Trente-cinq personnes ont assisté le 18 septembre 2020 au lancement officiel de PSICOCAP (Pratiques et Statistiques Intégrées et Comparées sur le Handicap et le Handicap Psychique), en visioconférence à l’Hôtel de Région de Châlons-en-Champagne. PSICOCAP vise à créer notamment un observatoire franco-belge qui recueillera des données chiffrées sur le handicap et le handicap psychique, et qui analysera les pratiques de prise en charge.
Comment est né PSICOCAP ?
PSICOCAP est l’acronyme de Pratiques et Statistiques Intégrées et Comparées sur le Handicap et le Handicap Psychique. C’est un projet de coopération Interreg France-Wallonie-Flandre, financé par le fonds européen de développement régional et la Wallonie pour trois ans (2020-2022).
Il s’est forgé sur un constat partagé de part et d’autre de la frontière franco-belge d’un déficit de connaissance sur les données et les pratiques de prise en charge du handicap et du handicap psychique. L’ensemble des acteurs des secteurs sociaux, médico-sociaux et sanitaires, les usagers et leurs proches, souhaitent partager leur expérience sur les difficultés rencontrées, sur ce qui manque mais aussi sur ce qui fonctionne et qui mériterait d’être promu. La maladie psychique doit être prise en charge le plus précocement possible pour éviter la toxicité de la maladie et les conséquences sociales souvent marquées par l’exclusion. L’accessibilité aux soins et à l’accompagnement des handicapés psychiques doit prendre en compte la ruralité et tous les déterminants sociaux et environnementaux influant sur la santé mentale.
La reconnaissance du handicap psychique est effective en France depuis la loi de 2005 et donne le droit à compensation pour le désavantage social qu’il engendre. En Belgique, la reconnaissance du handicap se base sur la déficience constatée mais il n’y a pas de catégorie « handicap psychique » à proprement parler. Ces dernières années, de nombreux Français vivant avec un handicap physique ou mental et qui ne trouvent pas de prise en charge en France sont accueillis dans des structures belges.
À quoi va servir PSICOCAP ?
PSICOCAP vise à construire un instrument transfrontalier d’observation et d’analyse sur le handicap et en particulier sur le handicap psychique afin d’éclairer, sur la base de données probantes, les promoteurs de projets et les décideurs locaux sur les actions à mener.
Il vise à analyser les ressources et les modalités de prises en charge du handicap psychique de part et d’autre de la frontière, en créant un observatoire qui recueillerait des données chiffrées et analyserait aussi les pratiques de prise en charge. Celui-ci sera chargé ensuite de proposer un guide avec des recommandations qui seront transmises aux décideurs, aux administrations, aux acteurs de terrain chargés de cette problématique.
Sur cette base, PSICOCAP proposera des formations pour les professionnels du soin et l’accompagnement dans le but de partager les connaissances et les pratiques dans le domaine du handicap psychique. Un outil sera aussi conçu pour former le public à l’accueil des personnes souffrant de handicap psychique (personnel de vente, travailleurs sociaux, postiers, etc.). Sous la forme d’une université d’été de psychiatrie et de santé mentale, ce travail de formation et de sensibilisation aura un temps fort pour transmettre des connaissances nouvelles et favoriser les échanges entre les participants.
À travers l’observatoire et la formation, PSICOCAP a pour ambition de forger un nouveau regard sur le handicap et plus spécifiquement sur le handicap psychique dans le souci de déstigmatiser la maladie et de favoriser le plus possible l’inclusion en milieu ordinaire.
Onze partenaires et près d’un million d’euros de budget
Psicocap est un projet franco-wallon coordonné par l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (Iweps). Il compte comme partenaires principaux l’EPSM de la Marne, la province de Namur, l’université Reims-Champagne-
Ardenne (URCA), l’observatoire régional de santé (ORS) Grand-Est et le centre neuropsychiatrique Saint-Martin Dave de Namur. Sont également associés, l’institut Albatros qui gère des établissements médico-sociaux en Wallonie, le centre hospitalier Bélair à Charleville-Mézières (Ardennes), l’Agence pour une vie de qualité (Aviq, Belgique), l’association belge Similes et la région Grand-Est. Le programme est financé pour une durée de trois ans (2019-2022) sur un budget total de 946 000 euros
subventionné à 50 % par l’Europe (programme Interreg V France-Wallonie-Flandre).
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