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L’unité rémoise d’hospitalisation en addictologie regagne l’Hôpital Robert-Debré

26/09/2022

À la demande du CHU de Reims, l’Unité de Soins Complexes en Addictologie de Reims (USCAR) a quitté l’Hôpital Sébastopol. Depuis le 5 septembre 2022, elle accueille à nouveau ses 15 patients à l’Hôpital Robert-Debré, au niveau 3. L’équipe médicale et soignante se retrouve à proximité du plateau technique du CHU.

Après une parenthèse de dix-huit mois à l’hôpital Sébastopol, l’Unité de Soins Complexes en Addictologie de Reims (USCAR) réintègre ses locaux initiaux situés à l’Hôpital Robert-Debré, au niveau 3. Des locaux qu’elle avait dû quitter précipitamment en mars 2020 pour que le CHU de Reims puisse créer, en pleine pandémie, une unité complémentaire de médecine. L’équipe et les patients de cette unité avaient pu les retrouver provisoirement du 27 juillet à la fin du mois d’octobre 2020, avant de prendre la direction de l’Hôpital Sébastopol, le CHU de Reims ayant besoin d’ouvrir à nouveau une unité COVID-19. En deux ans et demi, USCAR a dû gérer 3 déménagements. « À chaque fois, nous sommes obligés de baisser l’activité, puis de l’arrêter une semaine pour effectuer le déménagement, explique le Dr Anne-Françoise Bertin, chef du pôle d’addictologie de la Marne. La dynamique de redémarrage s’avère toujours compliquée et met en difficulté l’équipe pour une prise en charge de qualité. C’est aussi un frein pour les différents projets thérapeutiques de l’unité comme le développement de l’offre d’activité physique adaptée… »

Depuis sa réouverture, USCAR a accueilli 9, puis 14 patients souffrant d’addictions. « La montée en charge s’effectue de manière progressive », précise le Dr Anne-Françoise Bertin. La capacité d’accueil reste inchangée : 15 personnes, réparties dans 5 chambres individuelles et 5 chambres doubles. Le service U32 étant un service ancien (chambres doubles, sanitaires communs, douche collectives…), il ne propose pas les conditions optimales d’hôtellerie connues à l’hôpital Sébastopol et appréciées des patients.

« Casser cette image de service hospitalier »

L’équipe a dû réfléchir à une nouvelle organisation. C’est ainsi que le bureau infirmier a été agrandi et qu’une salle à manger s’est transformée en salle de réunion. Un effort particulier a été porté sur la décoration intérieure afin de créer une atmosphère chaleureuse, « de casser cette image de service hospitalier », précisent Sylvain Portier, psychologue, Élodie Braconnier, infirmière.

En regagnant l’hôpital Robert-Debré, l’unité a retrouvé la proximité avec le plateau technique du CHU de Reims et notamment certaines spécialités comme la gastroentérologie et la cardiologie. « Les patients hospitalisés ont bien souvent des problèmes somatiques liés à leurs addictions, rappelle le chef du pôle d’addictologie de la Marne. C’est plus facile en termes d’organisation. À l’hôpital Sébastopol, il fallait systématiquement faire appel aux transports. C’était compliqué. »

En attendant de pouvoir accéder à une salle d’activités du CHU de Reims pour leurs patients, les soignants proposent davantage de séances de relaxation en petits groupes. « L’activité physique fait partie intégrante du programme thérapeutique que nous proposons sur trois semaines, réitère le médecin addictologue qui a sollicité la Direction du CHU de Reims. Chaque semaine, deux temps sont prévus. »

Pour l’heure, le Dr Anne-Françoise Bertin et son équipe entendent bien consolider l’offre de soins proposée à USCAR en termes d’ateliers thérapeutiques.

Hôpital Robert-Debré : déconstruction en 2029
L’hôpital Robert-Debré devant être démoli en 2029, l’Unité de Soins Complexes en Addictologie de Reims (USCAR) devra être relocalisée. Dans le cadre de la phase 2 du Ségur de la santé, l’EPSM de la Marne a déposé son projet de reconstruction du site d’hospitalisation rémois. Estimé à 85 millions d’euros, celui-ci prévoit notamment de regrouper les activités sur un seul site s’étendant sur près de 20 000 m2. L’addictologie en fait partie. Elle pourra également y ouvrir un hôpital de jour de 5 places évolutives à 10, et développer le niveau 3, c’est-à-dire la recherche.

Une commission des usagers pour renouer le dialogue

30/08/2022

Mise en place en 2016, la Commission Des Usagers (CDU) veille au respect des droits et de la dignité des usagers. Elle participe notamment à l’élaboration des réponses aux patients ou aux familles qui formulent des plaintes, parfois jusqu’à la médiation. Un véritable lieu d’expression.

« C’est un lieu de dialogue entre les patients et les professionnels ». Voilà comment Marie-Jeanne Salvatori définit la Commission Des Usagers (CDU) dont elle est la présidente depuis sa création au sein de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne. Mise en place avec la loi du 26 janvier 2016 de modernisation du système de santé, la CDU remplace la Commission de relation avec les usagers et de la qualité de la prise en charge. Sa mission : veiller au respect des droits des usagers et faciliter leurs démarches.

Pour cela, la CDU a accès à l’ensemble des plaintes et réclamations adressées par les usagers et/ou leur famille, ainsi qu’aux réponses apportées par l’établissement, aux événements indésirables graves, aux demandes de dossier patient. En 2021, 46 réclamations ont été adressées au directeur ; 36 en 2020. Délai moyen de réponse : 11 jours en 2021 contre 14 en 2020. Concernant les dossiers patients, 70 demandes ont été effectuées en 2021 ; 80 en 2020. « Nous n’intervenons que si un litige n’a pas pu être réglé au sein d’un service ou si les patients et/ou leur famille n’ont pas obtenu de réponse satisfaisante », précise toutefois Marie-Jeanne Salvatori, représentante des usagers, membre de l’UNAFAM et psychiatre de formation. Certaines plaintes concernent la vie quotidienne des usagers, « du jus d’orange qu’ils aimeraient boire le matin aux repas qu’ils ne trouvent pas bon en passant par des problèmes de vestiaires ».

« Les usagers veulent être entendus »

Les dossiers traités en commission sont ceux qui touchent spécifiquement à la qualité des soins et aux droits des patients. Dès que la CDU est saisie, elle doit répondre dans les délais les plus brefs. « Nous rappelons la demande et reprécisons les faits, explique la présidente de la CDU. Nous organisons une rencontre avec le(s) plaignant(s) afin qu’il(s) puisse(nt) verbaliser, expliquer ce qu’il(s) attend(ent) vraiment de cette plainte ou réclamation. Bien souvent, les personnes veulent tout simplement être entendues et que l’établissement tienne compte de leurs attentes. » Marie-Jeanne Salvatori se souvient très bien d’une patiente qui avait été hospitalisée au sein de l’établissement et qui voulait que son dossier patient soit supprimé. Cette femme avait épuisé tous les recours. « Nous l’avons longuement écoutée. Nous nous sommes rendus compte que cette personne attendait en fait une meilleure liaison entre l’hôpital et la médecine de ville », raconte-t-elle.

Lorsque le dialogue s’avère difficile voire impossible entre l’usager/sa famille et les services concernés, la CDU propose une médiation – médicale ou non - afin d’essayer de rétablir un lien. En 2021 comme en 2020, une médiation médicale a été réalisée. « Notre rôle est de faire en sorte que le dialogue se renoue entre l’usager et/ou sa famille et les soignants », rappelle Marie-Jeanne Salvatori.

Quelle est la plus grande satisfaction qu’ont vécue ces représentants des usagers ? Pour la présidente de la CDU, la participation à l’élaboration d’un protocole concernant les vestiaires des patients est venue en réponse à de nombreuses plaintes concernant les vestiaires. « On a alors le sentiment que nous avons bien fait le lien entre le patient et l’établissement. C’est une satisfaction ! ». Un avis partagé par Michel Collard, son vice-président, membre de l’UNAFAM, qui a particulièrement travaillé sur les modalités de port du pyjama. « On ressent une certaine satisfaction lorsque l’on a fait évoluer les choses à notre modeste niveau ».

Par ses avis et propositions, la CDU participe à l’amélioration de l’accueil et de la prise en charge des patients. Elle siège au conseil de surveillance, au Directoire et est fortement impliquée dans la démarche de certification « particulièrement longue ». Comme le résume la présidente : « C’est prenant ! ».

Pour contacter la CDU : representantsdesusagers@epsm-marne.fr Tél. 03 52 20 39 24.

Comment fonctionne cette commission ?
Ses membres de droit sont des représentants des usagers (4), médiateurs médecins (2), paramédicaux (2), des représentants de la Direction des soins, de la Direction de la qualité, gestion des risques, audits et organisation. En 2021, ils se sont réunis cinq fois ; quatre en 2020. Les représentants des usagers tiennent par ailleurs une permanence une fois par mois en présentiel sur le site Pierre-Briquet et par téléphone à la clinique Henri-Ey. « Les patients ne viennent pas spontanément, constate la présidente de la CDU, Marie-Jeanne Salvatori. Cela demande un accompagnement. »

Les acteurs de la santé mentale de la Marne s’engagent à travers un contrat territorial

28/07/2022

Le premier contrat territorial de santé mentale de la Marne a été signé le 5 juillet 2022 par l’ARS Grand Est et la communauté psychiatrique de territoire. Le but : améliorer la prise en charge des personnes présentant des troubles psychiques et favoriser leur réinsertion psycho-sociale. Une cinquantaine d’actions a été définie.

« On a tous attrapé le virus de la psychiatrie ! ». C’est par ces mots que Jean-Luc Bourdon, directeur général de l’Élan argonnais, a signé le premier Contrat Territorial de Santé Mentale (CTSM) de la Marne, au sein de son restaurant inter-entreprises La Camuterie, à Sainte-Ménehould. Il représentait la communauté psychiatrique de territoire qui rassemble 55 acteurs publics et privés intervenant dans le champ de la santé mentale dans la Marne.

Le CTSM entérine les objectifs, les actions à mener et les modalités d’évaluation du Projet territorial de santé mentale de la Marne validé le 30 octobre 2020. Il est conclu jusqu’en 2025. « Ce contrat a plusieurs objectifs, a souligné Thierry Alibert, délégué territorial à l’Agence régionale de santé (ARS) Grand Est. Déstigmatiser dans un premier temps la santé mentale. D’autant plus que l’on constate l’accroissement de certaines pathologies depuis la crise sanitaire. Créer également un lien avec l’ensemble du secteur médico-social et social afin d’éviter le compartimentage et avoir une vision complète de la prise en charge des patients. »

Huit axes de travail ont été retenus au sein du Projet territorial en santé mentale : le développement de l’intégration sociale par le logement et l’emploi ; la favorisation d’un parcours de soins sans rupture pour les personnes souffrant de maladies psychiques ; le développement de centres de ressources et d’expertises dans la prise en charge des pathologies psychiatriques ; la diffusion de la connaissance sur la santé mentale et la formation aux pratiques de soins psychiatriques ; l’appréhension des facteurs territoriaux influant sur la santé mentale ; le développement d’un réseau de structures et d’acteurs de proximité pour la promotion de la santé mentale ; la facilitation de la circulation de l’information entre les différents acteurs de la prise en charge des personnes souffrant de handicap psychique ; le développement de la communication.

Des projets déployés dans la Marne

Au total, une cinquantaine d’actions concrètes a été définie dans la Marne, dans le cadre de ce contrat territorial de santé mentale. Parmi elles, le déploiement sur l’ensemble du département de la Marne de la formation « Premiers Secours en Santé Mentale (PSSM) » à destination du grand public. « Celle-ci a pour but d’apprendre à apporter une aide à toute personne subissant un trouble psychique », explique Sylvine Polin, directrice du centre post-cure l’Amitié qui porte cette formation. À Reims, l’UDAF de la Marne, en collaboration avec le Foyer rémois, devrait ouvrir en 2023 une résidence accueil de 25 logements pour les personnes présentant un trouble psychique stabilisé. À Épernay, l’association Vivre et devenir développe l’habitat inclusif. Depuis février 2022, 4 personnes en situation de handicap psychique vivent en colocation. Ils sont aidés par une maîtresse de maison dans les tâches du quotidien.

Concernant les actions portées par l’EPSM de la Marne, une permanence de la Maison des adolescents – Passerelle jeunes a pu être mise en place au premier semestre 2022 sur le territoire vitryat, à Pargny-sur-Saulx et à Sermaize-les-Bains, dans les locaux de France Services. Et à Châlons-en-Champagne, une Équipe de Soins Psychiatriques Intensifs à Domicile (ESPID) devrait être déployée à la fin de l’année. Sa mission : faciliter l’accès et la continuité des soins psychiatriques à domicile pour des patients.

Toutes ces actions sont financées par une enveloppe non reconductible de 650 000 euros allouée par l’État.

L’EPSM de la Marne, l’un des membres fondateurs
La Communauté Psychiatrique de Territoire (CPT) de la Marne rassemble 55 acteurs publics et privés intervenant dans le champ de la santé mentale. L’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne fait partie des membres fondateurs. Tout comme le CHU de Reims et l’association l’Amitié. La CPT est également composée de membres associés œuvrant dans les champs du sanitaire, du social et du médico-social, c’est-à-dire l’Élan argonnais, ELISA 51, le Club de prévention d’Épernay… Elle inclut par ailleurs les représentants des usagers tels que l’UNAFAM ; les représentants des politiques de la ville et des collectivités territoriales ; des conseils locaux de santé, des conseils locaux de santé mentale. Sont ainsi notamment présents : les Villes de Reims, Châlons-en-Champagne, Épernay et Vitry-le-François, le Département de la Marne.

Frédéric – Alexandre Cazorla-Seignol prend la direction de l’établissement

18/07/2022

Depuis le 7 juillet 2022, Frédéric – Alexandre Cazorla-Seignol, 37 ans, ancien secrétaire général au CHU de Reims, est le nouveau directeur de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne. Sa priorité : développer l’attractivité de l’établissement auprès des professionnels, toutes catégories confondues.

Sa candidature a fait l’unanimité auprès de l’ARS Grand Est, du président de la commission médicale d’établissement, Dr Éric Tran et du président du conseil de surveillance, Jean-Louis Devaux. À 37 ans, Frédéric – Alexandre Cazorla-Seignol, ancien secrétaire général au CHU de Reims, prend la direction de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne. Il succède à Xavier Dousseau, directeur pendant douze ans. « Je suis honoré de rejoindre cet établissement spécialisé qui fait partie d’un réseau de partenaires permettant ainsi d’accompagner chaque individu en fonction de ses besoins », déclare le nouveau directeur, qui s’est déjà retrouvé confronté à la prise en charge psychiatrique d’un jeune adulte de son entourage.

Diplômé de l’École des Hautes Etudes en Santé Publique (EHESP), Frédéric – Alexandre Cazorla-Seignol, a développé une expérience forte de 12 ans dans la direction d’hôpital. Il a démarré sa carrière dans le domaine du financement des établissements de santé. Durant six ans, il a été tour à tour Directeur des affaires financières et de l’analyse de gestion au Centre hospitalier de Belfort-Montbéliard ; puis Directeur du pôle finances – pilotage-médico-économique – systèmes d’information, Directeur des finances au CHU de Reims. « J’ai notamment monté 4 dossiers de financement de reconstruction hospitalière, dont le Nouvel Hôpital de Reims », précise-t-il. Une expérience que le nouveau directeur pourra mettre à profit pour le projet de reconstruction des unités d’hospitalisation à Reims.

« La bienveillance managériale »

Son expérience s’est poursuivie dans le domaine du management stratégique et général. De 2016 à 2021, Frédéric – Alexandre Cazorla-Seignol est devenu directeur délégué des établissements de santé d’Épernay, Montmirail, Aÿ et Avize ; puis de 2018 au 6 juillet 2022, secrétaire général au CHU de Reims. Il a notamment élaboré un projet d’établissement dans chacun de ces deux établissements, géré le centre hospitalier d’Épernay et ses établissements pendant la crise sanitaire. « Transformer un tiers de l’hôpital et de l’Ehpad en unité COVID-19 a été l’occasion de tisser des liens forts avec différents partenaires tels que la clinique privée, la sous-préfecture, la Ville, le conseil départemental, le député… », explique-t-il. Un travail partenarial qu’il a continué au CHU de Reims.

Désormais à la tête de l’EPSM de la Marne, quelle est la feuille de route de Frédéric – Alexandre Cazorla-Seignol ? « L’élaboration du projet d’établissement 2024-2028, lance-t-il d’emblée. Nous aurons 2023 pour l’écrire parce qu’il faut préparer la certification HAS programmée en avril. » Sa priorité : développer l’attractivité de l’établissement auprès des professionnels. « L’EPSM de la Marne a une situation financière saine, voire confortable. Il a une très belle dynamique d’activités et des unités qui correspondent aux attentes des patients et des professionnels, rappelle-t-il. Nous allons investir collectivement dans l’attractivité, le recrutement, la fidélisation. »

Ses principes d’action : la « bienveillance managériale, l’écoute participative et le dialogue social », « la culture projet », une « communication innovante, incluante et positive », ainsi que le « maintien de la situation financière saine de l’établissement ».

L’intérim de Lucie Delecray salué
Lucie Delecray, directrice adjointe au CHU de Reims, a assuré la direction par intérim de l’établissement pendant un peu plus de trois mois. Un intérim mené avec conviction que salue Frédéric – Alexandre Cazorla-Seignol, le nouveau directeur. « Je remercie vivement Lucie Delecray qui a assuré avec une implication et une perspicacité remarquables, la transition entre le départ de M. Xavier Dousseau et mon arrivée », déclare-t-il.

La CUMP 51 vient en aide aux réfugiés ukrainiens

02/06/2022

Activée depuis le 10 mars 2022, la Cellule d’Urgence Médico-Psychologique (CUMP) de la Marne continue d’assurer un soutien psychologique aux réfugiés Ukrainiens. Elle a suivi pour l’instant quelque 200 personnes.

« Nous avons rencontré à chaque fois des personnes épuisées mais dignes, très discrètes et reconnaissantes d’être accueillies ici », confient Karine Mintoff, psychologue, et Mélanie Hermand, infirmière, membres permanents de la Cellule d’Urgence Médico-Psychologique (CUMP) départementale renforcée. Suite à la guerre avec la Russie, les réfugiés ukrainiens affluent sur le sol marnais.

Portée par l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne, la CUMP 51 a été mobilisée dès l’arrivée du premier bus venant d’Ukraine le 14 mars 2022, au Centre social et culturel Émile Schmit de Châlons-en-Champagne. À son bord, 52 personnes, essentiellement des femmes, enfants-adolescents et des personnes âgées. L’accueil était coordonné par la Préfecture de la Marne.

« La CUMP 51 était chargée de mener une première évaluation globale des réfugiés, d’observer et de repérer les personnes qui présentaient des risques de traumatismes psychiques, et d’effectuer des consultations en urgence si besoin », expliquent Karine Mintoff et Mélanie Hermand, repérables avec leur chasuble. Pendant que ces personnes ayant fui leur pays d’origine se restauraient ou se reposaient un peu, elles surveillaient particulièrement les états d’agitation ou de sidération. « Nous avons également mené un travail de sensibilisation auprès des déplacés, accompagnants et organisateurs sur les signes pouvant indiquer un traumatisme », poursuivent-elles. Pour cela, des brochures ont été systématiquement remises en français et en ukrainien.

L’une des difficultés : la barrière de la langue

Après avoir effectué le dépistage du COVID-19 et constitué leur dossier administratif pour demander une protection temporaire et bénéficier des droits afférents, ces réfugiés étaient emmenés à l’hôtel avant d’être logés dans une famille d’accueil ou un hébergement plus durable. À chaque arrivée d’un nouveau bus de réfugiés à Châlons, Sillery ou Tinqueux, le même dispositif était mis en place avec la présence des membres permanents de la CUMP 51.

Au départ, 8 volontaires avaient été dépêchés sur place : 4 pour la psychiatrie adulte, 4 pour la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. Une mobilisation qui a dû être revue à la baisse par la suite. Première raison : la barrière de la langue. « Très peu de réfugiés parlent français ou anglais. Or, il n’y avait au départ que 2 traducteurs sur place. De ce fait, il nous était difficile de communiquer avec ces Ukrainiens », confient les 2 membres permanents de la CUMP 51. Seconde explication avancée : l’image de la psychiatrie en Ukraine « proche des pratiques asilaires des années 40-50 en France ». « Cela effraie, indique Mélanie Hermand. En nous présentant comme un dispositif de soutien psychologique, nous nous sommes rendu compte que cela passait mieux. » Les cumpistes ont ainsi pu voir quelque 200 personnes.

Une réorientation vers les CMP de secteur

Plus de deux mois et demi après l’arrivée du premier bus, la CUMP 51 reste mobilisée et mobilisable. « Nous assurons le soutien psychiatrique et psychologique de ces personnes en attendant leur relogement vers un hébergement plus durable », soulignent Karine Mintoff et Mélanie Hermand. Dès que le SIAO repère des personnes nécessitant une aide ou reçoit une demande, il contacte aussitôt la CUMP 51 et coordonne sa venue directement dans les lieux d’hébergement temporaire, avec un traducteur. Les membres permanents ont ainsi mené des entretiens avec 6 réfugiés. Un nombre limité. « Beaucoup avaient transité dans des camps de réfugiés via la Pologne. Ils sont partis tout au début du conflit. Ils n’ont donc pas été témoins d’exaction », observe Karine Mintoff. La plupart de ces réfugiés sont également venus en France avec leur animal de compagnie. « Ils y sont très attachés. On voit que cela participe à leur bien-être ».

Dès que ces déplacés intègrent un hébergement plus durable, ils sont alors réorientés, en cas de besoin, vers le centre médico-psychologique (CMP) de leur secteur. « Même si le logement est provisoire, cela reste tout de même le leur, rappelle Karine Mintoff. Cela permet à un couple d’être suivi au même endroit. Et comme ils n’ont pas de moyen de transport, cela facilite également la vie aux familles d’accueil qui, bien souvent, se chargent de les amener. »

Pour l’instant, une dizaine de réfugiés adultes a été réorientée vers le CMP de secteur, 4-5 enfants vers le pôle rémois de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. « Le retour des familles qui ont été suivies s’avère positif, constatent les membres permanents de la CUMP 51. Elles sont contentes d’avoir une médication et d’être soulagées. Elles se sentent considérées. » Au 10 mai 2022, la Marne accueillait 604 déplacés ukrainiens sur les 1 000 annoncés par la Préfecture.

L’Unité d’hospitalisation temporaire psychiatrique a déménagé à Châlons-en-Champagne

23/05/2022

Ouverte au printemps 2020, l’Unité d’Hospitalisation Temporaire Psychiatrique (UHTP) a quitté le site Pierre-Briquet de l’EPSM de la Marne. Depuis le 2 mai 2022, elle est située au sein du centre hospitalier Léon-Bourgeois de Châlons-en-Champagne, à proximité des urgences. Un plus pour la prise en charge des patients et de leur famille.

Au Centre hospitalier Léon-Bourgeois, il faut entrer dans le bâtiment 4 de pneumologie, puis monter au 1er étage, pour se rendre à l’Unité d’Hospitalisation Temporaire Psychiatrique (UHTP). S’étendant sur environ 300 m2, celle-ci dispose de 5 bureaux, de 4 chambres individuelles dont une équipée d’un lit médicalisé et d’un rocking-chair, d’un vaste espace d’accueil et d’un salon équipé d’un téléviseur. Les tons sont clairs, apaisants ; le mobilier, moderne, adapté et de qualité. « Les locaux sont spacieux, propres et bien aménagés », acquiesce Lucie Delecray, directrice par intérim de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne, suite à sa visite le 13 mai 2022.

Ces nouveaux locaux, l’UHTP les a investis le 2 mai 2022. « Le déménagement s’est bien passé, confie le Dr Bénédicte Pluot, médecin psychiatre, responsable de cette unité. Il y a eu une bonne préparation en amont avec l’ensemble des services infirmiers, économiques, logistiques, techniques et informatiques. » C’est la seconde fois en deux ans que cette unité change de lieu. Ouverte au printemps 2020 en pleine crise sanitaire sur le site Pierre-Briquet de l’EPSM de la Marne, dans l’ancien pavillon Wallon, elle a ensuite dû intégrer U3 le 29 juin 2020, avant de rejoindre le centre hospitalier Léon-Bourgeois comme le prévoyait le projet initial. Le Dr Bénédicte Pluot met en avant la proximité avec les urgences somatiques et psychiatriques. « C’est pratique d’être sur site. Cela évite des déplacements aux patients et à leur famille. Et pour les praticiens, c’est un gain de temps ».

« Une prise en charge intensive »

Quelles sont les missions de cette unité intersectorielle rattachée à l’EPSM de la Marne ? Elle permet une hospitalisation courte (maximum 72 heures) pour évaluer, observer, traiter et orienter le patient adulte, ou pour attendre une place dans l’unité d’admission de secteur. Elle accueille également des consultations en urgence pour des avis psychiatriques, et assure la liaison avec l’ensemble des services de médecine de l’hôpital général, à l’exception de celui dédié aux personnes âgées. « L’UHTP, c’est une prise en charge intensive. Tous les jours, un patient voit un médecin psychiatre et il a deux consultations infirmiers. Dès son arrivée, si besoin, il peut également passer un entretien avec un psychologue », explique le Dr Bénédicte Pluot. L’UHTP accueille des patients adultes en situation de crise suicidaire, anxiété, syndrome dépressif, trouble de la personnalité, décompensation psychotique...

Pour prendre en charge ces personnes en crise, l’équipe médicale reste composée de 3 médecins psychiatres. Le Dr Bénédicte Pluot a été rejointe par le Dr Clémentine Dupont-Gaudin et le Dr Joséphine Christelle. « Nous avons trouvé un bon équilibre. Ces médecins qui viennent d’arriver apportent des idées nouvelles et leur dynamisme, estime le médecin responsable. Si cette unité fonctionne bien, c’est grâce aussi au renfort du Dr Lucile Moniak et ponctuellement des praticiens de l’établissement qui prennent des gardes. »

Dix-sept infirmiers épaulent ces 3 médecins. La même équipe depuis la création de cette unité. « Les soignants se sentent bien ici, constate Bénédicte Hurpin, cadre supérieur de santé. Ils sont capables de prendre des décisions, faire face à des situations parfois compliquées, répondre aux familles. » Le temps que l’équipe reprenne ses repères, 2 aides-soignants sont déployés en soutien pendant six mois.

Selon le Dr Bénédicte Pluot, depuis son ouverture au printemps 2020, l’UHTP a réussi à faire baisser le nombre d’hospitalisation sur les unités d’admission et à faire accéder à des soins psychiatriques certains patients qui ne le souhaitaient pas au départ. « Elle joue pleinement son rôle ».

Lucie Delecray, nouvelle directrice par intérim

26/04/2022

Depuis le 28 mars 2022, Lucie Delecray, directrice adjointe au CHU de Reims, assure les fonctions de directrice par intérim de l’EPSM de la Marne. Elle arrive en terrain connu puisqu’elle a démarré sa carrière hospitalière au sein de l’établissement, d’avril 2005 à décembre 2008. Elle est également la référente, au sein de l’équipe de direction du CHU, de la thématique « psychiatrie et santé mentale ».

« C’est une opportunité d’exercer pour quelques mois une fonction de cheffe d’établissement qui s’est offerte à moi », lance Lucie Delecray, 42 ans, directrice adjointe au CHU de Reims. Le 28 mars 2022, elle a été nommée directrice par intérim de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne, suite au départ à la retraite de Xavier Dousseau. Une fonction qu’elle exerce jusqu’à la nomination d’un directeur/rice. « Le but est de préparer au mieux l’arrivée du successeur de M. Dousseau », précise la directrice d’hôpital.

Lucie Delecray connaît l’établissement puisqu’elle y a travaillé durant trois ans. À la sortie de l’École des hautes études en santé publique (EHESP) à Rennes, elle occupe son premier poste de direction à l’EPSM de la Marne, en tant que directrice adjointe chargée des affaires générales et de la qualité-gestion des risques et. En décembre 2008, Lucie Delecray rejoint le CHU de Reims en tant que directrice de la qualité et de la recherche, puis directrice déléguée de pôles. À ce titre, elle a accompagné les projets du pôle de psychiatrie adulte puis son transfert au sein de l’EPSM de la Marne au 1er janvier 2019.

Elle est aujourd’hui directrice déléguée notamment du pôle Femme-Parents-Enfant dont fait partie le service de psychiatrie infanto-juvénile du Pr Anne-Catherine Rolland. Et elle participe à la construction du parcours de soin des adolescents en souffrance psychique dans la Marne, ainsi qu’aux travaux de la communauté psychiatrique de territoire et de la filière « santé mentale » du Groupement Hospitalier Universitaire de Champagne. « Au CHU de Reims, je suis la référente sur les sujets de santé mentale, indique-t-elle. Je connais ainsi les projets portés par l’EPSM de la Marne et ses partenaires au sein de la Communauté Psychiatrique de Territoire. » C’est donc tout naturellement que l’Agence Régionale de Santé (ARS) Grand Est s’est tournée vers cette femme dynamique pour assurer l’intérim de direction de l’établissement.

« Se donner les moyens de nos ambitions »

Quelle est sa feuille de route ? « Maintenir tout d’abord un copilotage direction - commission médicale d’établissement efficace et un dialogue social de qualité », insiste la directrice par intérim qui veut également poursuivre le travail engagé sur l’attractivité médicale et paramédicale et ce, « afin de se donner les moyens de nos ambitions ». Elle compte par ailleurs tout mettre en œuvre pour « renforcer le service des ressources humaines » à travers le recrutement d’un DRH. Sans oublier de « maintenir des relations de travail constructives entre l’EPSM de la Marne et le CHU de Reims ».

Concernant les différents projets, Lucie Delecray compte notamment aboutir à la signature du contrat territorial en santé mentale avec l’ARS Grand Est, fruit de plusieurs années de travail avec l’ensemble des partenaires de l’EPSMM au sein de la Communauté psychiatrique de territoire ; enrichir l’offre de soins publique en matière de psychiatrie de la personne âgée sur le Nord du département ; définir les conditions d’une ouverture prochaine des lits d’hospitalisation d’urgence pour adolescents, dont l’implantation est prévue au sein du Centre hospitalier de Châlons-en-Champagne, en partenariat avec le CHU de Reims, projet emblématique de la collaboration entre établissements publics de santé au sein du Groupement hospitalier de territoire.

Souvenir, souvenir...
« Je retrouve aujourd’hui un établissement fondamentalement modifié et diversifié dans son offre de soins, avec d’abord le renforcement de l’ambulatoire, mais aussi des projets innovants et de recours comme la structuration d’une offre complète et départementale en addictologie, la professionnalisation de la CUMP et la création sur cette base d’une activité de prise en charge du psychotraumatisme, l’UMD, l’ESPID, C3P-O, la création de lits et d’équipes mobiles de psychiatrie de la personne âgée, etc., et enfin une attention nouvelle et essentielle tournée vers la santé « somatique » des patients accompagnés par l’établissement à travers le pôle de médecine générale, confie Lucie Delecray, le sourire aux lèvres. Architecturalement, le site Pierre-Briquet n’a aussi plus rien à voir. Quand je suis partie, c’était le début des grands travaux. Un effort considérable a été porté au confort hôtelier pour les patients, ainsi qu’aux conditions de travail des professionnels ».

Xavier Dousseau quitte la direction de l’établissement

28/03/2022

Après plus de douze années passées à la direction de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne, Xavier Dousseau part en préretraite. Interview.

Après avoir dirigé l’établissement depuis janvier 2010, vous partez en préretraite. Quel est votre état d’esprit ?

Marqué par la gratitude pour les années passées. Je me suis attaché à cet établissement, ses personnels, ses patients. La psychiatrie est une belle discipline, justement parce qu’elle est pluri disciplinaire, conjuguant approches humaines et scientifiques. Je suis confiant devant la vitalité de l’établissement, gage pour l’avenir, avec les relèves qui vont venir et le nouveau dynamisme qu’elles insuffleront.

En 12 ans, quels sont les projets qui vous ont demandé le plus d’énergie ?

Il n’y a pas de thermomètre pour mesurer l’énergie. On la dépense au quotidien sans s’en rendre compte. D’abord, s’assurer que le service public réponde au besoin du patient, avoir une psychiatrie de service public accessible, partout, pour tous, 24 heures sur 24 », aura été le socle et l’essentiel de ma mission.

Ensuite, enrichir l’offre de soins, avec la création des pôles d’addictologie et de psychiatrie de la personne âgée, du pôle médico-légal, du pôle de médecine générale, puis les centres spécialisés (réhabilitation psychosociale, psychotraumatisme, prévention de la récidive suicidaire, etc.) Réorganiser la psychiatre générale en 2 pôles Sud et Nord Marne pour conforter les collaborations entre équipes, dans une visée à la fois fédératrice et fédérale. Avec la volonté de maintenir présentes, comme complémentaires et indissociables, les approches, protectrice et soutenante léguées par de grands psychiatres, la psychiatrie de secteur, les offres de soins spécialisées et adaptées, la psychiatrie universitaire et ses centres ressources, pour donner aux patients toutes ses chances.

Développer une filière adolescents autour du « parcours patient en hospitalisation », en partenariat avec le CHU de Reims, ce qui demandait de s’harmoniser périodiquement pour créer une équipe médicale de territoire. Mettre en place une cellule de médicalisation du contrôle de gestion (CMCG) pour aider l’établissement dans ses choix stratégiques et donner des outils d’évaluation du service rendu au patient.

Quels bons souvenirs gardez-vous ?

(Presque) tout. Les rencontres avec les patients dans les services. Certains débats, de haute tenue, en CME. Le travail avec la Direction des soins et les cadres supérieurs et cadres de santé. Des relations professionnelles fortes avec des chefs de pôle impliqués, qui m’ont beaucoup soutenu. L’équipe du secrétariat de direction, des affaires générales et de la communication et son esprit chaleureux. Les chantiers de travaux, et leurs marathons, menés avec mon collègue de la DSELTI. Les projets montés en commun dans des comités de pilotage toniques. Les relations avec les représentants du personnel, dans la défense du service public, surtout lorsque nous trouvions un terrain d’accord. La bonne volonté et l’efficacité de collaborateurs constructifs qui trouvent la solution avant de lister les empêchements...

Merci à toutes celles et ceux qui, par leurs soins, donnent un espoir aux patients. Merci à tous ceux qui fédèrent, colmatent les brèches, assurent dans des circonstances difficiles, créent une communauté de travail et de service. Merci pour leur dévouement au service des malades et de leurs collègues.

Ce qui a été le plus difficile...

Le recrutement médical depuis quelques années, particulièrement en pédopsychiatrie et dans le Sud Marne, et actuellement le recrutement d’infirmiers.

Quels chantiers reste-il reste à mener selon vous ?

C’est mon ou ma successeur(e) qui appréciera. Il y aura – parce qu’il est incontournable si nous voulons rester à la hauteur de ce qu’attend de nous la population – le gros chantier de la reconstruction des unités d’hospitalisation rémoises et de la fonction universitaire et de recherche.

Quels sont désormais vos projets ?

Accueillir ce qui va se présenter. Etre disponible.

Une directrice par intérim
Par arrêté de l’Agence Régionale de Santé (ARS) Grand Est, Lucie Delecray, directrice adjointe au CHU de Reims, assure, à compter du 28 mars 2022, la direction par intérim de l’EPSM de la Marne.

Une équipe mobile se met en place à Châlons-en-Champagne

14/03/2022

Faciliter l’accès et la continuité des soins psychiatriques à domicile pour des patients sur le secteur châlonnais : telle est la mission de l’Équipe de Soins Psychiatriques Intensifs à Domicile, dénommée ESPID. Les infirmiers y auront toute leur place. L’équipe est en cours de recrutement.

« Avec la crise sanitaire, on observe un mal-être grandissant, un isolement et un retard de prise en charge », constate le Dr Clémence Renelleau, médecin psychiatre sur le pôle Sud Marne, service d’Épernay. Pour éviter certaines hospitalisations, l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) de la Marne travaille sur la mise en place d’une Équipe de Soins Psychiatriques Intensifs à Domicile (ESPID).

Un projet initié par le Dr Bernard Rousselot, ancien chef du pôle châlonnais, que le Dr Clémence Renelleau et le Dr Anis Dammak, chef du pôle Sud Marne, ont repris et adapté. « Lors de mon internat, j’ai effectué un stage de six mois en hospitalisation à domicile, dans le service universitaire de psychiatrie au CHU de Bordeaux, raconte-t-elle. Une équipe mobile se déployait depuis plusieurs années et avait fait ses preuves. Les hospitalisations avaient diminué et certaines d’entre elles avaient même pu être évitées. Ce stage m’avait beaucoup plu. »

Avec la fermeture temporaire de l’unité d’admission U3 sur le secteur châlonnais, la création de cette ESPID au sein de l’EPSM de la Marne prend tout son sens. À qui s’adresse-t-elle ? Aux patients adultes suivis par le secteur châlonnais soit en ambulatoire, soit à la sortie d’une hospitalisation, avec leur consentement. « Avant d’entrer dans le dispositif, une évaluation est effectuée par le médecin soit au domicile de la personne, soit dans l’unité où elle est hospitalisée, explique ce psychiatre. À terme, les patients pourront être orientés vers ce dispositif par les médecins traitants. »

Des infirmiers recherchés

Chaque patient suivi par l’ESPID recevra la visite au moins une fois par jour soit du médecin psychiatre, soit de l’Infirmier en Pratique Avancée (IPA), soit d’un infirmier. « En début de semaine, ce sera plutôt celle du médecin pour évaluer l’état du patient et prescrire éventuellement un traitement médicamenteux ; en fin de semaine, plutôt celle de l’IPA pour renouveler la prescription si nécessaire et assurer la coordination avec d’autres acteurs de soins, précise le Dr Clémence Renelleau. La prise en charge étant intensive, l’idée est que cette équipe se déplace tous les jours chez les patients même le week-end et les jours fériés. »

Pour cela, cette équipe mobile sera composée d’un médecin psychiatre, d’un IPA à mi-temps, d’au moins 4 infirmiers pour commencer, d’un psychologue à mi-temps, d’une secrétaire à 20 % et d’une assistante sociale à 10 %. « La prise en charge sera globale, souligne le médecin psychiatre. Il n’y aura pas que des soins. Tout un travail sera également à mener avec le patient et la famille autour de l’éducation à la santé pour améliorer la qualité de vie de la personne suivie. » Dans ce cadre, les infirmiers prendront toute leur place. « Tous les jours, ils auront un rôle de réévaluation clinique et d’accompagnement dans les soins que ce soient somatiques ou psychiatriques, aller à des examens complémentaires, trouver un médecin traitant, mettre en place de l’aide à domicile…, indique-t-elle. Se déplacer au domicile des patients permet de se rendre compte de certaines problématiques que l’on ne voit pas forcément lorsqu’ils sont hospitalisés. » Cette prise en charge intensive sera limitée à un mois, renouvelable une fois.

L’équipe est en cours de constitution. Des infirmiers sont encore recherchés. Dès que l’ESPID sera au complet, elle pourra se déployer sur le territoire châlonnais dans un premier temps. Avant de s’étendre à d’autres services.

Des patients du SMPR ont réalisé une fresque murale

07/03/2022

Une fresque murale de 20 mètres de long et de 2,50 mètres de haut a été peinte par 7 patients hospitalisés à l’hôpital de jour du SMPR qui dépend de l’Établissement Public de Santé Mentale de la Marne, avec l’artiste châlonnaise Pauline Brachet.

À la maison d’arrêt de Châlons-en-Champagne, des formes douces aux couleurs acidulées ornent désormais l’un des murs du service médico-psychologique régional (SMPR) qui dépend de l’Établissement Public de Santé mentale (EPSM) de la Marne. Cette fresque murale de 20 mètres de long et de 2,50 mètres de haut a été peinte par 7 patients hospitalisés à l’hôpital de jour du SMPR, avec l’artiste châlonnaise Pauline Brachet. « Ce projet a été élaboré en collaboration avec le service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP), précise Viviane Lauvaux, cadre de santé. L’objectif est d’habiller le couloir, de l’égayer, de le rendre plus lumineux, et de proposer aux patients une nouvelle activité. »

Après avoir repeint le mur du couloir en blanc, les participants à cet atelier de création ont dessiné des formes arrondies qu’ils ont colorées en bleu ou en rose. Ils étaient encadrés par Tatiana Leyder, infirmière au SMPR, et Joël, surveillant pénitentiaire. « Je voulais quelque chose d’agréable à travailler pour eux. C’est pourquoi j’ai choisi le thème de la douceur, explique Pauline Brachet qui avait animé à l’automne une fresque participative sur le thème de la jungle dans le quartier des femmes détenues. Certains peignaient pour la première fois. J’ai été agréablement surprise par leur autonomie et la rapidité d’exécution. »

« De la détente, du plaisir »

Les patients étaient visiblement heureux de participer à cet atelier de création. « J’ai ressenti chez eux de la détente, voire même du plaisir », confie cet artiste peintre qui a vécu « une chouette expérience ». Tout au long de la semaine, elle a pu observer l’évolution des participants dans la pratique artistique, ainsi que le personnel encadrant. « Ils se sont rendus compte qu’ils y arrivaient. Cela les a rassurés sur leurs capacités et cela leur a donné confiance en eux », constate Tatiana Leyder. « Au début, ils avaient peur de mal faire. Puis, ils se sont rendus compte que ce n’était pas grave, que l’on pouvait revenir sur la forme et la corriger, que ce n’était pas irrémédiable, souligne le surveillant pénitentiaire affecté au SMPR. Se tromper n’empêche pas de rebondir. »

Un message précieux que soignants et surveillants essaient de transmettre continuellement auprès des détenus.

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