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Actualités

Comment prévenir le risque suicidaire chez un patient ?

20/01/2020

Une nouvelle formation a commencé au sein de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne : la prévention du risque suicidaire. Destinée aux infirmiers, psychologues, assistants sociaux et médecins, elle doit leur permettre de reconnaître les signes de détresse chez les patients, d’évaluer le risque de passage à l’acte et d’adapter leur intervention.

Retarder le plus possible le passage à l’acte suicidaire pour laisser la place au soin : tel est l’objectif principal de la formation sur la prévention du risque suicidaire qui a démarré les 18 et 19 novembre 2019 au sein de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne.

Quinze infirmiers s’étaient inscrits à cette première session qui dure trois jours. « La première partie s’avère théorique. On aborde la notion de suicide, l’épidémiologie, les idées reçues, la particularité du suicide en milieu psychiatrique », explique le Dr Vincent Scherr, pédopsychiatre au pôle infanto-juvénile d’Épernay-Sézanne de l’EPSM de la Marne et formateur régional avec Carine Léon, psychologue au pôle rémois 05. Le modèle théorique psychosocial de la crise suicidaire y est développé. Tout comme les interventions de crise avec des outils d’évaluation. « Il n’y a pas uniquement des paroles explicites mais aussi de petits signes allusifs, de petits gestes qui peuvent survenir avant le passage à l’acte suicidaire », rappelle le Dr Vincent Scherr.

Pour travailler les techniques d’entretien avec des patients suicidaires, les deux formateurs n’hésitent pas à mettre en situation les participants dans des jeux de rôle. « Le but est qu’ils développent, qu’ils optimisent leur capacité à repérer une personne en phase de crise suicidaire et à apporter une aide appropriée, adaptée pour éviter le passage à l’acte », précisent le Dr Vincent Scherr et Carine Léon.

« Un risque fort en psychiatrie »

« Le risque suicidaire est un risque fort en psychiatrie qui est identifié comme tel par l’établissement et posé au Compte Qualité thématique Parcours du patient, indique Marie-José Mouchot, directrice adjointe - coordonnateur des risques associés aux soins. C’est la raison pour laquelle nous avons mis en place un panel d’actions. » La formation systématique des professionnels à la prise en charge de patients présentant un risque suicidaire, recommandée par la Haute Autorité de Santé (HAS) lors de la visite de certification en avril dernier, en fait désormais partie.

Une formation que les 15 infirmiers ont trouvée « très enrichissante » et particulièrement « accessible ». La plupart d’entre eux se sentent désormais « plus à l’aise ». « On est mieux armé, on a des outils supplémentaires pour faire face à un patient en crise suicidaire, confie Mathilde, infirmière dans un centre médico-psychologique (CMP). On peut tous être confronté à ce type de situation quelle que soit la structure dans laquelle on travaille. »

La première session s’achève le 28 janvier 2020. Une deuxième session est d’ores et déjà programmée les 3 et 4 février 2020, ainsi que le 18 mars, sur le site rémois de l’établissement. Elle sera animée par le Dr Éric Tran, médecin psychiatre à G10, et Nezlie Lefevre, psychologue clinicienne au CHU de Reims, tous deux formateurs régionaux. À terme, l’ensemble des soignants devrait être formé à la prévention du risque suicidaire. Comme l’annonce Marie-José Mouchot : « cette formation a vocation à être pérenne ».

Le premier Contrat Local de Santé de Châlons signé

07/01/2020

Le premier Contrat Local de Santé de Châlons-en-Champagne a été signé le 20 décembre 2019 entre l’État, l’ARS Grand Est, l’Éducation nationale, la Région, le Département de la Marne, la Communauté d’Agglomération de Châlons-en-Champagne, la Ville de Châlons-en-Champagne, le Centre communal d’action sociale de Châlons-en-Champagne, la CPAM, la CAF de la Marne et la CARSAT Nord-Est.

C’est à l’hôtel de ville que l’État, l’ARS Grand Est, l’Éducation nationale, la Région, le Département de la Marne, la Communauté d’Agglomération de Châlons-en-Champagne, la Ville de Châlons-en-Champagne, le Centre communal d’action sociale de Châlons-en-Champagne, la CPAM, la CAF de la Marne et la CARSAT Nord-Est, ont signé le premier Contrat Local de Santé de Châlons-en-Champagne.

C’est un outil partenarial de lutte contre les inégalités sociales, territoriales et environnementales de santé. Son objectif : améliorer l’état de santé de la population du territoire concerné.

L’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne s’est notamment engagé dans une action : l’amélioration des conditions d’accueil de la Passerelle jeunes à Châlons-en-Champagne.

Vers une prise en charge spécifique des psychoses débutantes à Reims

23/12/2019

Un Centre de Prise en charge Précoce des Psychoses et d’Orientation (C3P-O) vient d’être créé au sein du pôle universitaire de psychiatrie, à Reims. Son objectif : repérer et traiter très tôt les jeunes adultes ayant une psychose débutante pour atténuer, voire éviter, la maladie comme la schizophrénie.

C’est pour éviter que le parcours de vie de jeunes adultes ne se rompent brutalement après un premier épisode psychotique que le Centre de Prise en charge Précoce des Psychoses et d’Orientation (C3P-O) a été créé officiellement le 4 novembre 2019 à Reims, au sein du pôle universitaire de psychiatrie dirigé par le Pr Kaladjian. « C’est une structure intersectorielle ayant vocation à compléter l’offre de soins existante », résume le Dr Céline Bera-Potelle, médecin responsable de C3P-O. S’adressant spécifiquement aux 18-25 ans, cette unité de soins psychiatriques vise à limiter le « désengagement » des soins par les patients après un premier épisode psychotique en proposant une prise en charge intensive et adaptée aux jeunes.

Le Dr Céline Bera-Potelle et son équipe sont parties d’un constat : le premier épisode psychotique apparaît généralement entre 15 et 30 ans mais la prise en charge clinique n’intervient en moyenne qu’au bout de deux ans. « En proposant des soins rapides, individuels et intensifs, on peut limiter les rechutes, les risques de dépression et le déclin cognitif », précise l’équipe. En clair, éviter la chronicisation de la maladie et aider à la réinsertion socio-professionnelle du jeune patient.

« Penser le soin autrement »

Pour cela, le délai de rendez-vous a été raccourci. « Nous nous engageons à recevoir le patient dans les 72 heures après sa demande », assure le Dr Céline Bera-Potelle. Dès l’arrivée du jeune adulte, un bilan initial pluridisciplinaire (clinique, neuropsychologique, socio-éducatif) est effectué. Puis, si l’admission au C3P-O est confirmée, un projet de soins individualisé est établi. « Nous allons offrir aux patients des soins spécifiques comme l’éducation thérapeutique, la remédiation cognitive ou l’aide au développement d’habiletés sociales », souligne le médecin psychiatre.

Tout au long de la prise en charge, le jeune adulte sera suivi par un infirmier référent avec lequel il pourra communiquer à tout moment via notamment le téléphone portable « afin de maintenir le lien ». Chaque patient sera également accompagné dans son milieu de vie. « L’idée est de favoriser la coordination avec d’autres structures comme la psychiatrie, la médecine générale, le médico-social, l’Éducation, le milieu professionnel…, indique le Dr Céline Bera-Potelle. En fait, il s’agit de penser le soin autrement. » Les patients seront suivis jusqu’à 5 ans après le premier épisode psychotique.

Une équipe a été constituée. Elle est composée d’1 médecin psychiatre (Dr Mariateresa CAIAZZO), d’une psychologue/neuropsychologue, de 3 infirmiers, d’une éducatrice à mi-temps, d’un cadre de santé, d’une assistante sociale et d’une secrétaire. C3P-O devrait emménager au premier trimestre 2020 dans des locaux dédiés, rue Ponsardin.

À terme, cette nouvelle unité de soins devrait évoluer vers le dépistage des « ultra hauts risques », c’est-à-dire des personnes qui ont des symptômes a minima de psychose et qui ont des antécédents familiaux. « Elles ont de petits signes et une vulnérabilité génétique, explique le Dr Céline Bera-Potelle. Le but est de les dépister précocement pour éviter qu’elles ne basculent dans la maladie. »

Une formation lancée à Reims pour aider les proches de patients schizophrènes

19/11/2019

L’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne met en place Profamille à Reims. Il s’agit d’un programme de formation destiné aux familles de personnes souffrant de schizophrénie et troubles apparentés, pour prendre soin d’eux et ainsi aider leur proche à aller mieux.

Anxiété, frustration, souci, inquiétude… voilà ce que ressentent les familles d’un proche atteint de schizophrénie. « L’état de santé des proches est comparable à des personnes de 5 et 10 ans plus âgées. Ils ont également recours plus fréquemment à des arrêts de travail ou à des hospitalisations », a souligné d’emblée le Dr Mireille Wazen, médecin psychiatre au pôle rémois 05 de l’EPSM de la Marne.

C’est pour aider ces familles qu’elle a lancé officiellement le programme Profamille, le 27 septembre 2019 à Reims, en partenariat avec l’Unafam. Il s’agit d’un programme psychoéducatif initié au Canada et décliné dans plusieurs villes de France, dont Charleville-Mézières pour l’ex-région Champagne-Ardenne.

Son objectif est simple : permettre aux familles de comprendre la maladie qui touche leurs proches, apporter un soutien plus efficace face à leurs troubles : savoir mieux faire appel au système de soins, gérer ses émotions, gérer les troubles des comportements constatés. « C’est apprendre soi-même pour mieux faire face, a expliqué le Dr Mireille Wazen devant une quarantaine de personnes concernées. On veut favoriser l’empowerment ce terme anglais qui veut dire donner l’autonomie aux personnes pour gérer leurs difficultés du quotidien et minorer leurs effets au long terme (réduire le risque de rechute, améliorer les capacités de resocialisation du proche). »

Permettre une déculpabilisation

Profamille est un programme structuré avec un contenu défini et standardisé dédié aux familles, « un partenaire naturel des soins » selon Rose Sita, psychologue. Il est organisé en deux modules. Le premier comprend quatorze séances de quatre heures, avec des exercices à faire à la maison. Le second, quatre séances de quatre heures. « Pour que cela fonctionne, il faut suivre les deux modules en entier », a précisé Florent Paroche, psychologue formé aux TCC (thérapies comportementales et cognitives). Les premières séances, consacrées à la description de la maladie, permettent de « déculpabiliser » et de remettre en question les idées reçues. « Ce n’est pas la faute des parents », a rappelé le psychologue. Les ateliers suivants permettent de mieux gérer les crises, d’apprendre à souligner les progrès effectués, de repérer les moments où il faut demander une aide.

Est-ce que ce programme fonctionne ? « Oui, a répondu le Dr Mireille Wazen. La Haute Autorité de Santé le recommande. Après le traitement médicamenteux, la psychoéducation des familles demeure l’intervention la plus efficace pour réduire les rechutes. » Lors de la réunion de lancement de Profamille à Reims, des familles ayant suivi le programme à Charleville-Mézières assurent avoir retrouvé un certain apaisement. « Ça m’a permis de rencontrer des gens qui vivent la même situation, d’échanger avec eux, c’était très enrichissant. Ça m’a permis aussi d’enlever la culpabilité », a confié Patrick, père d’un enfant atteint de schizophrénie depuis dix-huit ans. Il a ajouté avoir pour seul regret ne pas avoir pris connaissance de ce programme plus tôt. « Ça m’a aidée dans la gestion des émotions, a poursuivi sa conjointe Myriame. On se sent mieux. »

Contact : profamille@epsm-marne.fr

L’EPSM de la Marne ouvre une unité de médecine générale à Châlons-en-Champagne

04/11/2019

L’EPSM de la Marne développe son offre en soins somatiques dédiée aux patients hospitalisés en psychiatrie. À Châlons-en-Champagne, une unité de médecine générale est ainsi créée à compter du 1er novembre 2019.

Améliorer la prise en charge somatique des personnes hospitalisées sur l’EPSM de la Marne : telle est la mission de l’Unité de médecine générale qui est désormais créée au sein de l’établissement. « Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, 8 millions de décès prématurés dans le monde sont liés aux troubles psychiatriques. L’espérance de vie est écourtée de 10 à 20 ans et le taux de mortalité est 3 à 5 fois supérieur chez les patients présentant des troubles psychiatriques, a rappelé Angélique Berçot, cadre supérieur de santé. Les principales causes de décès : les maladies cardiovasculaires et celles liées au tabac. »

Sous la responsabilité du Dr Maëlle Cravero, cette unité a pour ambition de développer la prévention dans le domaine de la nutrition et de la gynécologie, le dépistage des maladies cancéreuses (sein, côlon, col de l’utérus, prostate, etc.), ainsi que la mise à jour des vaccins et leur suivi. Elle permettra également aux patients hospitalisés au long cours d’avoir un médecin traitant s’ils n’en ont pas et d’obtenir, si besoin, les prises en charge pour les affections de longue durée ; de travailler en relation avec la médecine de ville généralistes et spécialistes et les médecins hospitaliers MCO participant à la prise en charge du patient.

Trois demi-journées de consultation

Pour cela, les anciens locaux du CRIAVS-CA (Centre Ressources pour les Intervenants auprès des Auteurs de Violences Sexuelles de Champagne-Ardenne) ont été transformés en unité de consultation de médecine générale. À l’intérieur, une salle de soins, trois bureaux (médecin, cadre infirmier). « En disposant d’une table d’examen gynécologique, nous pourrons assurer le suivi », se réjouit le Dr Maëlle Cravero, médecin généraliste sur le secteur de Châlons, d’Épernay, Sézanne et Vitry-le-François. L’unité sera également équipée de matériel d’exploration comme le Bladder Scanner par exemple qui permet le diagnostic des rétentions d’urine.

Cette équipe sera épaulée dans ses missions par un cadre de santé paramédical, Mme Voiney, et pour commencer par 5 infirmières issues des unités de long séjour des pôles ZEP, ZVI, ZSE, et une secrétaire. Dans un premier temps, le Dr Maëlle Cravero assurera 3 demi-journées de consultations – les mardis, mercredis et jeudis matins – pour les patients des secteurs de Châlons-en-Champagne, Vitry-le-François, Sézanne et Épernay. « Dans un second temps, lorsque l’équipe médicale et paramédicale sera renforcée, nous pourrons ouvrir les plages de consultation à d’autres unités d’hospitalisation », prévient Angélique Berçot.

Cette Unité de médecine générale se voulant intersectorielle, un cabinet de consultation sera à terme installé sur le site rémois de l’EPSM de la Marne. Selon la cadre supérieure de santé, « la mise en place de cette organisation sur les deux sites de l’établissement serait attractive pour la formation des internes de médecine générale et permettrait à terme d’améliorer la prise en charge du handicap psychique en médecine de ville ».

Comment fonctionne la Cellule d’Urgence Médico-Psychologique ?

21/10/2019

Les Cellules d’Urgence Médico-Psychologique (CUMP) interviennent en cas d’événement qui peut déclencher un psychotraumatisme. Dans la Marne, le médecin référent est le Dr Getten, chef du pôle rémois ZR5 à l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne. Il s’appuie sur 85 professionnels volontaires.

La collision entre une voiture et un train à Avenay-Val-d’Or provoquant le décès de 4 personnes dont 3 enfants le 15 juillet 2019. La noyade d’une étudiante de 19 ans, inscrite en Staps à l’Université de Reims Champagne-Ardenne, le 19 janvier 2016 à la piscine Orgeval de Reims lors d’une séance d’entraînement. L’effondrement d’un immeuble de trois étages à Witry-lès-Reims le 3 avril 2013 après une explosion au gaz, faisant 4 morts.

Ces événements dramatiques ont nécessité l’intervention de la CUMP, la cellule d’Urgence Médico-Psychologique. Ce dispositif a été créé suite à l’attentat dans la station RER-Saint-Michel à Paris le 25 juillet 1995 faisant 8 morts et 150 blessés. Il a ensuite été déployé dans chaque département. Le Dr Fabien Getten, chef du pôle rémois ZR5 à l’Établissement public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne, est le médecin référent dans la Marne et dans l’ex-région Champagne-Ardenne. « Quelle que soit la situation, les personnes qui veulent déclencher une CUMP contactent le Centre 15. Le médecin-régulateur me contacte, il me décrit la situation et ensemble, on décide si on se rend sur place ou pas », précise-t-il.

Composée de 85 professionnels volontaires de l’EPSM de la Marne (dont 8 psychiatres, 9 cadres de santé, 9 psychologues, 56 infirmiers de tous les pôles), la CUMP prend en charge immédiatement ou dans les trois premiers jours les impliqués d’un événement traumatique à retentissement psychologique fort. « Il y a les impliqués directs comme par exemple le conducteur du train et les passagers lors du drame d’Avenay-Val-d’Or ; les impliqués indirects c’est-à-dire les conjoints et enfants des personnes décédées, les familles et amis. Sans oublier les intervenants : les sapeurs-pompiers, les gendarmes qui travaillaient sur place », explique le Dr Getten. Un soignant prend généralement en charge entre 5-6 impliqués.

« Libérer la parole »

Quel est son rôle ? « On propose aux impliqués un temps d’écoute. On les laisse raconter ce qu’ils viennent de vivre. Libérer la parole, c’est primordial pour avancer. Il faut pouvoir exprimer les choses même si c’est difficile, indique le médecin référent de la CUMP. En même temps, on évalue les impliqués d’un point de vue clinique : on regarde si certains sont agités, prostrés, etc. Si on repère une personne en situation de stress dépassé, on peut demander au Samu un transfert vers les urgences pour une hospitalisation. »

Ces professionnels volontaires disposent d’une mallette à l’intérieur de laquelle sont soigneusement rangés ordonnances, médicaments, certificats médicaux, coordonnées de tous les Centres Médico-Psychologiques (CMP) de la Marne, couvertures de secours, lampe de poche, ordinateur, jouets pour enfants, crayons de couleur… La prise en charge peut être individuelle ou collective selon les cas. Elle ne s’arrête pas là. Dans les jours qui suivent, un débriefing avec les impliqués est organisé. « Le but est de prévenir un état de stress post-traumatique », résume le Dr Getten. Pas question toutefois de suivre les impliqués dans le temps. Ces derniers sont orientés si nécessaire vers les CMP.

Si la CUMP n’a été déclenchée qu’une seule fois depuis le début de l’année, elle a en revanche été sollicitée 4 fois en 2018. Elle est même intervenue en renfort à Strasbourg après l’attentat du marché de Noël perpétré le 11 décembre. Là, 1 200 personnes s’étaient présentées à la CUMP en sept jours. « On a rencontré beaucoup d’angoisse et d’incompréhension, de culpabilité aussi, celle d’avoir été épargnée par le tueur », confie le Dr Getten, avant d’ajouter : « On doit s’adapter à chaque nouvelle situation ».

À Châlons-en-Champagne, le festival War On Screen s’affiche à la Maison d’Accueil Spécialisée

04/10/2019

Pour la deuxième année consécutive, dans le cadre du festival War On Screen, un cinéma nomade s’est installé le temps d’une matinée à la Maison d’Accueil Spécialisée Le Pré Saint-Jacques, de l’EPSM de la Marne, à Châlons-en-Champagne.

De l’extérieur, il s’agit d’une toute petite caravane. Mais à l’intérieur, c’est une véritable salle de… cinéma de 15 places avec grand écran, banquettes rouges, murs noirs qui a été aménagée. Comme dans n’importe quel ciné, Jean-Baptiste Delgrange, animateur à l’association bretonne Le Cercle, distribue à l’entrée un ticket à chaque spectateur. Pour la deuxième année consécutive, la Maison d’Accueil Spécialisée (MAS) Le Pré Saint-Jacques a accueilli un cinéma mobile (Court Circuit) dans le cadre du festival War On Screen.

Trois courts-métrages d’animation sur le thème de la guerre ont été projetés le mercredi 2 octobre 2019 devant une trentaine de résidents au total accompagnés de soignants. « À chaque fois, nous prenons en compte les différents types de spectateurs que nous accueillons, précise Jean-Baptiste Delgrange. Nous avons choisi de programmer des courts-métrages centrés sur le visuel : il n’y a pas de dialogue, pas de texte oral. Nous avons souhaité projeter des esthétiques différentes qui peuvent être émouvantes, impressionnantes et ludiques. »

« Ça m’a beaucoup plu »

À la fin de chaque séance, les résidents de la MAS arboraient le sourire. « C’était bien ! », lance tout de go Jean-Claude. « Ça fait drôle de regarder des films dans une salle minuscule mais c’était bien quand même, ça m’a beaucoup plu. Je suis prête à le refaire », confie ravie Yasmine qui a particulièrement aimé le dernier court-métrage « Bon voyage » de Fabio Friedli. Ce film raconte le périple éprouvant de migrants pour atteindre la « Forteresse Europe ».

Pour les résidents de la MAS, la projection de films ne s’arrête pas à ce festival. Une fois par mois, ils participent à l’activité CinéMas. Un long-métrage leur est proposé dans la salle des fêtes. À l’affiche ce mois-ci : « Aladdin ».

Dépression, schizophrénie : l’EPSM de la Marne parmi les meilleurs

20/09/2019

L’hebdomadaire Le Point a publié son palmarès des hôpitaux et cliniques pour l’année 2019. L’Établissement Public de Santé Mentale de la Marne gagne une dizaine de places. Il se retrouve bien noté dans le traitement de la schizophrénie et de la dépression.

L’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne est le 10e meilleur hôpital psychiatrique pour le traitement de la schizophrénie. C’est ce que relève l’hebdomadaire Le Point dans le classement annuel des cinquante meilleurs hôpitaux publics de France publié le 22 août 2019. Avec une note s’élevant à 17,34 sur 20, l’établissement gagne une dizaine de places par rapport à 2018 et à 2017 où il figurait respectivement en 28e et en 26e position.

Autre spécialité où l’EPSM de la Marne se retrouve bien noté : la prise en charge de la dépression. Là, il se classe 11e sur 50 avec une bonne note de 17,20 sur 20. Il fait mieux qu’en 2017 où il avait obtenu 17,03 mais figurait à la 10e place. En 2018, il était en revanche redescendu à la 27e place.

Investissement et professionnalisme des équipes

« Même si l’on connaît les limites d’un tel classement (indicateurs réducteurs, pondération des critères retenus, etc.), il faut y voir le reflet d’une activité soutenue, le fait de bien remplir notre mission de service public, à jeu égal avec les principaux établissements français de psychiatrie, se réjouit le directeur, Xavier Dousseau. C’est la reconnaissance de l’investissement et du professionnalisme des équipes par une enquête qui s’est imposée dans le paysage français. C’est montrer qu’il est possible d’avoir une psychiatrie de qualité dans un département de taille moyenne, et encourager de jeunes psychiatres à rejoindre les équipes existantes. »

Pour établir ce classement, l’hebdomadaire Le Point {} s’est limité aux établissements publics. Il s’est basé d’une part sur le Recueil d’information médicalisé en psychiatrie (RIM-P) qui concerne toutes les hospitalisations, à temps plein comme à temps partiel, ainsi que toute l’activité de consultation externe réalisée ; d’autre part, sur les réponses au questionnaire adressé à l’établissement. Y figuraient notamment la pratique ou non lors de toute hospitalisation d’un patient d’un examen clinique somatique, d’un bilan biologique et d’un électrocardiogramme ; un accueil immédiat ou non des patients par un membre du personnel soignant au sein du ou des CMP.

À Reims, coopération réaffirmée dans le parcours de soins des patients souffrant de handicap psychique

06/09/2019

L’Etablissement Public de Santé Mentale de la Marne et l’association l’Amitié ont signé une convention cadre le mercredi 4 septembre 2019, à Reims.

La coopération entre l’Etablissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne et l’association l’Amitié a été réaffirmée et amplifiée dans une convention cadre qui vient d’être signée. Cette coopération, qui date de 1997, permet d’améliorer la continuité du parcours de soins du patient souffrant de handicap psychique, en évitant les ruptures de prise en charge ou les hospitalisations inadéquates.

L’Agence Régionale de Santé (ARS) Grand Est avait en effet souhaité que cette coopération soit renforcée et prenne un nouveau tournant avec la signature de cette convention. Trois axes sont ainsi définis :

  • Renforcer le partenariat (les deux directions s’appuyant l’une sur l’autre).
  • Assurer une complémentarité et qualité des activités de soins (par la formation professionnelle, la continuité du parcours de soins).
  • Faciliter la réalisation de projets communs (l’EPSMM met, par exemple, à disposition son directeur des travaux pour la reconstruction future des bâtiments de l’Amitié).

Prévenir les réhospitalisations

Grâce à son Centre de postcure, l’Amitié accueille majoritairement des patients psychotiques adressés par les secteurs marnais de psychiatrie de l’EPSM. Les projets de soins et d’accompagnement permettent le maintien de la stabilité psychique et la réinscription dans la vie ordinaire de ces patients et ce, malgré la maladie. Le Service d’Accompagnement à la Vie Sociale (SAVS), le Service d’Accompagnement à la Vie Sociale Renforcé (SAVSR) et le Service d’Accompagnement Médico-Social pour Adultes Handicapés (SAMSAH), portés également par l’Amitié, permettent, quant à eux, de prévenir les réhospitalisations des patients suivis à domicile et dispensent l’accompagnement nécessaire aux patients au sortir d’une hospitalisation.

« Cette coopération avec l’EPSM de la Marne est une bonne chose pour notre association. C’est la reconnaissance du rôle que l’on joue dans le parcours du patient », ont déclaré Jean-Marie Boulanger, président de l’association l’Amitié, et Mireille Wojnarowski, vice-présidente. « Le partenariat entre nos deux structures demeure de longue date. Cette convention cadre vient la développer », a précisé Xavier Dousseau, directeur de l’EPSM de la Marne, avant d’ajouter : « Vous êtes un dispositif de soins d’aval nécessaire et reconnu ».

La réalité virtuelle mise en place à Châlons-en-Champagne pour soigner les phobies

05/08/2019

Peur du vide, des insectes, des espaces clos, de la conduite automobile… au Centre Ophélie, la psychologue Adeline Bourrin-Tisseron utilise le casque de réalité virtuelle pour soigner les phobies de ses patients souffrant de troubles psychiatriques et/ou d’addictions. Cette technique s’inscrit dans le cadre d’une psychothérapie cognitivo-comportementale.

Difficile de rouler régulièrement en voiture avec son patient pour le confronter à sa phobie de la conduite automobile ou de libérer des araignées dans une pièce pour l’aider à surmonter son arachnophobie. Les thérapeutes bénéficient désormais d’un outil supplémentaire pour pouvoir confronter les personnes à leur(s) phobie(s) : le casque de réalité virtuelle. « Ce n’est pas un jeu », annonce d’emblée Adeline Bourrin-Tisseron, psychologue au Centre Ophélie de Châlons-en-Champagne.

Le casque étant relié à un ordinateur, la thérapeute choisit l’environnement qui correspond à la phobie de son patient. Aussitôt, celui-ci se retrouve immergé dans un univers en 3 dimensions. Insectes, animaux, espaces peuplés ou clos, toilettes publiques, hôpitaux, IRM… « Toutes les phobies peuvent être traitées », assure Adeline Bourrin-Tisseron qui énumère également la peur du vide, de vomir, de l’avion.

Si le patient se déplace dans cette réalité virtuelle à l’aide de manettes, les sensations, elles, sont en revanche bien réelles. Tout comme l’angoisse. C’est la raison pour laquelle la psychologue met auparavant la personne phobique en condition grâce à la thérapie cognitivo-comportementale (TCC). « Si un patient a peur des espaces clos par exemple, j’essaie tout d’abord de savoir quelle émotion il a ressentie et quelles pensées vont avec, explique-t-elle. On travaille ensuite sur les éléments déclencheurs. »

Une séance de 30 minutes

Avec son ordinateur, Adeline Bourrin-Tisseron peut doser la progression de son patient dans la réalité virtuelle puisque chaque univers fonctionne par paliers de difficulté. « Au départ, on fait des exercices simples qui ne provoquent pas d’anxiété et on les répète. Puis, on expose très, très progressivement la personne à sa phobie, développe-t-elle. Il faut que le patient ait confiance. » Tout au long de la séance, elle accompagne le malade pas à pas. « Il faut toujours se mettre à sa place, lui demander comment il se sent et lui dire ce que l’on fait », indique-t-elle. À tout moment, elle peut interrompre la mise en situation. La séance, qui dure en moyenne trente minutes, peut s’achever avec de la relaxation lorsque la personne est particulièrement tendue.

Lancée en février 2019, la réalité virtuelle est utilisée actuellement sur 4 personnes souffrant de troubles psychiatriques et/ou d’addictions. Outre les phobies, la réalité virtuelle traite également les troubles du comportement alimentaire (anorexie, boulimie) et les addictions (tabac, jeux, alcool, drogues). Treize personnels du pôle châlonnais, 2 psychologues et un médecin psychiatre ont été formés aux TCC et à la réalité virtuelle. Adeline Bourrin-Tisseron espère que d’autres soignants se formeront « pour proposer cette approche à plus de patients ».

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