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Comment l’EPSM de la Marne a géré la crise sanitaire

30/06/2020

Le département de la Marne a été frappé par le Covid-19 avec 427 décès entre le 1er mars et le 31 mai 2020. L’Établissement public de santé mentale (EPSM) de la Marne a dû faire face et se réorganiser rapidement pour assurer l’accueil et le suivi des patients. Il a même dû parfois se réinventer. Retour d’expérience.

Dans toute situation de crise, il faut savoir réfléchir et agir vite », résume Xavier Dousseau, directeur de l’Établissement public de santé mentale (EPSM) de la Marne. Tout au long de la pandémie, l’hôpital psychiatrique a dû faire preuve de réactivité. Ainsi dès le 10 mars 2020, le niveau 1 du plan blanc a été déclenché puis le 16 mars, le niveau 2. « Nous avons pris des mesures en anticipant les directives ministérielles qui sont arrivées plus tardivement et nous avons constaté qu’elles étaient en accord », précise le Dr Éric Wargny, président de CME.

Une cellule de crise hospitalière, pilotée par le directeur et le président de CME, s’est réunie tous les jours jusqu’au début du mois d’avril, deux fois par semaine jusqu’au 15 mai, puis une fois par semaine. Elle était composée du médecin généraliste référent COVID-19, de la directrice des soins, de représentants de médecins psychiatres des différents pôles, des directeurs fonctionnels impactés, du médecin du travail. « La difficulté était de continuer à assurer les soins psychiatriques dans un contexte qui les rendait difficile, déclare Xavier Dousseau. Cette discipline est fondée sur le relationnel, les activités de groupe, etc. Or, ceux-ci ont été bouleversés par des mesures de distanciation sociale notamment qui allaient à leur encontre. »

Pour limiter la propagation du virus au sein de l’établissement, seules les hospitalisations strictement nécessaires ont été maintenues dans les 16 unités d’admission avec une seule règle : un patient par chambre. « Pour respecter les mesures préconisées, il a fallu réduire la capacité d’hospitalisation car dans certaines unités, nous avions encore des chambres à 2 voire 3 lits », indique le directeur de l’EPSM de la Marne. Ainsi en avril, le taux d’occupation des unités d’admission a baissé de 7 %. Les patients, dont la situation clinique le permettait, ont été renvoyés chez eux avec, dans certains cas, la mise en place d’un accompagnement à domicile. « Cette crise a révélé le besoin impérieux de reconstruire nos structures rémoises, ce qui est prévu. Si un vaste plan de rénovation a été mené, il faut que l’hôpital poursuive sa modernisation pour ne disposer que de chambres à 1 lit équipées de sanitaires », reconnaît le Dr Éric Wargny, président de la CME.

Deux zones COVID-19 créées

En parallèle, deux zones de confinement ont été créées sur les sites d’hospitalisation de Reims et de Châlons-en-Champagne pour accueillir les patients infectés par le COVID-19. En une semaine, il a fallu cloisonner des espaces ; transformer des locaux ; aménager une salle de soins, des espaces de stockage, des vestiaires, une salle de détente ; retravailler les différents flux (patients, professionnels, logistiques). « La principale difficulté était d’œuvrer en prenant en compte des architectures différentes de bâtiment, intégrer un phasage à 3 niveaux pour une extension possible et identifiée en fonction de l’afflux de patients et des pathologies à risques sur les zones COVID-19 et leur environnement, affirme Christophe Amann, directeur adjoint chargé des services économiques, logistiques, techniques et informatiques. Heureusement, nous avions sur place le matériel et les compétences affirmées en technique et prestations logistiques. »

Les patients atteints du COVID-19 qui y étaient hospitalisés étaient suivis par les médecins généralistes de l’EPSM de la Marne référents COVID-19, les Dr Maëlle Cravero et Dr Christophe Laugier. Depuis le 1er novembre 2019, l’établissement compte en effet un pôle de médecine générale avec 5 praticiens hospitaliers. « Cette pandémie a confirmé le bien-fondé d’avoir un tel service structuré au sein d’un établissement de santé mentale, observe le directeur. Grâce à nos médecins généralistes, nous avons pu prendre en charge les patients qui développaient une forme sans gravité du COVID-19. Grâce à eux, nous avons pu vérifier que les règles de protection pour les patients et les professionnels étaient bien suivies et réajustées en permanence. » Pour la prise en charge des patients atteints du COVID-19, les médecins généralistes étaient aidés d’une équipe de soignants dédiée sur chaque site. Une équipe doublée formée préalablement aux protocoles d’hygiène par l’Équipe opérationnelle d’hygiène (EOH) de l’établissement. Au total, 16 patients hospitalisés ont été infectés par le COVID-19 et suivis par les médecins généralistes de l’établissement entre le début de la pandémie et le 31 mai. Une unité de long séjour a dû être confinée suite à l’apparition d’un cluster avec 18 patients infectés par le coronavirus dont 12 confirmés virologiquement. L’un d’entre eux, souffrant de lourdes comorbidités, est décédé.

Autre forte contrainte qui s’est imposée à l’EPSM de la Marne : le besoin d’espaces des établissements MCO pour soigner les patients infectés par le coronavirus. C’est ainsi que les locaux de l’Unité de soins complexes en addictologie de Reims (USCAR) ont été mis à la disposition du CHU de Reims, à sa demande. Cette unité d’addictologie, située au sein même de l’établissement sanitaire rémois, a dû fermer temporairement ses portes. Sur les 15 patients hospitalisés, 3 ont été transférés à l’Unité de soins complexes en addictologie de Châlons (USCAC) de l’EPSM de la Marne. Les 12 autres patients, dont la situation clinique et l’environnement familial le permettaient, ont, quant à eux, regagné leur domicile. Au centre hospitalier de Châlons-en-Champagne, ce sont les urgences psychiatriques de l’EPSM de la Marne qui ont dû quitter les lieux le 20 mars. Le service avec ses 4 lits a dû emménager en 3 jours sur le site châlonnais de l’EPSM de la Marne. « Par chance, nous avions un service tiroir qui venait de se libérer, ce qui a permis de l’aménager rapidement pour pouvoir ouvrir 2 chambres d’isolement et 2 chambres simples en intégrant tous les circuits », détaille Christophe Amann, directeur adjoint. Une infirmière psychiatrique de liaison a toutefois dû être maintenue en journée au centre hospitalier de Châlons-en-Champagne « avec des déplacements autant que de besoin » entre les deux établissements.

Forte réduction de l’extrahospitalier au début de la pandémie

Si l’intra-hospitalier a dû se réorganiser face à cette pandémie, l’extrahospitalier, lui, a été fortement réduit dans un premier temps. Durant le confinement, les 6 hôpitaux de jour et 14 Centres d’accueil thérapeutique à temps partiel (CATTP) que compte l’EPSM de la Marne ont été fermés. Seuls les Centres médico-psychologiques (CMP) sont restés ouverts. Les consultations indispensables ont été maintenues. Les entretiens par téléphone et/ou en visioconférence ont été privilégiés. Tout au long de cette pandémie, les visites à domicile ont, elles aussi, continué d’être assurées pour les situations qui le nécessitaient, de même que les visites aux appartements thérapeutiques, tout en respectant les gestes barrière. « L’extrahospitalier s’est attaché à prendre en compte les patients qui auraient nécessité une hospitalisation en temps normal. Ceci afin de n’en pas surcharger les unités d’admission », résume le Dr Éric Wargny.

Les équipes ont donc dû s’adapter et innover. C’est le cas par exemple au centre de jour Antonin Artaud qui fait partie du pôle rémois 04 de l’EPSM de la Marne. Là, un dispositif d’aide et d’écoute à l’égard des patients a été mis en place, avec en premier lieu « un ravitaillement en nourriture indispensable physiquement et psychiquement pour certains », remarque le Dr Patrick Chemla, chef de pôle et responsable médical du Centre Artaud. Les consultations de crise et les soins de base ont été conservés pour les plus fragiles. Pour continuer à se parler « sans danger », de nouveaux canaux de communication via l’application Signal ont été instaurés et un dispositif a pu être reconstruit sur un mode virtuel. « Nous avons contacté la quasi-totalité des patients les plus fragiles pris en charge, soit près de 250 et mis en place plusieurs lignes téléphoniques pour nous rendre disponibles », explicite le Dr Patrick Chemla. Des regroupements virtuels entre soignants et patients ont été créés et un journal en ligne a même vu le jour. « C’est au cours des catastrophes, des guerres, que la psychiatrie s’est réinventée », rappelle le responsable médical du Centre Artaud qui a mis ensuite sur pied une équipe mobile de volontaires se déplaçant quotidiennement au domicile des patients les plus fragiles.

Déploiement de la téléconsultation et d’équipes mobiles

Le déconfinement n’a pas pour autant marqué un retour à la normale. « On ne desserre pas d’un seul coup », assure le directeur, Xavier Dousseau. C’est pourquoi, les structures extrahospitalières reprennent progressivement leurs activités : consultations, groupes de médiation, ateliers thérapeutiques, etc. Pour cela, chaque pôle a travaillé en amont sur un plan d’organisation de travail, en collaboration étroite avec les médecins généralistes référents COVID-19 afin de protéger le mieux possible les professionnels et les patients.

Les structures extrahospitalières ne pouvant pas accueillir tous les patients de leur file active, les consultations s’effectuent désormais sur rendez-vous. Des critères de priorité ont été définis liés à la situation clinique des patients notamment. Pour continuer à soigner l’ensemble des patients de la file active, l’établissement accélère la mise en place de la téléconsultation via l’application Odys Web du groupement régional d’appui au développement de la e-santé dans le Grand Est, Pulsy. « Cet outil ne remplace pas l’entretien en présentiel mais le fait de voir le patient permet au psychiatre d’obtenir beaucoup d’informations sur son état de santé mentale. Des informations qu’il n’a pas forcément avec la voix, lors d’un échange téléphonique. Et pour le patient, c’est une façon de sécuriser l’entretien en voyant avec qui il converse. Ça le rassure », estime le Dr François Ihuel, praticien hospitalier référent Coordination Soins Insertion.

En parallèle, l’EPSM de la Marne compte déployer des Équipes de soins psychiatriques intensifs à domicile (ESPID) sur le territoire marnais. Des équipes composées de 5 professionnels de santé : psychiatre, psychologue, infirmiers, assistante sociale… « Il s’agit de prendre en charge des patients dont le maintien à domicile ne peut s’effectuer qu’avec un renforcement des interventions à domicile, développe Xavier Dousseau. L’objectif est d’éviter l’hospitalisation quand elle peut l’être et/ou l’accompagner ensuite dans de bonnes conditions. » Le projet a été déposé à l’ARS Grand Est dans le cadre de la circulaire budgétaire relative à la campagne tarifaire et budgétaire 2020 des établissements de santé.

Un grand élan de solidarité

La principale difficulté qu’a rencontrée l’EPSM de la Marne, c’était l’approvisionnement en équipements de protection individuelle (EPI) au début de la crise sanitaire. Un approvisionnement qui s’effectuait difficilement. « Au début, la psychiatrie était rarement citée. Nous nous sommes sentis un peu seuls. Peu à peu, la psychiatrie a bien été prise en compte avec des préconisations élaborées au niveau national par une cellule spécifique, confie le directeur, Xavier Dousseau. Cela dit, nous n’avons jamais été en pénurie. Mais heureusement que nous disposions d’un stock et que nos services économiques ont réussi à trouver d’autres sources d’approvisionnement. » En attendant l’approvisionnement régulier en masques de la part de l’État, un réseau de solidarité s’est mis en place sur le territoire. Des particuliers, des entreprises, des associations partenaires, des collectivités territoriales ont donné des équipements de protection. Des couturières et des agents de l’établissement se sont mis à confectionner des masques en tissu et des surblouses à partir de sacs de tri. « Cela a permis de faire face, se réjouit Xavier Dousseau. Et d’un point de vue psychologique, cela faisait du bien pour les équipes de sentir qu’il y avait un élan sympathique de soutien autour d’eux. » Un grand merci à tous !

Avec le COVID-19, la téléconsultation se déploie au sein de l’établissement

02/06/2020

Pour continuer à soigner les patients en pleine pandémie, l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne a accéléré la mise en place de la téléconsultation. Certains médecins psychiatres l’utilisent déjà.

« C’est un outil supplémentaire à disposition des médecins psychiatres ». Depuis le début de la pandémie, le Docteur François Ihuel, praticien hospitalier référent Coordination Soins Insertion au sein de l’EPSM de la Marne, a été particulièrement sollicité par les praticiens hospitaliers de l’établissement pour la mise en place de la téléconsultation, c’est-à-dire la consultation médicale réalisée à distance via un ordinateur équipée d’une webcam, une tablette ou un smartphone. « Avec le COVID-19, les médecins ne pouvaient plus assurer les consultations en présentiel, explique-t-il. Ils recherchaient une solution alternative et sécurisée. »

Après plusieurs recherches, le Dr François Ihuel, avec le Christophe Amann, directeur adjoint chargés des services support, et Jean-Luc Oudart, ingénieur informaticien, se sont orientés vers Pulsy (Proximité, Unité, Lien et SYnergie) et son application de téléconsultation : Odys Web. Après l’avoir téléchargée, le médecin psychiatre entre son identifiant et son mot de passe. Il peut également s’identifier via sa carte professionnelle de santé. Il arrive ensuite sur un planning de téléconsultation. « Chaque médecin peut créer sa propre base de données de patients », précise le Dr François Ihuel.

« Ça rassure le patient »

Trois types d’accompagnement sont proposés : « patient tout seul », « patient accompagné d’un proche », « patient accompagné d’un professionnel de santé ». Après avoir sélectionné l’un d’eux, le médecin choisit une date de consultation et une heure précise. Le patient, tout comme l’accompagnant éventuel, est aussitôt prévenu du rendez-vous par SMS ou par mail. « Le jour J, il a juste à cliquer sur le lien qui lui a été envoyé », souligne le Dr François Ihuel qui remet un Guide d’utilisation à chaque praticien. Patient et médecin psychiatre sont alors mis en relation : ils peuvent se voir via la webcam et se parler.

« Cet outil ne remplace pas l’entretien en présentiel mais le fait de voir le patient permet aux psychiatres d’obtenir beaucoup d’informations sur son état de santé mentale. Des informations qu’il n’a pas forcément avec la voix, lors d’un échange téléphonique, estime-t-il. Pour le patient, c’est une façon de sécuriser l’entretien en voyant avec qui il converse. Ça le rassure. »

« Un outil intéressant »

Pour l’instant, quelques praticiens hospitaliers de l’établissement ont choisi de recourir à la téléconsultation. C’est déjà le cas du Dr Anis Dammak, chef du pôle de psychiatrie de la personne âgée. Il a utilisé cet outil avec certains Ehpad touchés par le coronavirus. « Nous ne pouvions plus entrer dans ces établissements alors que nous avions des personnes âgées à voir », raconte-t-il. Pour chaque téléconsultation, un membre du personnel soignant de l’Ehpad accompagnait le patient. « J’ai été assez surpris par la facilité d’utilisation, déclare-il. Sur certaines situations, la téléconsultation a permis de bien les gérer, d’avoir des réponses adaptées surtout pour des patients qui nous connaissaient. En cela, c’est un outil intéressant. » Le Dr Anis Dammak reconnaît en revanche les limites de l’outil « lorsque l’on ne connaît pas le patient, pour une première approche ou lorsque la qualité technique est mauvaise. » « La téléconsultation ne doit pas avoir pour but de remplacer les entretiens. C’est un dispositif supplémentaire dont l’utilisation, en dehors de contexte de crise, doit être précédée d’une réflexion et d’un projet adapté à notre population de patients », résume-t-il.

Les moyens techniques sont actuellement mis en place par le service informatique afin de pouvoir déployer la téléconsultation au sein de l’établissement. Selon le Dr François Ihuel, cet outil pourrait continuer à se développer après la pandémie, en tant que de besoin.

Pas un substitut au présentiel

Dans un communiqué du 24 avril 2020, la Conférence nationale des présidents de CME de centres hospitaliers spécialisés a indiqué que le rappel téléphonique et l’activité de soutien à distance (audio ou visio) ne pouvaient se substituer aux activités en présentiel (entretiens, consultations, psychothérapies, etc.) et qu’ils ne pouvaient avoir lieu que dans des conditions préalablement convenues avec le patient, dans un cadre réglementaire rigoureux.

Les visites des familles reprennent dès le lundi 11 mai

11/05/2020

Pour maintenir le lien social entre les patients et leurs proches, les visites sont à nouveau autorisées à partir du lundi 11 mai 2020 au sein des unités d’hospitalisation de long séjour de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne, ainsi qu’à la Maison d’Accueil Spécialisée (MAS) Le Pré Saint-Jacques. Les visiteurs doivent toutefois respecter un protocole strict.

Pour éviter un risque de contagion du COVID-19, les visites des proches reprennent sous conditions à la Maison d’Accueil Spécialisée (MAS) Le Pré Saint-Jacques, ainsi qu’au sein des unités d’admission et des unités chroniques.

Les visites sont toutes organisées sur rendez-vous par téléphone. Elles ont lieu dans un lieu identifié et aménagé spécifiquement. Elles sont encadrées par un soignant qui assure l’accueil, la sortie, le cheminement et le respect des gestes barrière.

Des documents à télécharger et à signer

Avant chaque visite, le(s) membre(s) de la famille ou le(s) proche(s) doi(ven)t lire attentivement et signer la « Charte des visites autorisées dans le cadre du COVID-19 »  ; puis, remplir un questionnaire de santé destiné à vérifier que le(s) visiteur(s) ne présente(ent) aucun symptôme du COVID-19. Ces deux documents sont téléchargeables ci-dessous.

Charte des visites autorisées dans le cadre du COVID-19
Questionnaire de santé à remplir et à signer

Sur place, chaque visiteur doit respecter un protocole strict  : passage par un SAS d’habillage/déshabillage où le manteau et les effets personnels sont mis dans un sac plastique, lavage des mains, port du masque, prise de température, signature de l’attestation au bas du questionnaire de santé.

Tout au long de la visite, aucun contact physique n’est autorisé. Une distance minimale d’1,5 mètre doit être respectée entre chaque personne.

À la clinique Henri-Ey de Reims, les visites sont proposées une fois par semaine dans la salle d’accueil située dans le hall de l’établissement.

Une ligne d’écoute psychologique ouverte à tous les agents de l’EPSM Marne

28/04/2020

Depuis le 1er avril 2020, les locaux de l’hôpital de jour pour enfants Lewis-Carroll à Châlons-en-Champagne accueillent la cellule d’écoute et de soutien psychologique de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne. Une quinzaine de psychologues volontaires y tient, à tour de rôle, des permanences téléphoniques.

Nous allons là où l’on a besoin de nous ». Une quinzaine de psychologues de l’EPSM de la Marne, issue des pôles de Marne Sud, a répondu à l’appel de la Direction de l’établissement pour mettre en place une cellule d’écoute et de soutien psychologique. Il n’a fallu que quelques jours pour réaménager l’hôpital de jour pour enfants Lewis-Carroll, installer deux bureaux entièrement équipés et établir un planning de permanences. « C’était rapide », se félicite Sandrine Luce, psychologue au pôle infanto-juvénile de Châlons et coordinatrice de ce nouveau dispositif.

Quelles sont les missions de cette cellule d’écoute ? Apporter une écoute psychologique téléphonique aux professionnels de l’établissement, tous métiers confondus, pour tous types de difficultés liées à la situation de confinement ; recevoir, le cas échéant, les agents en entretien individuel ; et orienter, dans les cas les plus lourds, vers une prise en charge médicale. « Nous souhaitions que les agents bénéficient d’un espace où ils peuvent parler, exprimer leurs sentiments, leur expérience professionnelle dans le cadre de cette pandémie, déclare Thomas Bertrand, directeur adjoint chargé des ressources humaines et des affaires médicales. Qu’ils puissent être soulagés d’une éventuelle pression qu’ils auraient sur leurs épaules afin qu’ils soient mieux dans leur peau et qu’ils tiennent sur la durée. »

Chaque jour, du lundi au vendredi, de 9 à 17 heures, deux psychologues viennent sur place assurer la permanence téléphonique. « Les gens appellent, nous nous tenons à leur disposition, expliquent Sandrine Luce et Natalie Barba, psychologue au pôle châlonnais. Nous répondons à leurs questions et nous essayons de les orienter. »

Confidentialité des appels

Ces deux psychologues le rappellent : les échanges sont confidentiels. « Il n’y a aucune trace de ce qui se dit, assure la coordinatrice de ce dispositif. Sur le carnet de liaison, nous ne notons que le nombre d’appels. Lorsqu’un problème d’ordre médical apparaît, nous orientons en premier lieu l’agent vers le médecin de ville. » Toutes les problématiques « en lien de près ou de loin avec la situation actuelle de confinement », sont traitées : mode de garde d’enfant, télétravail, perte d’un proche, etc.

En deux semaines de fonctionnement, ces psychologues n’ont reçu que deux appels. « Les gens sont actuellement dans l’action, ils sont portés par elle. L’effondrement, les séquelles psychologiques arrivent souvent après-coup, analysent-elles. Par ailleurs, le personnel hospitalier est peut-être moins touché par le confinement car un certain nombre d’agents continue de travailler, d’avoir un rythme et un lien social. »

L’équipe de psychologue est unanime : elle s’attend à recevoir de nombreux appels après le confinement. « Le déconfinement peut aussi soulever des angoisses », indique Sandrine Luce.

La ligne d’écoute psychologique a été fermée le 31 mai 2020 après avoir reçu une dizaine d’appels.

D’autres dispositifs ont par ailleurs été activés par l’établissement.

La Cellule d’Urgence Médico-Psychologique (CUMP) a été déclenchée le lundi 23 mars par le SAMU, en lien avec le Dr Fabien Getten, médecin psychiatre référent et chef du pôle rémois 05 de l’établissement. Installée dans les locaux de l’Institut Régional de Formation (IRF), elle s’adresse aux professionnels soignants (hors EPSM Marne) et aux familles endeuillées. Deux lignes téléphoniques sont ouvertes. En fonction des besoins, le dispositif peut évoluer et être étendu à l’ensemble des volontaires de la CUMP départementale renforcée, soit 80 professionnels. Concernant les Ehpad, les équipes de psychiatrie de la personne âgée de Châlons et de Reims sont prêtes à venir en appui. Elles ont envoyé un courrier en ce sens à chaque directeur d’établissement.

COVID-19 : les prises en charge continuent à l’EPSM de la Marne

24/03/2020

Le Plan Blanc niveau 2 a été activé le lundi 16 mars 2020 au sein de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne. Plusieurs mesures ont été prises pour limiter la propagation du COVID-19 tout en assurant la continuité du service public de santé en psychiatrie.

« L’épidémie de COVID 19 a amené les pouvoirs publics à prendre des mesures fortes pour limiter sa propagation. Notre rôle est de les mettre en œuvre le plus étroitement possible, de les ajuster à la situation de l’établissement, et de prendre en compte les caractéristiques de notre patientèle », déclare Xavier Dousseau, directeur de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne.

C’est pour gérer des situations exceptionnelles avec un impact potentiellement majeur sur l’établissement comme le COVID-19 que le niveau 2 du Plan Blanc a été déclenché le 16 mars 2020. Le niveau 1 avait été activé dès le 10 mars dernier. Une cellule de crise hospitalière, pilotée par le directeur avec l’appui du Président de CME, se réunit tous les jours. Elle est composée du médecin généraliste référent COVID 19, de la Directrice des soins, de représentants des médecins, des Directeurs fonctionnels impactés, du médecin du travail, de l’hygiéniste. Sa mission : analyser la situation, prendre des mesures adaptées, coordonner les actions, assurer le lien avec les autorités, communiquer en interne et en externe.

Les consultations indispensables maintenues en CMP

Les Centres Médico-Psychologiques (CMP) restent ouverts mais seules les consultations indispensables sont maintenues. Les entretiens par téléphone sont privilégiées.

Les visites à domicile maintenues

Les visites à domicile continuent d’être assurées pour les situations qui le nécessitent, de même que les visites aux appartements thérapeutiques, en respectant les gestes barrières. Pour la psychiatrie de la personne âgée, les visites en EHPAD sont en revanche suspendues.

Des hospitalisations strictement nécessaires

Seules les hospitalisations strictement nécessaires sont maintenues dans les unités avec une règle : un patient par chambre. Toutes les nouvelles entrées à l’Unité de Sains Complexes en Addictologie de Reims (USCAR) sont en revanche arrêtées. Les Soins de Suite et de Réadaptation en Addictologie (SSR-A) Les Catalaunes à Châlons-en-Champagne accueillera à nouveau des patients à compter du mardi 28 avril 2020. Les permissions sont également annulées.

Les hôpitaux de jour et CATTP fermés

Les hôpitaux de jour et 14 Centres d’Activité Thérapeutique à Temps Partiel (CATTP) que compte l’établissement sont fermés. Seul le centre de jour pour enfants Winnicott d’Épernay a rouvert avec une prise en charge individuelle.

Les visites des familles interdites

Restreintes, les visites aux patients hospitalisés sont désormais interdites. Les familles et proches peuvent toutefois rester en contact en joignant par téléphone l’équipe soignante des unités. Les sorties à l’extérieur pour les patients sont également interdites, sauf circonstances particulières à l’appréciation médicale.

Deux zones de confinement COVID-19

En hospitalisation, deux zones de confinement sont destinées à accueillir des patients infectés par le COVID-19 (cas confirmés). L’une est située à U3 à Châlons-en-Champagne ; l’autre, à ZR5 à Reims. Une équipe de soignants dédiée sur chacun de ses sites, préalablement formée, a été désignée. Elle est chargée de prendre soin des patients qui y sont hospitalisés. L’Unité pour Malades Difficiles (UMD) et la Maison d’Accueil Spécialisée (MAS) gardent en revanche leurs propres patients qui pourraient être touchés.

Ressources utiles :
-  le point sur l’évolution de la situation sur le site de l’ARS Grand Est
-  les gestes barrière
-  La BD éditée par la société de l’information psychiatrique : Le coronavirus expliqué par ton pédopsychiatre
-  Les ressources utiles pour notre santé mentale, proposées par le Psycom

L’édition 2020 des SISM est annulée

10/03/2020

Suite aux mesures prises pour éviter la propagation du Covid-19, l’édition 2020 des 31e Semaines d’Information sur la Santé Mentale (SISM), qui devait se dérouler du 16 au 29 mars autour du thème : "Santé mentale et discriminations", est finalement annulée. De nombreuses manifestations étaient programmées à Reims et à Vitry-le-François.

À REIMS

  • Exposition Dys in clusion de photos et d’écrits, par l’association l’Amitié, du vendredi 13 mars au lundi 11 mai 2020, du lundi au vendredi, de 8 à 20 heures, à la Bibliothèque universitaire Robert de Sorbon, la bulle, avenue François-Mauriac.
  • Conférence "La révolte de la psychiatrie" par l’EPSM Marne, avec le Dr Mathieu Bellhasen et la journaliste Rachel Knaebel, le lundi 16 mars 2020, à 18 heures, au stade Auguste Delaune, chaussée Bocquaire.
  • Théâtre participatif soignés-soignants "On n’a pas que l’amour", par le CMP-CATTP Van Gogh (EPSM Marne), le mardi 17 mars 2020, à 14 h 30, ainsi que le mardi 24 mars, à 19 h 30, à la Maison de quartier Murigny, espace Ludoval, 1 place René Clair.
  • Exposition d’œuvres culturelles par le collectif Artaud, du mardi 17 mars au jeudi 2 avril 2020, du lundi au samedi, de 9 à 18 heures, à la Maison de la vie associative, 9 rue Eugène-Wiet.
  • Atelier-débat sur le thème de l’auto-stigmatisation, par le CMP Maupassant (EPSM Marne), le mercredi 18 mars 2020, de 14 à 16 heures, à la Clinique de Champagne, salle de réunion du rez-de-chaussée, 1 rue de l’Université.
  • Exposition sur le thème du portrait et de l’autoportrait "Quoi ma gueule ?", par le CATTP Maupassant (EPSM Marne), du jeudi 19 mars au dimanche 29 mars 2020, du mardi au dimanche, de 10 à 12 heures et de 14 à 18 heures, dans le cloître du musée Saint-Remi, 53 rue Simon.
  • Spectacle "Se souvenir que l’on sait raconter des histoires..." par le CaféGEM, le jeudi 19 mars 2020, de 17 à 19 heures, au CaféGEM, 12 rue Passe-Demoiselles.
  • Soirée "Droits des patients", par le collectif Artaud et Humapsy, le jeudi 19 mars 2020, de 19 heures à 21 h 30, à la Maison de la vie associative, 9 rue Eugène Wiet.
  • Déambulation interactive autour des réalisations créatives des patients "Un autre regard", par l’Hôpital de jour Voltaire (EPSM Marne), le vendredi 20 mars 2020, de 14 h 30 à 16 h 30, à l’Hôpital de jour Voltaire, 13 rue Voltaire.
  • Conférence-débat "Santé mentale et discriminations" animée par Didier Martz et Jean-Pierre Hamel, philosophes, le vendredi 20 mars 2020, de 18 heures à 20 h 30, à la Médiathèque Jean-Falala, auditorium, 2 rue des Fuseliers.
  • Psytrialogue par l’UNAFAM, le samedi 21 mars 2020, de 14 à 16 heures, à la Maison de la vie associative, 9 rue Eugène-Wiet.
  • Installation "Tout va bien" de l’artiste Sandrine Rabouan, par le CaféGEM, du lundi 23 mars au lundi 20 avril 2020, du lundi au vendredi, de 8 à 20 heures, à la Bibliothèque universitaire Robert de Sorbon, avenue François-Mauriac.
  • Soirée lecture conviviale par le CaféGEM, le mardi 24 mars 2020, de 18 h 30 à 21 heures, au CaféGEM, 12 rue Passe-Demoiselles.
  • Portes ouvertes de C3P-O (Centre de Prise en charge Précoce des Psychoses et d’Orientation) par l’EPSM Marne, le mercredi 25 mars 2020, de 10 à 15 heures, 34 rue Ponsardin.
  • "Politif", soirée-débat sur le thème de la création comme vecteur de lutte contre la discrimination, par le collectif Artaud, le mercredi 25 mars 2020, de 17 h 45 à 21 h 30, à la Maison commune du Chemin Vert, 11 place du 11-Novembre.
  • Portes ouvertes de l’association l’Amitié, le jeudi 26 mars 2020, de 14 heures à 16 h 30, au Centre de post-cure l’Amitié, 33 rue Saint-Symphorien.
  • Brocante par le club thérapeutique l’E5capade du CMP Bonnafé (EPSM Marne), le vendredi 27 mars 2020, de 11 à 16 heures, à la Maison de quartier Cernay-Europe, 39 rue du Général Carré.
  • Projections/débats : "Faut-il sauver la psychiatrie publique ?", par Humapsy, le vendredi 27 mars 2020, de 14 à 18 heures, au Temps des cerises, 30 rue de la Cerisaie.
  • Projection du film de Martine Deyres "Les heures heureuses", par le collectif Artaud, le mardi 31 mars 2020, à 20 h 30, à la Médiathèque Jean-Falala, 2 rue des Fuseliers.

À VITRY-LE-FRANçOIS

  • Pièce de théâtre "Coup de grâce" le lundi 2 mars 2020, à 19 heures, à la salle Simone-Signoret. Un spectacle suivi d’un échange avec des professionnels de l’adolescence. Gratuit et ouvert à tous.
  • Café des parents d’ados sur le thème des discriminations par la Passerelle jeunes, le mercredi 18 mars 2020, de 14 à 16 heures, à la Passerelle jeunes, 3 Petite rue de Vaux. Gratuit (sur inscriptions au 03 26 74 08 06 ou contact@passerellejeunes.fr).

Ces 4 projets qui seront réalisés en 2020

10/02/2020

La traditionnelle cérémonie des vœux de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne s’est déroulée le 10 janvier 2020. L’occasion de dévoiler quelques-uns des projets phares qui vont rythmer cette nouvelle année.

1 Création de la filière adolescents

« Nos équipes sont confrontés à des ados qui vont mal. Et parfois, la prise en charge ambulatoire s’avère insuffisante  », constate Xavier Dousseau, directeur de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne. D’où la nécessité de créer des lits spécialisés pour traiter l’urgence et la crise, ainsi que la prise en charge à long terme.
Un projet partenarial a été signé le 29 juin 2019 avec le CHU de Reims pour installer une filière adolescents complète dans le département de la Marne. Une équipe médicale unique verra le jour, sous la responsabilité du Pr Anne-Catherine Rolland, chef du service Psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent.
L’idée est de mettre en place de petites unités : 3 lits d’urgence à Reims, sur le site du CHU à proximité du service de pédiatrie ; 2 lits d’urgence et 4 lits de crise à Châlons-en-Champagne, sur le site du centre hospitalier.
Une unité séquentielle de 12 places sera installée en 2021-2022 sur le site Pierre-Briquet de l’EPSM de la Marne. Elle proposera de l’hospitalisation et du suivi à domicile en alternance.
Budget estimé pour l’ensemble de la filière : 4,5 millions d’euros. « Nous pouvons financer sur nos fonds propres 1,3 million d’euros, nous demanderons donc à l’État une aide de 3,2 millions d’euros », indique Xavier Dousseau. Le dossier complet a été transmis en fin d’année dernière au ministère des Solidarités et de la Santé.

2 Installation d’une Unité d’hospitalisation de 72 heures

Il s’agit de créer de 5 à 8 lits de courts séjours (72 heures) au service d’accueil des urgences du centre hospitalier de Châlons-en-Champagne. Objectif : éviter les hospitalisations longues. « Mais nous ne créerons cette unité que si nous arrivons à recruter des médecins », prévient le directeur de l’établissement.

3 Ouverture de lits en psychiatrie de la personne âgée

Pour l’instant, la psychiatrie de la personne âgée ne dispose d’aucun lit. Cela devrait changer en 2020. Une dizaine de lits devrait ouvrir à Reims et 15-20, à Châlons-en-Champagne. Les équipes mobiles pourront ainsi s’appuyer sur une offre de lits pour effectuer des évaluations, des soins, etc.

4 Lancement d’un centre de recours pour le psychotraumatisme

Un Centre Territorial Champagne-Ardenne pour la prise en charge du psychotraumatisme sera installé au sein de l’EPSM de la Marne, en partenariat avec le CHU de Reims.
Ses missions : créer une consultation de recours pour le psychotraumatisme permettant d’accueillir, d’évaluer et d’organiser dans des délais rapides et de façon accessible la prise en charge globale des patients qui leur sont adressés sur rendez-vous par des professionnels spécialistes, de façon différenciée pour les enfants, les adolescents et les adultes. L’une sera rattachée au Pr Anne-Catherine Rolland ; l’autre, au Pr Arthur Kaladjian, chef du pôle universitaire de psychiatrie.
Ce Centre Territorial Champagne-Ardenne entre dans le cadre du dispositif de prise en charge globale du psychotraumatisme du Grand Est piloté par les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg.

Comment prévenir le risque suicidaire chez un patient ?

20/01/2020

Une nouvelle formation a commencé au sein de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne : la prévention du risque suicidaire. Destinée aux infirmiers, psychologues, assistants sociaux et médecins, elle doit leur permettre de reconnaître les signes de détresse chez les patients, d’évaluer le risque de passage à l’acte et d’adapter leur intervention.

Retarder le plus possible le passage à l’acte suicidaire pour laisser la place au soin : tel est l’objectif principal de la formation sur la prévention du risque suicidaire qui a démarré les 18 et 19 novembre 2019 au sein de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne.

Quinze infirmiers s’étaient inscrits à cette première session qui dure trois jours. « La première partie s’avère théorique. On aborde la notion de suicide, l’épidémiologie, les idées reçues, la particularité du suicide en milieu psychiatrique », explique le Dr Vincent Scherr, pédopsychiatre au pôle infanto-juvénile d’Épernay-Sézanne de l’EPSM de la Marne et formateur régional avec Carine Léon, psychologue au pôle rémois 05. Le modèle théorique psychosocial de la crise suicidaire y est développé. Tout comme les interventions de crise avec des outils d’évaluation. « Il n’y a pas uniquement des paroles explicites mais aussi de petits signes allusifs, de petits gestes qui peuvent survenir avant le passage à l’acte suicidaire », rappelle le Dr Vincent Scherr.

Pour travailler les techniques d’entretien avec des patients suicidaires, les deux formateurs n’hésitent pas à mettre en situation les participants dans des jeux de rôle. « Le but est qu’ils développent, qu’ils optimisent leur capacité à repérer une personne en phase de crise suicidaire et à apporter une aide appropriée, adaptée pour éviter le passage à l’acte », précisent le Dr Vincent Scherr et Carine Léon.

« Un risque fort en psychiatrie »

« Le risque suicidaire est un risque fort en psychiatrie qui est identifié comme tel par l’établissement et posé au Compte Qualité thématique Parcours du patient, indique Marie-José Mouchot, directrice adjointe - coordonnateur des risques associés aux soins. C’est la raison pour laquelle nous avons mis en place un panel d’actions. » La formation systématique des professionnels à la prise en charge de patients présentant un risque suicidaire, recommandée par la Haute Autorité de Santé (HAS) lors de la visite de certification en avril dernier, en fait désormais partie.

Une formation que les 15 infirmiers ont trouvée « très enrichissante » et particulièrement « accessible ». La plupart d’entre eux se sentent désormais « plus à l’aise ». « On est mieux armé, on a des outils supplémentaires pour faire face à un patient en crise suicidaire, confie Mathilde, infirmière dans un centre médico-psychologique (CMP). On peut tous être confronté à ce type de situation quelle que soit la structure dans laquelle on travaille. »

La première session s’achève le 28 janvier 2020. Une deuxième session est d’ores et déjà programmée les 3 et 4 février 2020, ainsi que le 18 mars, sur le site rémois de l’établissement. Elle sera animée par le Dr Éric Tran, médecin psychiatre à G10, et Nezlie Lefevre, psychologue clinicienne au CHU de Reims, tous deux formateurs régionaux. À terme, l’ensemble des soignants devrait être formé à la prévention du risque suicidaire. Comme l’annonce Marie-José Mouchot : « cette formation a vocation à être pérenne ».

Des actions inscrites dans le projet d’établissement

Lors de la commission médicale d’établissement (CME) du 22 novembre 2018, le Dr Vincent Scherr, pédopsychiatre, avait déjà présenté des préconisations concernant la prévention des passages à l’acte suicidaire en service intra-hospitalier. Parmi les pistes envisagées, la formation des personnels soignants dans les trois ans, la mise en place de référents en prévention du suicide dans chaque unité, le développement de réunions cliniques en équipe autour de la crise suicidaire. Parallèlement, une fiche actions dédiée à la prévention du risque suicidaire a été insérée dans le projet d’établissement 2018-2022.

Le premier Contrat Local de Santé de Châlons signé

07/01/2020

Le premier Contrat Local de Santé de Châlons-en-Champagne a été signé le 20 décembre 2019 entre l’État, l’ARS Grand Est, l’Éducation nationale, la Région, le Département de la Marne, la Communauté d’Agglomération de Châlons-en-Champagne, la Ville de Châlons-en-Champagne, le Centre communal d’action sociale de Châlons-en-Champagne, la CPAM, la CAF de la Marne et la CARSAT Nord-Est.

C’est à l’hôtel de ville que l’État, l’ARS Grand Est, l’Éducation nationale, la Région, le Département de la Marne, la Communauté d’Agglomération de Châlons-en-Champagne, la Ville de Châlons-en-Champagne, le Centre communal d’action sociale de Châlons-en-Champagne, la CPAM, la CAF de la Marne et la CARSAT Nord-Est, ont signé le premier Contrat Local de Santé de Châlons-en-Champagne.

C’est un outil partenarial de lutte contre les inégalités sociales, territoriales et environnementales de santé. Son objectif : améliorer l’état de santé de la population du territoire concerné.

L’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne s’est notamment engagé dans une action : l’amélioration des conditions d’accueil de la Passerelle jeunes à Châlons-en-Champagne.

Vers une prise en charge spécifique des psychoses débutantes à Reims

23/12/2019

Un Centre de Prise en charge Précoce des Psychoses et d’Orientation (C3P-O) vient d’être créé au sein du pôle universitaire de psychiatrie, à Reims. Son objectif : repérer et traiter très tôt les jeunes adultes ayant une psychose débutante pour atténuer, voire éviter, la maladie comme la schizophrénie.

C’est pour éviter que le parcours de vie de jeunes adultes ne se rompent brutalement après un premier épisode psychotique que le Centre de Prise en charge Précoce des Psychoses et d’Orientation (C3P-O) a été créé officiellement le 4 novembre 2019 à Reims, au sein du pôle universitaire de psychiatrie dirigé par le Pr Kaladjian. « C’est une structure intersectorielle ayant vocation à compléter l’offre de soins existante », résume le Dr Céline Bera-Potelle, médecin responsable de C3P-O. S’adressant spécifiquement aux 18-25 ans, cette unité de soins psychiatriques vise à limiter le « désengagement » des soins par les patients après un premier épisode psychotique en proposant une prise en charge intensive et adaptée aux jeunes.

Le Dr Céline Bera-Potelle et son équipe sont parties d’un constat : le premier épisode psychotique apparaît généralement entre 15 et 30 ans mais la prise en charge clinique n’intervient en moyenne qu’au bout de deux ans. « En proposant des soins rapides, individuels et intensifs, on peut limiter les rechutes, les risques de dépression et le déclin cognitif », précise l’équipe. En clair, éviter la chronicisation de la maladie et aider à la réinsertion socio-professionnelle du jeune patient.

« Penser le soin autrement »

Pour cela, le délai de rendez-vous a été raccourci. « Nous nous engageons à recevoir le patient dans les 72 heures après sa demande », assure le Dr Céline Bera-Potelle. Dès l’arrivée du jeune adulte, un bilan initial pluridisciplinaire (clinique, neuropsychologique, socio-éducatif) est effectué. Puis, si l’admission au C3P-O est confirmée, un projet de soins individualisé est établi. « Nous allons offrir aux patients des soins spécifiques comme l’éducation thérapeutique, la remédiation cognitive ou l’aide au développement d’habiletés sociales », souligne le médecin psychiatre.

Tout au long de la prise en charge, le jeune adulte sera suivi par un infirmier référent avec lequel il pourra communiquer à tout moment via notamment le téléphone portable « afin de maintenir le lien ». Chaque patient sera également accompagné dans son milieu de vie. « L’idée est de favoriser la coordination avec d’autres structures comme la psychiatrie, la médecine générale, le médico-social, l’Éducation, le milieu professionnel…, indique le Dr Céline Bera-Potelle. En fait, il s’agit de penser le soin autrement. » Les patients seront suivis jusqu’à 5 ans après le premier épisode psychotique.

Une équipe a été constituée. Elle est composée d’1 médecin psychiatre (Dr Mariateresa CAIAZZO), d’une psychologue/neuropsychologue, de 3 infirmiers, d’une éducatrice à mi-temps, d’un cadre de santé, d’une assistante sociale et d’une secrétaire. C3P-O devrait emménager au premier trimestre 2020 dans des locaux dédiés, rue Ponsardin.

À terme, cette nouvelle unité de soins devrait évoluer vers le dépistage des « ultra hauts risques », c’est-à-dire des personnes qui ont des symptômes a minima de psychose et qui ont des antécédents familiaux. « Elles ont de petits signes et une vulnérabilité génétique, explique le Dr Céline Bera-Potelle. Le but est de les dépister précocement pour éviter qu’elles ne basculent dans la maladie. »

La famille aussi prise en charge

C’est l’une des particularités du Centre de Prise en charge Précoce des Psychoses et d’orientation (C3P-O) : la famille est incluse très tôt dans la prise en charge du jeune patient. Un programme d’éducation thérapeutique sera proposé aux aidants dès l’hospitalisation du patient. « Les proches pourront poser toutes leurs questions sur la maladie, parler de leur vécu, etc., annonce le Dr Céline Bera-Potelle, médecin psychiatre. C’est une aide que nous allons leur proposer, via un programme court nommé BREF. L’objectif est de limiter le traumatisme des familles et en faire des partenaires. »

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