr Anne-Catherine Rolland. Et elle participe à la construction du parcours de soin des adolescents en souffrance psychique dans la Marne, ainsi qu’aux travaux de la communauté psychiatrique de territoire et de la filière « santé mentale » du Groupement Hospitalier Universitaire de Champagne. « Au CHU de Reims, je suis la référente sur les sujets de santé mentale, indique-t-elle. Je connais ainsi les projets portés par l’EPSM de la Marne et ses partenaires au sein de la Communauté Psychiatrique de Territoire. » C’est donc tout naturellement que l’Agence Régionale de Santé (ARS) Grand Est s’est tournée vers cette femme dynamique pour assurer l’intérim de direction de l’établissement.

« Se donner les moyens de nos ambitions »

Quelle est sa feuille de route ? « Maintenir tout d’abord un copilotage direction - commission médicale d’établissement efficace et un dialogue social de qualité », insiste la directrice par intérim qui veut également poursuivre le travail engagé sur l’attractivité médicale et paramédicale et ce, « afin de se donner les moyens de nos ambitions ». Elle compte par ailleurs tout mettre en œuvre pour « renforcer le service des ressources humaines » à travers le recrutement d’un DRH. Sans oublier de « maintenir des relations de travail constructives entre l’EPSM de la Marne et le CHU de Reims ».

Concernant les différents projets, Lucie Delecray compte notamment aboutir à la signature du contrat territorial en santé mentale avec l’ARS Grand Est, fruit de plusieurs années de travail avec l’ensemble des partenaires de l’EPSMM au sein de la Communauté psychiatrique de territoire ; enrichir l’offre de soins publique en matière de psychiatrie de la personne âgée sur le Nord du département ; définir les conditions d’une ouverture prochaine des lits d’hospitalisation d’urgence pour adolescents, dont l’implantation est prévue au sein du Centre hospitalier de Châlons-en-Champagne, en partenariat avec le CHU de Reims, projet emblématique de la collaboration entre établissements publics de santé au sein du Groupement hospitalier de territoire.

Souvenir, souvenir...
« Je retrouve aujourd’hui un établissement fondamentalement modifié et diversifié dans son offre de soins, avec d’abord le renforcement de l’ambulatoire, mais aussi des projets innovants et de recours comme la structuration d’une offre complète et départementale en addictologie, la professionnalisation de la CUMP et la création sur cette base d’une activité de prise en charge du psychotraumatisme, l’UMD, l’ESPID, C3P-O, la création de lits et d’équipes mobiles de psychiatrie de la personne âgée, etc., et enfin une attention nouvelle et essentielle tournée vers la santé « somatique » des patients accompagnés par l’établissement à travers le pôle de médecine générale, confie Lucie Delecray, le sourire aux lèvres. Architecturalement, le site Pierre-Briquet n’a aussi plus rien à voir. Quand je suis partie, c’était le début des grands travaux. Un effort considérable a été porté au confort hôtelier pour les patients, ainsi qu’aux conditions de travail des professionnels ».

Xavier Dousseau quitte la direction de l’établissement

28/03/2022

Après plus de douze années passées à la direction de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne, Xavier Dousseau part en préretraite. Interview.

Après avoir dirigé l’établissement depuis janvier 2010, vous partez en préretraite. Quel est votre état d’esprit ?

Marqué par la gratitude pour les années passées. Je me suis attaché à cet établissement, ses personnels, ses patients. La psychiatrie est une belle discipline, justement parce qu’elle est pluri disciplinaire, conjuguant approches humaines et scientifiques. Je suis confiant devant la vitalité de l’établissement, gage pour l’avenir, avec les relèves qui vont venir et le nouveau dynamisme qu’elles insuffleront.

En 12 ans, quels sont les projets qui vous ont demandé le plus d’énergie ?

Il n’y a pas de thermomètre pour mesurer l’énergie. On la dépense au quotidien sans s’en rendre compte. D’abord, s’assurer que le service public réponde au besoin du patient, avoir une psychiatrie de service public accessible, partout, pour tous, 24 heures sur 24 », aura été le socle et l’essentiel de ma mission.

Ensuite, enrichir l’offre de soins, avec la création des pôles d’addictologie et de psychiatrie de la personne âgée, du pôle médico-légal, du pôle de médecine générale, puis les centres spécialisés (réhabilitation psychosociale, psychotraumatisme, prévention de la récidive suicidaire, etc.) Réorganiser la psychiatre générale en 2 pôles Sud et Nord Marne pour conforter les collaborations entre équipes, dans une visée à la fois fédératrice et fédérale. Avec la volonté de maintenir présentes, comme complémentaires et indissociables, les approches, protectrice et soutenante léguées par de grands psychiatres, la psychiatrie de secteur, les offres de soins spécialisées et adaptées, la psychiatrie universitaire et ses centres ressources, pour donner aux patients toutes ses chances.

Développer une filière adolescents autour du « parcours patient en hospitalisation », en partenariat avec le CHU de Reims, ce qui demandait de s’harmoniser périodiquement pour créer une équipe médicale de territoire. Mettre en place une cellule de médicalisation du contrôle de gestion (CMCG) pour aider l’établissement dans ses choix stratégiques et donner des outils d’évaluation du service rendu au patient.

Quels bons souvenirs gardez-vous ?

(Presque) tout. Les rencontres avec les patients dans les services. Certains débats, de haute tenue, en CME. Le travail avec la Direction des soins et les cadres supérieurs et cadres de santé. Des relations professionnelles fortes avec des chefs de pôle impliqués, qui m’ont beaucoup soutenu. L’équipe du secrétariat de direction, des affaires générales et de la communication et son esprit chaleureux. Les chantiers de travaux, et leurs marathons, menés avec mon collègue de la DSELTI. Les projets montés en commun dans des comités de pilotage toniques. Les relations avec les représentants du personnel, dans la défense du service public, surtout lorsque nous trouvions un terrain d’accord. La bonne volonté et l’efficacité de collaborateurs constructifs qui trouvent la solution avant de lister les empêchements...

Merci à toutes celles et ceux qui, par leurs soins, donnent un espoir aux patients. Merci à tous ceux qui fédèrent, colmatent les brèches, assurent dans des circonstances difficiles, créent une communauté de travail et de service. Merci pour leur dévouement au service des malades et de leurs collègues.

Ce qui a été le plus difficile...

Le recrutement médical depuis quelques années, particulièrement en pédopsychiatrie et dans le Sud Marne, et actuellement le recrutement d’infirmiers.

Quels chantiers reste-il reste à mener selon vous ?

C’est mon ou ma successeur(e) qui appréciera. Il y aura – parce qu’il est incontournable si nous voulons rester à la hauteur de ce qu’attend de nous la population – le gros chantier de la reconstruction des unités d’hospitalisation rémoises et de la fonction universitaire et de recherche.

Quels sont désormais vos projets ?

Accueillir ce qui va se présenter. Etre disponible.

Une directrice par intérim
Par arrêté de l’Agence Régionale de Santé (ARS) Grand Est, Lucie Delecray, directrice adjointe au CHU de Reims, assure, à compter du 28 mars 2022, la direction par intérim de l’EPSM de la Marne.

Une équipe mobile se met en place à Châlons-en-Champagne

14/03/2022

Faciliter l’accès et la continuité des soins psychiatriques à domicile pour des patients sur le secteur châlonnais : telle est la mission de l’Équipe de Soins Psychiatriques Intensifs à Domicile, dénommée ESPID. Les infirmiers y auront toute leur place. L’équipe est en cours de recrutement.

« Avec la crise sanitaire, on observe un mal-être grandissant, un isolement et un retard de prise en charge », constate le Dr Clémence Renelleau, médecin psychiatre sur le pôle Sud Marne, service d’Épernay. Pour éviter certaines hospitalisations, l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne travaille sur la mise en place d’une Équipe de Soins Psychiatriques Intensifs à Domicile (ESPID).

Un projet initié par le Dr Bernard Rousselot, ancien chef du pôle châlonnais, que le Dr Clémence Renelleau et le Dr Anis Dammak, chef du pôle Sud Marne, ont repris et adapté. « Lors de mon internat, j’ai effectué un stage de six mois en hospitalisation à domicile, dans le service universitaire de psychiatrie au CHU de Bordeaux, raconte-t-elle. Une équipe mobile se déployait depuis plusieurs années et avait fait ses preuves. Les hospitalisations avaient diminué et certaines d’entre elles avaient même pu être évitées. Ce stage m’avait beaucoup plu. »

Avec la fermeture temporaire de l’unité d’admission U3 sur le secteur châlonnais, la création de cette ESPID au sein de l’EPSM de la Marne prend tout son sens. À qui s’adresse-t-elle ? Aux patients adultes suivis par le secteur châlonnais soit en ambulatoire, soit à la sortie d’une hospitalisation, avec leur consentement. « Avant d’entrer dans le dispositif, une évaluation est effectuée par le médecin soit au domicile de la personne, soit dans l’unité où elle est hospitalisée, explique ce psychiatre. À terme, les patients pourront être orientés vers ce dispositif par les médecins traitants. »

Des infirmiers recherchés

Chaque patient suivi par l’ESPID recevra la visite au moins une fois par jour soit du médecin psychiatre, soit de l’Infirmier en Pratique Avancée (IPA), soit d’un infirmier. « En début de semaine, ce sera plutôt celle du médecin pour évaluer l’état du patient et prescrire éventuellement un traitement médicamenteux ; en fin de semaine, plutôt celle de l’IPA pour renouveler la prescription si nécessaire et assurer la coordination avec d’autres acteurs de soins, précise le Dr Clémence Renelleau. La prise en charge étant intensive, l’idée est que cette équipe se déplace tous les jours chez les patients même le week-end et les jours fériés. »

Pour cela, cette équipe mobile sera composée d’un médecin psychiatre, d’un IPA à mi-temps, d’au moins 4 infirmiers pour commencer, d’un psychologue à mi-temps, d’une secrétaire à 20 % et d’une assistante sociale à 10 %. « La prise en charge sera globale, souligne le médecin psychiatre. Il n’y aura pas que des soins. Tout un travail sera également à mener avec le patient et la famille autour de l’éducation à la santé pour améliorer la qualité de vie de la personne suivie. » Dans ce cadre, les infirmiers prendront toute leur place. « Tous les jours, ils auront un rôle de réévaluation clinique et d’accompagnement dans les soins que ce soient somatiques ou psychiatriques, aller à des examens complémentaires, trouver un médecin traitant, mettre en place de l’aide à domicile…, indique-t-elle. Se déplacer au domicile des patients permet de se rendre compte de certaines problématiques que l’on ne voit pas forcément lorsqu’ils sont hospitalisés. » Cette prise en charge intensive sera limitée à un mois, renouvelable une fois.

L’équipe est en cours de constitution. Des infirmiers sont encore recherchés. Dès que l’ESPID sera au complet, elle pourra se déployer sur le territoire châlonnais dans un premier temps. Avant de s’étendre à d’autres services.

Des patients du SMPR ont réalisé une fresque murale

07/03/2022

Une fresque murale de 20 mètres de long et de 2,50 mètres de haut a été peinte par 7 patients hospitalisés à l’hôpital de jour du SMPR qui dépend de l’Établissement Public de Santé Mentale de la Marne, avec l’artiste châlonnaise Pauline Brachet.

À la maison d’arrêt de Châlons-en-Champagne, des formes douces aux couleurs acidulées ornent désormais l’un des murs du service médico-psychologique régional (SMPR) qui dépend de l’Établissement Public de Santé mentale (EPSM) de la Marne. Cette fresque murale de 20 mètres de long et de 2,50 mètres de haut a été peinte par 7 patients hospitalisés à l’hôpital de jour du SMPR, avec l’artiste châlonnaise Pauline Brachet. « Ce projet a été élaboré en collaboration avec le service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP), précise Viviane Lauvaux, cadre de santé. L’objectif est d’habiller le couloir, de l’égayer, de le rendre plus lumineux, et de proposer aux patients une nouvelle activité. »

Après avoir repeint le mur du couloir en blanc, les participants à cet atelier de création ont dessiné des formes arrondies qu’ils ont colorées en bleu ou en rose. Ils étaient encadrés par Tatiana Leyder, infirmière au SMPR, et Joël, surveillant pénitentiaire. « Je voulais quelque chose d’agréable à travailler pour eux. C’est pourquoi j’ai choisi le thème de la douceur, explique Pauline Brachet qui avait animé à l’automne une fresque participative sur le thème de la jungle dans le quartier des femmes détenues. Certains peignaient pour la première fois. J’ai été agréablement surprise par leur autonomie et la rapidité d’exécution. »

« De la détente, du plaisir »

Les patients étaient visiblement heureux de participer à cet atelier de création. « J’ai ressenti chez eux de la détente, voire même du plaisir », confie cet artiste peintre qui a vécu « une chouette expérience ». Tout au long de la semaine, elle a pu observer l’évolution des participants dans la pratique artistique, ainsi que le personnel encadrant. « Ils se sont rendus compte qu’ils y arrivaient. Cela les a rassurés sur leurs capacités et cela leur a donné confiance en eux », constate Tatiana Leyder. « Au début, ils avaient peur de mal faire. Puis, ils se sont rendus compte que ce n’était pas grave, que l’on pouvait revenir sur la forme et la corriger, que ce n’était pas irrémédiable, souligne le surveillant pénitentiaire affecté au SMPR. Se tromper n’empêche pas de rebondir. »

Un message précieux que soignants et surveillants essaient de transmettre continuellement auprès des détenus.

La liberté racontée en BD par des patients de l’UMD

28/02/2022

Dans le cadre de l’appel à projet Culture, Santé et Handicap lancé par l’Agence Régionale de Santé (ARS) Grand Est, 7 patients de l’Unité pour Malades Difficiles (UMD) qui dépend de l’EPSM de la Marne, ont suivi un atelier de bande dessinée animé par l’auteur, Jimm.

Connaissez-vous l’histoire de « La ferme et les animaux » : une bande d’animaux qui veulent s’évader pour aller à la plage et devenir libre ? Cette histoire fantastique et humoristique sur le thème de la liberté a été imaginée et mise en bande dessinée à l’Unité pour Malades Difficiles (UMD).

Dans le cadre de l’appel à projet Culture, Santé et Handicap lancé par l’Agence Régionale de Santé (ARS) Grand Est, 7 patients de l’unité Dagonet ont suivi un atelier de bande dessinée animé par l’auteur sermaizien, Jimm, du 13 au 17 décembre 2021. Pendant 5 séances de trois heures, ils ont imaginé une « histoire simple qui parle à tout le monde », élaboré la mise en scène, ainsi que le contenu de chaque case. « Un travail important a été mené sur les différents personnages, souligne Jimm qui les a guidés. Chacun a réfléchi sur la représentation qu’il en avait. Puis, chacun s’est amusé à les dessiner à plusieurs reprises pour se faire la main, avant de le coucher sur la planche. »

« Avoir davantage confiance en soi »

Ces 7 patients, qui ont travaillé en petits groupes, ont réalisé au total 5 planches en grand format. Tout au long de ces séances, ils étaient encadrés par une ergothérapeute, ainsi que par des soignants des unités Renaudin et Dagonet. « J’ai aimé dessiner, confie un patient. J’ai d’abord fait le crayonné avant de le repasser au feutre. J’ai ensuite tout colorié au crayon de couleurs. » « Trois heures, c’est long mais on a tenu le coup !, souligne un autre. On a terminé ce projet ce qui permet d’avoir davantage confiance en soi. »

L’auteur de BD, qui intervenait pour la première fois à l’UMD, a observé les bienfaits de cet atelier sur les illustrateurs en herbe. « La BD nécessite énormément de concentration. Quand on est dans le dessin, la création, on n’est plus dans ses problèmes, ses soucis de santé », explique Jimm, aide-soignant par ailleurs au centre hospitalier spécialisé de Fains-Veel, dans la Meuse.

Ces bandes dessinées sont exposées dans la salle de sociothérapie de l’UMD. Chaque planche sera également tirée au format A4 pour que chacun de ces patients puisse l’emporter chez lui.

Le Dr Éric Tran de l’EPSM de la Marne élu vice-président de la commission médicale de groupement

03/02/2022

Le 1er février 2022, les membres de la nouvelle commission médicale de groupement du Groupement Hospitalier Universitaire de Champagne (GHUC) ont élu leur président et vice-présidents. Le Dr Éric Tran, président de la commission médicale d’établissement de l’EPSM de la Marne, a été élu à une large majorité au poste de vice-président.

L’élection du nouveau président de la Commission médicale de Groupement (CMG) du Groupement Hospitalier Universitaire de Champagne (GHUC) s’est déroulée le 1er février 2022 au sein du CHU de Reims. Le Pr Philippe Rieu, chef du service de néphrologie du CHU de Reims, a été élu président. La vice-présidence est assurée conjointement par le Dr Éric Tran, président de la CME de l’Etablissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne, et le Dr François Appéré, président de la CME du Centre hospitalier Léon-Bourgeois de Châlons-en-Champagne.

« Je suis très honoré d’avoir été élu à une large majorité (un vote blanc), déclare le Dr Éric Tran. Cette configuration montre l’importance reconnue à la santé mentale tout comme aux établissements partenaires par rapport au CHU de Reims. »

« Un nouvel élan »

Au poste de vice-président, il compte « accompagner le président ainsi que l’ensemble de la commission médicale de groupement dans l’élaboration d’une véritable stratégie médicale territoriale, avec des priorités telles que la meilleure répartition possible de l’offre de soins ainsi qu’une volonté constante de développer notre attractivité ». « Ce travail de maillage territorial et de développement de l’intérêt de nos jeunes collègues pour le secteur public ne peut se concevoir à mon sens que dans l’élaboration de projets réalistes, adaptés aux terrains, nécessitant par conséquent et, avant tout, une dynamique de partenariat entre l’établissement dit support qu’est le CHU de Reims et l’ensemble des établissements inscrits dans le GHT de Champagne, explique le président de la CME de l’EPSM de la Marne. La santé mentale a déjà une longue expérience du travail en réseau et du développement de l’offre de soins sur un territoire donné. En ce sens, je pense que notre discipline peut apporter son expérience à notre GHT tout en bénéficiant de son soutien dans le déroulement de projets communs requérant des ressources tant humaines que matérielles. »

Selon lui, « cette aventure du GHT de Champagne connaît un nouvel élan par le biais de cette première CMG et doit permettre de montrer que la réunion des forces et des différences sont à la base de constructions collaboratives robustes et attractives au service des usagers ».

Institué en septembre 2016, le Groupement Hospitalier Universitaire de Champagne (GHUC) comprend huit centres hospitaliers et sept EHPAD. Son projet médical partagé 2017-2021 se concentre autour de huit filières de soins prioritaires au sein desquelles de nombreuses coopérations médicales sont déjà engagées. La commission médicale de groupement succède au collège médical de territoire du GHT de Champagne. Elle sera chargée d’élaborer le nouveau projet médical partagé 2022-2026 en vue de renforcer encore davantage l’offre de soins sur l’ensemble le territoire.

Quelques orientations phares de l’établissement pour 2022

25/01/2022

Malgré la crise sanitaire, de nombreux chantiers sont lancés. Réorganisation de l’établissement, nouvelles offres en psychiatrie adultes, addictologie, psychiatrie de la personne âgée… tour d’horizon des principaux projets qui vont marquer l’année 2022.

1 Mise en place de 2 pôles et services

Dans le cadre de la loi RIST du 26 avril 2021 qui rénove la gouvernance hospitalière, l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne a réorganisé ses pôles de psychiatrie générale adultes. Depuis le 1er janvier 2022, il ne compte plus que 2 pôles contre 4 auparavant : 1 pôle Nord Marne qui couvre Reims et son agglomération avec 4 services (04, 05, 06 et G10) ; et 1 pôle Sud Marne qui regroupe les agglomérations de Châlons-en-Champagne, Épernay, Vitry-le-François et Sézanne. « L’objectif est de permettre davantage de coopération entre les différents services des 2 pôles, créer des spécialités qui peuvent servir à tous les secteurs tout en maintenant la sectorisation et les soins de proximité », explique Xavier Dousseau, directeur. L’année 2022 sera consacrée au déploiement de cette organisation avec la création de nouveaux services.

2 Création d’équipes de soutien et d’un pool de remplacements

Pour renforcer les effectifs en intrahospitalier, l’établissement va créer 2 équipes de soutien de 12 postes chacune. L’une sera basée à Reims ; la seconde, à Châlons-en-Champagne. « Le but est de soutenir les équipes en place, d’aider à réduire l’isolement et la contention au sein des unités, indique Xavier Dousseau. En renforçant les effectifs, cela devrait nous permettre d’avoir une présence plus forte auprès des patients difficiles. »
Un pool de remplacements devrait également être mis en place. « L’idée est de disposer d’une équipe de professionnels de soins pour remplacer des agents en congés maternité, maladie, etc. », précise le directeur. Ce pool sera piloté par la Direction des soins, en lien avec la direction des ressources humaines.

3 Organisation du parcours de soins des ados

Après la création de l’Unité Mobile d’Orientation Pédopsychiatrique (UMOP) en août dernier en partenariat avec le CHU de Reims, le parcours des adolescents en hospitalisation s’organise. Il devrait permettre - avec un effectif médical provenant du CHU de Reims - l’ouverture cette année de lits d’urgence sur les sites de Châlons et de Reims et en 2023, d’une unité séquentielle de 12 places au sein du centre hospitalier de Châlons.

4 Développement de l’offre en addictologie

Le pôle d’addictologie de la Marne développe un projet d’hôpital de jour de 5 places à Reims. Il s’agit d’une prise en charge ambulatoire spécifique de patients présentant une problématique addictive associée ou non à des dommages médico-psychologiques induits nécessitant un cadre de soin adapté en maintenant un lien environnemental et préservant l’insertion sociale et familiale. C’est un outil complémentaire qui s’appuie sur des unités déjà effectives à Reims du pôle d’addictologie (USCAR, CAMP/CATTP...).
Par ailleurs, dans le cadre de projets innovants, le service de Soins de Suite et de Réadaptation en Addictologie (SSR-A) de Châlons-en-Champagne devrait s’étendre pour accueillir 10-15 lits pour les troubles cognitifs liés aux addictions (sous réserve d’effectif médical suffisant). Il s’agit de séjours de 6 mois à 1 an de remédiation cognitive. Le but est de restaurer, renforcer, compenser les capacités cognitives altérées de ces patients et ainsi contribuer à améliorer leur autonomie et leur insertion socio-professionnelle.

5 Mise en place d’une équipe mobile à Châlons

Une Équipe de Soins Psychiatriques Intensifs à Domicile (ESPID) va se déployer sur le pôle Sud Marne, à Châlons-en-Champagne tout d’abord. Une équipe mobile, constituée d’un médecin psychiatre, d’un infirmier en pratique avancée et d’infirmiers, se déplacera au domicile des patients adultes une fois par jour, y compris le week-end et les jours fériés. « L’objectif est d’éviter certaines hospitalisations, indique le Dr Clémence Renelleau. Ce nouveau dispositif devrait également permettre de soigner des personnes qui n’ont pas envie d’aller à l’hôpital. » La prise en charge sera limitée à un mois, renouvelable une fois.

6 Développement de la psychiatrie de la personne âgée

La prise en charge de la psychiatrie de la personne âgée se développe sur le pôle Nord Marne, avec le projet d’un hôpital de jour à Reims, le déménagement de l’équipe mobile de psychiatrie de la personne âgée au 34 rue Ponsardin (2e étage), ainsi que l’installation de lits d’hospitalisation. Par ailleurs, un centre de ressources pour l’ensemble de la région Grand Est doit voir le jour à Reims. Il s’agit d’un centre d’enseignement et de recherche, un centre d’expertise. Le projet a été envoyé à l’ARS Grand Est.

7 Prévention des départs en Belgique

L’ARS Grand Est a lancé en 2021 un appel à manifestation d’intérêt pour la prévention des départs en Belgique. Grâce à un partenariat renforcé entre l’EPSM de la Marne, la MDPH, le centre post-cure l’Amitié et le réseau Abilis, le projet vise à proposer des alternatives dans le parcours des personnes en établissements sanitaires et médico-sociaux afin de prévenir les risques de rupture, susceptibles d’engendrer des départs en Belgique. Dans ce cadre, une équipe mobile sanitaire d’appui aux établissements médico-sociaux a été constituée. Elle intervient dans plusieurs établissements de la Marne, dont la Maison d’Accueil Spécialisée (MAS) Le Pré Saint-Jacques.
Pour compléter le dispositif, l’EPSM de la Marne, en coordination avec un foyer situé près de Troyes - Le rêve d’Aurore qui fait partie du réseau belge Abilis -, va créer une Maison d’accueil temporaire de 6 places et une Maison d’accueil et de stabilisation de 6 places. Un bâtiment est en cours d’acquisition à proximité de Reims. L’ARS Grand Est a alloué une enveloppe budgétaire de plus de 800 000 euros pour ce nouveau projet. Ces deux maisons devraient ouvrir leurs portes au 1er semestre 2023.

Les premiers infirmiers en pratique avancée sur le terrain

23/12/2021

Depuis le 1er juillet 2021, trois Infirmiers en Pratique Avancée (IPA) sont en poste au sein de l’Établissement public de santé mentale de la Marne. Ils expliquent leur nouveau métier, à mi-chemin entre l’infirmier et le médecin.

Ils ont à cœur de valoriser leur nouvelle profession et développer leurs nouvelles missions, qui visent l’amélioration de l’accès et de la qualité des soins dispensés aux patients souffrant d’un trouble psychique. « Ils » sont les trois Infirmiers en Pratique Avancée (IPA) qui ont rejoint l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne. Depuis le 1er juillet 2021, Ludovic Pourcelot est affecté sur le pôle de psychiatrie universitaire, en psychiatrie de liaison ; Mélissa Poirot et Cécile Lebel, le pôle Sud Marne.

Le diplôme d’État d’IPA leur a été délivré après deux années de formation à la Faculté de médecine. Il confère un grade universitaire de niveau master II. « La pratique avancée, développée depuis plusieurs années dans le monde anglo-saxon, permet à des infirmiers diplômés d’État de se voir déléguer des actes relevant des compétences médicales », expliquent ces trois professionnels. En France, c’est l’article 119 de la Loi du 26 janvier 2016 de modernisation du système de santé qui a impulsé la mise en place des IPA. Ce dispositif répond à de nouveaux enjeux de santé publique dont la pénurie médicale, de psychiatres notamment. « Il s’agit de libérer du temps médical et d’améliorer l’accès aux soins des patients, notamment au niveau des centres médico-psychologiques », déclarent M. Pourcelot, Mme Poirot et Lebel.

De nouvelles perspectives de carrière

La pratique avancée doit ainsi permettre le développement d’actions de promotion de la santé et de prévention primaire, une meilleure articulation des parcours entre ville et hôpital, le développement des savoirs infirmiers et de la recherche paramédicale. Elle est aussi un moyen d’offrir de nouvelles perspectives de carrière pour les infirmiers et de nouvelles possibilités de coopération.

À Reims, avec une équipe rattachée au pôle de psychiatrie universitaire, Ludovic Pourcelot intervient désormais à la demande des services du CHU de Reims auprès de patients adultes qui y sont hospitalisés. Cécile Lebel, elle, travaille dans les trois unités d’hospitalisation de moyenne et longue durée du pôle Sud Marne : U4, Séraphine de Senlis, et Henri Wallon. « Je mène actuellement une mission de formation et d’accompagnement des soignants des équipes dans l’élaboration des synthèses et des projets de soins des patients, explique-t-elle. Je travaille également en collaboration avec les cadres sur le projet des unités de moyen et long séjour. Et j’élabore un projet de formation à destination des soignants récemment arrivés dans ces unités concernant les pathologies, la clinique et les thérapeutiques psychiatriques… » Quant à Mélissa Poirot, elle rejoindra l’Équipe de Soins Psychiatriques Intensifs à Domicile (ESPID) dès sa mise en place.

Quelles sont les compétences des IPA ?
Les compétences de l’infirmier en pratique avancée ont été fixées par le décret 2018-629 du 18 juillet 2018 complété par le décret 2019-835 du 12 août 2019. L’IPA est en mesure d’évaluer de façon globale l’état de santé du patient en relais des consultations médicales, de définir et mettre en œuvre le projet de soins. La coopération entre l’IPA et le psychiatre est alors formalisée dans un protocole d’organisation, qui précise les domaines d’intervention concernés, les modalités de prise en charge, la régularité des échanges d’informations, et les conditions de retour du patient vers le médecin dans le cadre de son suivi. L’IPA a aussi d’autres compétences. Il organise les parcours de soins et de santé des patients en collaboration avec l’ensemble des acteurs concernés. Il peut concevoir et mettre en œuvre des actions de prévention et d’éducation thérapeutique. Il conduit des actions d’évaluation et d’amélioration des pratiques professionnelles, des actions de formation et d’enseignement. Enfin, l’IPA contribue à la recherche, l’analyse et la production de données professionnelles et scientifiques.

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